Impôts
Paradis des multinationales
Par Cyril Jost - Mis en ligne le 22.12.2010 à 14:16
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La Suisse ne veut pas être un havre fiscal. Mais les entreprises affluent.
Boots, la chaîne britannique de pharmacies, est enregistrée à Zoug depuis mars 2010. Grâce à son déménagement en Suisse, le groupe a allégé sa facture fiscale de 100 millions de livres par an (150 millions de francs), selon la presse anglaise. Qui multiplie les articles sur les départs de sociétés comme Cadbury, Shire ou Wolseley.
«Jusqu’à peu, l’Irlande était considérée comme le principal concurrent de la Suisse, mais ce n’est plus le cas étant donné ses problèmes budgétaires», observe Mohamed Serokh, fiscaliste chez PricewaterhouseCoopers à Zurich.
En désaccord avec l’Union européenne sur le dossier de l’imposition des multinationales, la Suisse veille au grain. Des cantons comme Neuchâtel ou Genève préparent des alternatives (comme une baisse d’impôts sur le bénéfice généralisée), anticipant déjà une remise en cause des statuts spéciaux dont bénéficient ces entreprises.
Mais le vrai danger pourrait venir d’ailleurs. «Les Etats-Unis ont annoncé leur intention d’empêcher le transfert de bénéfices dans les juridictions à basse fiscalité, rappelle Martin Naville, directeur de la Swiss-American Chamber of Commerce.
Contrairement au dossier européen, les Suisses n’ont rien à négocier dans ce cas, car Washington peut imposer sa volonté aux compagnies américaines de manière unilatérale.»
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