Froide, la céramique? Que nenni. Contrairement à l’acier qui accentue la sensation de froid lorsque le mercure baisse, elle s’adapte et conserve la température du corps et devient presque un prolongement de soi que l’on oublie. Domptée par l’homme, avant le verre, la céramique est définitivement devenue tendance dans le monde horloger.
Mate, satinée ou polie; noire, blanche ou colorée; lunettes, boîtes, poussoirs ou même, depuis 2003, billes de roulements: on la retrouve partout. Hypoallergénique et extrêmement dure (juste derrière le diamant), elle affiche bien d’autres qualités, telle la résistance à la chaleur, au froid, aux frottements, aux gaz ou aux liquides agressifs.
Désavantage, elle peut se révéler fragile face aux chocs; et sa «fabrication» requiert beaucoup de soin puisque les poudres de céramique sont mélangées à des liants organiques qui, après avoir été pressés à froid, brûlent à haute température. Résultat: la pièce se rétrécit alors de 20%; outils et moules doivent être adaptés en conséquence.
Cette chronique ne suffirait pas à lister toute les marques qui en usent. On ne citera que les plus emblématiques, telles Eterna, Breguet, Jaeger-LeCoultre ou François Paul Journe qui l’utilisent sous forme de billes de roulement ne demandant aucune lubrification, ou, encore, d’un point de vue plus esthétique, Chanel et sa très identitaire J12, Hublot avec son credo sur la fusion des matériaux et, bien sûr, pionnière en la matière, Rado.
Détentrice de plus d’une quarantaine de brevets liés à son utilisation, la marque vient d’enrichir sa mythique collection Ceramica (1989) d’un audacieux et architectural modèle Digital Automatic mariant la céramique noire (lunette, boîte et bracelet) et – innovation – un mouvement auto-matique (120 jours de réserve de marche) à affichage numérique.
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