L'Hebdo;
2002-02-07 Patriote
La bannière étoilée flotte sous le vent de Louisiane. Au-dessus, la nuit déroule un tapis de planètes opalines. Dans le stade illuminé comme cathédrale à Noël, Mariah Carey, ange déchu des maisons de production, fille sevrée d'amour, entonne soudain «The Star-Spangled Banner», prélude à la finale de football américain que le Nouveau Monde regarde avec des yeux de Chimène. Filet de voix qui sourd de sa bouche en or, l'hymne caresse les travées pétrifiées, frissonne dans le pli d'un drapeau, lamine les coeurs endurcis. Minute élective où, meurtrie, l'Amérique berce sa plainte. C. F.
Nul au top
C'est le triomphe des Nuls: Chabat fait «Astérix» et Dominique Farrugia, 40 ans, est promu directeur de Canal +, la chaîne où il a débuté en 1984 comme bouffon. A l'époque, il dessinait des bites sur la carte météo. Le rire mène à tout.
Une Tache sur le CV
Il y a deux ans, son projet de film sur Bach, soutenu par Ruth Dreifuss, a énervé le petit monde du cinéma suisse. En attendant le tournage de «J.S.B vs F.II», qui commence au mois d'août, Dominique de Rivaz ajoute une corde à son arc. La réalisatrice du «Jour du bain» et d'«Aelia» a écrit une pièce de théâtre, «Tache», dans laquelle une jeune célibataire dialogue avec sa machine à laver. A découvrir en première mondiale à La Chaux-de-Fonds. A. D.
la chronique
de Belzébuth
Vade retro JO
Personne, chères ouailles, n'est à l'abri. Ils avaient promis de renoncer à mes pompes, à mes fastes? Ils n'y couperont pas. Il y aura d'abord l'olympique cérémonie d'ouverture, puis toutes les remises de médailles, hymne national en sus, de curling, de ski, de hockey, de bob féminin aussi, sur deux patins, et pourquoi pas de bilboquet à glace pendant qu'on y est.
Il y aura les anges, sur la plus haute marche du podium et les boucs plus bas. La bonne saine vieille représentation du monde selon moi: au sommet le paradis, l'enfer juste au-dessous. Moins prestigieux, mais plus vaste, moins hospitalier, mais plus fréquenté. Ils s'y retrouveront tous, devant ma flamme: nationalistes affamés de médailles, sportifs dopés jusqu'au sourcils, équipementiers avides de publicité, spectateurs ensommeillés.
Citius, altius, fortius; plus vite, plus haut, plus fort? C'est ma victoire. Pour un élu, combien de proscrits? A vous tous, seconds effarés pour quelques centièmes égarés, compétiteurs déclassés, presque médaillés effondrés, à vous tous replets dindons de l'infernal culte lustral, bienvenue en Enfer. Belzébuth
En français
Avec sa jupette brodée d'edelweiss, elle faisait les belles heures des Schlagerparaden. Francine Jordi se met au français pour représenter la Suisse au concours Eurosong (ex-Eurovision) avec «Dans le jardin». Schön gespielt, petite mademoiselle.
Pop Davos
«Les pauvres sont trop pauvres pour sortir seuls de la pauvreté et les morts ne font pas de bons ouvriers», a lancé Bono au forum de Davos-sur-New York. La «rock star pourrie gâtée» porte des verres teintés mais a gardé une conscience de classe.
Match k.-o.
Il devait affronter Lennox Lewis à Las Vegas. Parce qu'il n'a pas réussi à attendre le match pour cogner son adversaire, Mike Tyson s'est fait retirer sa licence. «Je ne suis pas mère Teresa», a philosophé le fameux bouffeur d'oreilles.
Feuille morte
L'automne dernier, elle avait pété les plombs sur le plateau d'Ardisson. Depuis, l'ex-top model Karen Mulder, en proie à un délire paranoïaque aigu, est internée. La beauté tombée de son piédestal, triste symbole d'une époque prompte à jeter ses idoles.
détournement d'image
Pieds nickelés
Chirac: C'est quoi ça?
Jospin: La Suisse, Monsieur le Président.
Berlu: Hi! Hi! Piccolissima
Svizzera!
Chirac: Et là, tout au centre?
Jospin: C'est le Palais fédéral.
Berlu: Hi! Hi! Palazzo minuscolo!
Chirac: Et là, tout en noir?
Jospin: Ruth Dreifuss.
Chirac: Pourquoi elle pleure?
Jospin: Elle rate tout ce qu'elle fait.
Chirac: Et pourquoi elle rit?
Jospin: Parce qu'elle s'en fout, Monsieur le Président.
Berlu: Hi! Hi! Che ragazza comica!
C. F.
Photo de famille du sommet franco-italien.
Balle de brutes
Hormis quelques barbus irréductibles, huit cents millions de téléspectateurs n'ont eu d'yeux que pour ce ballon de polyuréthane à double laçage, malmené quatre heures durant par les héros du dernier Superbowl américain.
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