En 1996, après dix-sept années de silence, Patti Smith remontait sur scène. Elle a reçu la presse à Londres. Après l’interview, on a papoté. Oui, j’habite en Suisse; non le Paléo n’est pas à Genève, mais à Nyon. – C’est là qu’habite Godard? – Lui c’est à Rolle, juste à côté. –Vous le connaissez? – Euh, l’œuvre plus que l’homme. Patti, ravie: – Vous ne pourriez pas m’organiser un rendez-vous avec lui? On ferait un concert juste pour lui et vous… Quand sa dame lui demande d’affronter le dragon, le plus minus des chevaliers y va. Téléphone, lettres, fax… Las, déjà l’huître Godard commençait à se refermer. Un matin, la téléphoniste de L’Hebdo m’a dit: «Ah, il y a un monsieur… euh… Jean-Louis Grodard, qui a téléphoné. Pour Patti Schmidt, i dit que c’est pas possible, pasqui se couche de bonne heure»… Il n’y a pas eu de One +One bis, genre Patti + Machin, too bad... Trois semaines plus tard, au Paléo, je suis allé faire amende honorable auprès de Patti Smith. Elle m’a dit «Thank you so much d’avoir essayé». Et puis elle s’est avancée pour m’embrasser. Je me suis tétanisé. Elle s’est rendu compte que si ses lèvres m’effleuraient, je tombais raide mort – c’est fragile un vieil adolescent. Alors, délicate, elle a juste posé sa joue contre la mienne. Ensuite, long trou noir, dont mon ami Jean E. m’a tiré juste à temps pour le concert en me bassinant avec des seaux de bière. Godard et Patti Smith n’ont pas eu besoin de moi pour se retrouver. Elle joue dans Film Socialisme. J’irai les voir en salle dès le 26 mai, too sad. ELLE A JUSTE POSÉ SA JOUE CONTRE LA MIENNE.
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