C’est un triomphe. Depuis la fin de juillet, des milliers de téléspectateurs de la chaîne 3+ suivent avec passion la quête un rien désespérée de sept paysans alémaniques. Leur rêve: trouver une femme. Le titre de l’émission? Bauer, ledig, sucht (paysan, céli bataire, cherche…).
Première surprise: des dizaines de candidates ont répondu positivement à l’appel de Daniel, Fredy, Han-ueli, Marc, Michael, Tobias et Michi. Ces messieurs ont fait leur choix et ont invité leur favorite à passer sept jours à la ferme. Semaine après semaine, les téléspectateurs plongent dans un monde aux règles pour le moins exotiques.
Première conclusion de cette immersion dans le monde rural: pour vivre heureuse avec un agriculteur suisse allemand, il faut d’abord séduire belle-maman. Romina a, par exemple, su trouver grâce aux yeux de Röseli, même si sa façon d’éplucher les légumes n’a pas semblé bien orthodoxe à la mère de Michi. «Elle peut rester. Mais il faut aussi que cela joue pour mon fils. Pour les légumes, elle apprendra.»
Deuxième conclusion: à la ferme, le travail passe clairement avant le batifolage. Epais Valaisan de 27 ans, passionné de combats de vaches et de cigares qu’il tête à longueur de journée, Marc oublie d’aller cueillir Ricarda, la dulcinée qu’il s’est choisie, à la gare.
La pauvre fille, traînant ses valises, partira à sa recherche à travers champs pour, finalement, le retrouver dans celui qu’il est en train de faucher. L’homme attaque frontalement, comme ces reines qu’il idolâtre: dès la première balade, il tente de la prendre dans ses bras. Elle esquive.
Quelques heures plus tard, il l’emmène dans son chalet. Il teste celle que, manifestement, il voit surtout comme sa future soubrette: «Peux-tu me faire mon lit et t’occuper du souper?» Elle refuse – leur histoire s’arrête là. Le lendemain, une autre candidate moins délicate acceptera de partager son lit. Marc est aux anges, il a trouvé la femme idéale: «Elle ne râle pas, elle est patiente, simple.» Argument ultime: «Et elle m’aide avec les vaches.» Que désirer de plus?
Pendant ce temps, à 1500 mètres d’altitude, Michael, 30 ans et la tête de la créature de Frankenstein, parle de sa vie sur l’alpe avec passion. Il sait déjà que Sandra, une citadine un peu boulotte, ne fera pas l’affaire. Il lui en faut une plus rustique, une qui, comme lui, se lève tous les matins à 3 h 30 pour se mettre au travail. On lui souhaite bien du bonheur…
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