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People & politiques Pourquoi ils montrent (presque) tout

Mis en ligne le 03.07.2008 à 00:00

DEFERLANTE. Comme Christophe Darbellay, qui accueillera les photographes de presse lors de son mariage, les politiciens mettent leur vie privée au service de leur image publique.

L'Hebdo; 2008-07-03

People & politiques Pourquoi ils montrent (presque) tout

DEFERLANTE. Comme Christophe Darbellay, qui accueillera les photographes de presse lors de son mariage, les politiciens mettent leur vie privée au service de leur image publique.

CHANTAL TAUXE ET TITUS PLATTNER

Christophe Darbellay se marie ce samedi 5 juillet à la cathédrale de Sion. Avec 600 invités, la fête promet d’être somptueuse, seulement, il y a un léger souci: Florence, la compagne du président du PDC suisse, n’aime pas se montrer dans les médias. Du coup, le prodigue valaisan qui a toujours su jouer de son image avec jubilation, craint aujourd’hui que la cérémonie ne soit gâchée par des photographes trop envahissants. Dans l’espoir de régler ce dilemme, un rendez-vous photo sera organisé à l’issue de la cérémonie. Trente minutes, pas une de plus.

Cela suffira-t-il à satisfaire la soif d’images de la presse à grand tirage? Ou au contraire, verra-t-on des clichés volés? Même s’il assure qu’il se contentera de la séance photo officielle, le rédacteur en chef du Matin Peter Rothenbühler le concède volontiers: la scène idéale serait de voir Christophe Darbellay porter la mariée sur le seuil de la chambre nuptiale. Et voilà le politicien pris à son propre jeu.

Jeune, ambitieux et plutôt beau gosse, il a d’emblée utilisé sans complexes la carte de la médiatisation. «En Suisse romande, il a été l’un des premiers à se montrer avec une telle systématique: Christophe Darbellay à la maison, chez lui, avec sa maman ou sa compagne; Christophe Darbellay en plein effort sportif, participant au Grand Raid à vélo ou à la Patrouille des glaciers; Christophe Darbellay, dans des émissions TV intimistes, comme A côté de la plaque ou Pardonnez-moi; Christophe Darbellay en vacances, pour prouver qu’il sait bien vivre et qu’il a d’autres horizons; Christophe Darbellay à 4 ans, pour montrer d’où il vient. En septembre 2003, en pleine campagne électorale, on l’a même vu dans Le Matin dimanche en chasseur valeureux, un chamois sur les épaules, pour peaufiner son côté: «Je suis un homme, un vrai.» L’image a plu, mais ce que l’on n’a pas su, c’est que le chamois, lui, n’était pas tout à fait vrai, en tout cas pas frais, pas fraîchement abattu par un vaillant chasseur, puisque la pauvre bête sortait du congélateur… pour les besoins du reportage photo!

Avantage électoral. Cette histoire de chamois congelé, Christophe Darbellay nous l’a racontée lui-même. Etait-ce pour montrer jusqu’où il est prêt à aller par amour pour les caméras? Ou au contraire, s’agissait-il de prouver qu’il n’est pas dupe et qu’il connaît la mécanique sur le bout des doigts? «J’ai énormément profité du jeu avec les médias, c’est évident», avoue l’intéressé, en dépit de son échec cuisant dans la course à l’investiture au gouvernement valaisan. A l’époque où nous vivons, considère-t-il, ce genre de photos «font partie du job».

La classe politique semble lui donner raison. Peu importe le parti, une vague people a déferlé en Suisse romande. On a ainsi vu la socialiste Géraldine Savary avouer sa préférence pour la salade de riz, en famille, à la plage de Cully; sa camarade Liliane Maury Pasquier donner un rein quasiment en direct à sa petite-fille, avant d’apprendre qu’elle n’était pas compatible; le conseiller administratif genevois Pierre Maudet (PRD), lui, sait depuis longtemps qu’il vaut mieux donner une interview télévisée en plein milieu d’un jogging plutôt que dans son bureau; quant à l’UDC Oskar Freysinger, il s’est déjà laissé filmer torse nu au camping en train de griller des saucisses en famille, ou à la maison, vêtu d’un simple peignoir, sortant son fusil de dessous son lit.

Ce cliché, il le referait sans hésiter. «J’ai utilisé ça comme contre-attaque sur le mode émotionnel, dans le cadre du débat sur l’interdiction des armes à domicile», justifie-t-il. En plus, poursuit l’UDC valaisan, c’était un avertissement au prochain qui viendrait chez lui pour mettre le feu. Pour mémoire, un incendie criminel avait éclaté en novembre 2002 au domicile d’Oskar Freysinger («Mon fils n’a pas dormi seul pendant deux ans à cause de ça.») Quant au bénéfice électoral qu’il tire de son exposition médiatique, il n’en fait pas mystère. «Mon ancien voisin de table au Conseil national, Jacques Pagan (UDC/GE), se foutait de ma gueule à chaque fois que j’étais dans Le Matin, se souvient-il. Mais, moi, j’ai doublé mon score aux élections fédérales entre 2003 et 2007; lui, il n’a pas été réélu.»

La presse people ne date pas d’hier, ni d’avant-hier, elle est née avec la photographie au XIXe siècle. Lors d’un débat organisé à l’enseigne de Photos 08 par nos confrères de L’illustré, Radu Stern, chargé de recherche au Musée de l’Elysée, a rappelé que d’emblée, les photographes ont produit des «galeries de gens célèbres». Dans les années 30, le photojournaliste autodidacte berlinois Erich Salomon s’était fait une réputation internationale en se glissant dans les ambassades, les palaces ou les salons pour photographier à leur insu politiciens et diplomates. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill lui-même se laissait filmer en maillot de bain. Et le général de Gaulle, prenant leçon chez les conseillers en communication anglais, avait concédé une photo avec son épouse Yvonne, dans leur exil de Londres.

Dès les années 50. En Suisse, la Schweizer Illustrierte s’est très tôt attachée à mettre en photos les célébrités d’ici, sportifs mais aussi politiciens. A partir du début des années 50, on trouve dans ses archives des clichés de conseillers fédéraux prenant la pose avec Madame. Et de ce côté-ci de la Sarine, c’est tout naturellement L’illustré qui a popularisé le genre, donnant à voir dans ce que le jargon journalistique appelle home story, l’intimité des Romands éminents. Avant que Le Matin, avec l’arrivée de Peter Rothenbühler en mars 2002, ex-rédacteur en chef de la Schweizer Illustrierte, ne fasse du people local l’ingrédient essentiel du quotidien orange («C’est ce qui distingue la marque Matin.»)

Plus la presse people a de succès, plus elle est vorace. La Suisse étant un petit pays, compartimenté sur les plans linguistique et culturel, le réservoir des riches, beaux et célèbres s’épuise vite. Le genre s’est donc en quelque sorte démocratisé, ne touchant plus seulement le haut du panier des personnalités comme c’est le cas à l’étranger. Le présentateur TV, le participant à un jeu de téléréalité a aussi droit à ses pages de gloire sur papier glacé. Les politiciens, jadis à peine montrés en format photo d’identité dans les chroniques politiques, constituent de nouveaux clients de choix. Pour être élu, il faut être vu, et quoi de mieux qu’un reportage en quadrichromie. Tant pis, si tout contenu politique disparaît de l’article. «La question à laquelle je cherche à répondre est Comment il est vraiment», explique Peter Rothenbühler. La dernière motion au Parlement, il veut bien y consacrer un peu de place, mais seulement s’il s’agit d’une condition pour obtenir le reste.

Face au miroir tendu, on peut distinguer quatre types de comportements. Il y a d’abord les derniers farouches, qui refusent toute compromission, et n’acceptent de parler que de politique et rien d’autre. Cette catégorie est déjà en voie d’extinction.

Juste à côté, de plus en plus rares, il y a ceux qui s’en tiennent au «service minimum», ils veulent bien poser en situation, «faire le guignol dans la neige», comme dit Christian Levrat, mais ils ne montreront jamais femme et enfants. Pour eux la chose publique est trop sérieuse pour se réduire à une image. Pierre-Yves Maillard, Didier Burkhalter sont d’autres exemples de cette austérité.

Avec les enfants? Puis, il y a les résignés: ils n’aiment pas trop le people, mais ne le détestent pas assez pour s’en passer. Ils essayent de l’utiliser à bon escient. Dans cette catégorie, on mentionnera Géraldine Savary, posant à la plage de Cully avec mari et enfants pendant la campagne pour le Conseil des Etats; Roger Nordmann dans sa cuisine avec l’un de ses enfants, pour illustrer la cause du congé-paternité; et bon nombre des candidats aux élections fédérales qui ont accueilli chez eux les journalistes de L’Hebdo lors de «Blog and Breakfast». Ce carnet de route, qui s’était fixé pour contrainte de loger chez les candidats aux élections fédérales de 2007, avait justement été mis sur pied pour réfléchir à la relation entre médias et politiques. Ces derniers, séduits par la publicité ainsi donnée à leur personne, curieux de rencontrer l’un de ces journalistes «faiseurs de rois», mais parfois ennuyés de donner à voir leur intimité, ont dans une très large majorité joué le jeu au final, parce qu’il valait bien la peine de se faire ainsi valoir!

Les rangs qui grossissent de jour en jour appartiennent à la dernière catégorie. Ce sont bien sûr ceux des politiciens people «sans complexes». Ils acceptent presque toutes les demandes, assument, mais parviennent encore à faire passer un message politique quand il le faut. Christophe Darbellay est l’emblème de cette nouvelle espèce de politiciens. Tout comme Yvan Perrin et Oskar Freysinger, qui n’ont pas raté l’occasion de paraître sympathiques et populaires.

Rien à cacher, überpeople par excellence, celui qui a fait exploser les canons du genre, c’est Daniel Brélaz. Caricaturé par les dessinateurs, imité par Yann Lambiel, le syndic de Lausanne se plie avec sa bonhomie ironique aux demandes de la presse people. Dans une émission de télé, il a même confié être resté puceau jusqu’au mariage. Depuis l’automne dernier, chaque samedi dans Le Matin, sa femme Marie-Ange partage cette gloire médiatique en commentant, sans tabou aucun, sa perte de poids consécutive à l’intervention chirurgicale qu’elle a subie à l’estomac. Tollé, tendresse ou respect, l’étalage de la vie des Brélaz (Monsieur répond qu’il n’a pas peur que Madame le quitte maintenant qu’elle a perdu 46 kilos) enflamme les discussions bien au-delà de leur fief lausannois.

Shoot narcissique. C’était peut-être prémonitoire. En 1990, Daniel et Marie-Ange Brélaz ont médiatisé leur mariage, en posant pour 24 heures dans le bus où ils s’étaient connus. La presse locale était émue de voir le célibataire le plus endurci de la Municipalité de Lausanne convoler enfin. Daniel Brélaz mis sur la sellette pour exposition massive de sa vie privée n’a qu’une réplique: «J’assume.» Ni remords, ni regrets de la part du syndic de Lausanne, tout juste un étonnement sur l’engouement des médias pour sa modeste personne, qu’il excuse presque aussitôt: «Cela fait si longtemps, trente ans, que je suis dans le paysage médiatique».

«Il n’y a pas que l’intérêt électoral, il y a bien sûr aussi le plaisir narcissique à être connu», note le présentateur du TJ Darius Rochebin. A la fois journaliste, people et passionné de people, il est bien placé pour en parler. Pour lui, le cocktail d’une bonne interview, c’est deux tiers d’actu générale, un tiers de questions intimes, du «people chic». «Tant que ces politiciens ont des idées, une existence propre, ça va», poursuit-il. Le meilleur exemple est Tony Blair. On a même fini par savoir où et quand ses enfants avaient été conçus. Pourtant, on ne l’a jamais réduit à son côté people. C’est cet équilibre que tentent de maintenir, avec plus ou moins de bonheur, Christophe Darbellay, Géraldine Savary, Isabelle Moret, Oskar Freysinger et les autres.

Le danger, on l’a compris, est une surexposition telle de la sphère privée d’une personnalité politique que l’on en viendrait à en oublier qu’il ou elle fait de la politique. Daniel Brélaz, qui est l’une des voix les plus importantes en matière de politique énergétique, ne risque par exemple pas grand-chose.

Comme au cabaret. Doris Leuthard, elle, a frôlé l’overdose. Avant son élection au Conseil fédéral, elle est devenue la personnalité la plus populaire de Suisse en se montrant beaucoup dans la Schweizer Illustrierte. Un peu comme Martine, on l’a vue faire la cuisine, le jardin, du vélo, avec ses dizaines de paires de chaussures, allongée sur un canapé, à califourchon sur une chaise design, comme une danseuse de cabaret… Maintenant qu’elle a été élue au Conseil fédéral, elle est devenue beaucoup plus respectueuse de sa sphère privée. Au moment de l’élection, certaines de ces photos n’étaient plus disponibles, la plupart reste soumise à autorisation.

Les conseillers fédéraux usent des mises en scène people avec circonspection. On peut les suivre en voyages, et croquer les instants de convivialité qu’ils partagent en déplacements officiels. Ils concèdent parfois quelques prises sportives. Rares sont ceux qui, tel Christoph Blocher, acceptent les photographes chez eux.

Avocat spécialiste du droit à l’image, le conseiller national Christian Lüscher, lors du débat organisé par L’illustré, l’a souligné: «En comparaison avec d’autres pays, notamment les Etats-Unis, on a en Suisse un respect assez important de la sphère privée; de même la notion de personnage public est assez étroite.»

Mais la réserve d’hier s’érode gentiment. Le 24 avril 2006, le Blick, suivi aussitôt par Le Matin, a franchi une étape en montrant Moritz Leuenberger en costume de bain. Flavio Cotti avait déjà posé dans la même tenue à la piscine mais là, il s’agissait d’une photo de vacances volée, vendue 1000 francs par un paparazzi amateur. Désormais c’est la grande crainte des politiciens et des politiciennes: que la presse suisse ne respecte plus la règle qui consiste à ne publier que des photos agréées ou prises lors de manifestations publiques. Rothenbühler est catégorique: «Si demain un étudiant me propose une photo de Calmy-Rey en bikini, j’achète.»

Les récentes affaires Bagnoud et Garbani démontrent que le gentlemen’s agreement qui régissait les rapports entre presse et vie privée devient caduc. Les rédactions se sont emparées de l’affaire Bagnoud (l’ex-député PDC valaisan enfariné dans la cocaïne dans son plus simple appareil), sans s’encombrer trop longtemps de déontologie. Justification: la vidéo et le scandale étaient déjà disponibles sur l’internet. Peu importe que le politicien soit connu ou non.

Valérie Garbani a d’autant plus durement été traitée qu’elle était une bonne cliente de la presse people. Le people féérique a depuis longtemps cédé la place au people trash: on veut bien sacrifier quelques instants au culte du rêve à condition que la descente soit garantie et que l’on puisse se délecter des malheurs de ceux que l’on a portés au firmament. Car l’un des ressorts universels de la presse people reste de «rejeter, honnir soudain, ce que l’on a tant aimé tellement encensé».

People ou suspect? «Il faut être cohérent. Si on utilise sa famille, ses proches pour en profiter politiquement, il faut accepter que le jour où ça va mal, les médias seront aussi là», estime l’UDC Yvan Perrin. Or les politiciens ont besoin des médias: «sans eux, vous n’existez pas», poursuit le Neuchâtelois. Son collègue Oskar Freysinger avance la maxime suivante: «A moins qu’ils ne soient suicidaires, je pars du principe que ceux qui montrent leur vie privée n’ont pas de cadavre dans le placard.»

En poussant cette logique jusqu’au bout, d’ici à quelques années, ceux qui ne sacrifieront toujours pas au people finiront par être suspects.v

MELANGE DES GENRES Depuis quelques années, les politiciens suisses se sont aussi convertis en masse au people. Par calcul électoral, mais aussi parce qu’une bouffée narcissique fait tellement de bien. Les Romands, qui s’y sont mis en dernier, n’ont plus rien à envier à leurs voisins alémaniques, ni même aux Français.

DE GAUCHE A DROITE Doris Leuthard dans son jardin en 2004, Moritz Leuenberger à la plage en 2006, Géraldine Savary au bord du Léman en 2007, Daniel Brélaz chez lui en 2006, puis, en bas, Yvan Perrin à la piscine en 2007, Jean Studer chez l’esthéticienne en 2003 et Christophe Darbellay avec son chamois congelé en 2003.

CHRISTOPHE DARBELLAY ET FLORENCE En mai 2007, le président du PDC présentait sa compagne dans Le Matin. «On m’a souvent reproché ces photos», dit-il aujourd’hui en jurant ne rien regretter. Lui ont-elles coûté son investiture au gouvernement valaisan?

DORIS LEUTHARD Egérie médiatique dès son entrée au Conseil national en 1999, la future conseillère fédérale pose dans son jardin et cuisine pour le Blick.

OSKAR FREYSINGER Provocateur-né, tout est calculé dans cette photo pour le magazine Facts en 2006.

LES BRÉLAZ Le syndic de Lausanne Daniel Brélaz et son épouse Marie-Ange n’ont plus aucun secret. Lui a raconté son pucelage et elle a droit un feuilleton chaque samedi dans Le Matin. «On est prêt à leur pardonner beaucoup, car leur amour sonne vrai», estime la star du TJ et fan de people Darius Rochebin.

JEAN STUDER EN AVRIL 2003, EN LICE POUR L’INVESTITURE AU CONSEIL FEDERAL, LE SOCIALISTE A ACCEPTE D’ENTRER DANS UN SALON DE BEAUTE POUR LE BLICK. ERREUR: LE PEOPLE NE SUPPORTE PAS LE DEUXIEME DEGRE. MORITZ LEUENBERGER MALGRE SES MENACES, IL N’A PAS PORTE PLAINTE POUR CE CLICHE VOLE. COLLEGIAUX, DONC DISCRETS

YVAN PERRIN «L’homme politique est un tout. Parfois je suis en costume, parfois en pantalon dans mon jardin et il m’arrive aussi d’être en maillot de bain», justifie l’UDC neuchâtelois. En plus cette photo prise par L’illustré en octobre 2007 est à son avantage souligne-t-il: «J’ai pris cinq kilos depuis.»

GÉRALDINE SAVARY ET SA FAMILLE «LES FILLES REPRENDRONT BIEN DE CETTE DELICIEUSE SALADE DE RIZ», SOULIGNE LE MATIN DIMANCHE QUI IMAGINE UNE PARENTE PHYSIQUE ENTRE LA SOCIALISTE ET JACKIE KENNEDY. EN MAI 2007, LE QUOTIDIEN A DEJA CHOISI SON CAMP DANS LA COURSE AU CONSEIL DES ETATS. LA JEUNE FEMME SERA ELUE.

Collégiiaux, donc discrets

En Suisse, le principe de collégialité qui régit le fonctionnement des exécutifs et les élections à la proportionnelle ont longtemps constitué des freins naturels à la personnalisation. Les seuls clichés qui montraient le gouvernement étaient ceux pris lors de la prestation de serment ou de manifestations officielles. C’est Adolf Ogi, en 1993, qui a introduit la tradition de la photo annuelle des sept Sages. Dès les années 50, certains conseillers fédéraux posent avec femme et enfants, peaufinant leur image de pères de la patrie.v

SARKOZY, LE PETIT PERE DES PEOPLE

Les neuf premiers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy étaient un feuilleton: escapade sur le yacht de Bolloré; ultime baiser à Cécilia lors de l’investiture; rumeurs; divorce; photos à Eurodisney avec Carla Bruni; l’Egypte, avec l’enfant sur les épaules; le Taj Mahal, seul; mariage à l’Elysée, sans photo; visite à Bu¬c¬kingham Palace, officielle. Ce fut trop. Aujourd’hui, les Sarkozy-Bruni tentent de tout maîtriser. Pour le reportage de Match, le photographe a été choisi par le président. Les politiciens suisses suivront-ils?v





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