Pérégrinations cannoises (7)

Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 23.05.2012 à 22:50



Le dernier tiers du festival est celui des stars hollywoodiennes. Mercredi, c’est Brad Pitt qui a débarqué sur la Croisette en quasi habitué, après y avoir notamment accompagné l'hyperactif Quentin Tarantino pour Inglorious Basterds et le discret Terrence Malick, qui a remporté l’an dernier la Palme d’or, pour The Tree of Life, en évitant comme à son habitude toute apparition publique. Dans la foulée, Kristen Stewart est arrivée à Cannes aux côtés de Kirsten Dunst. Vont également fouler le tapis rouge ces prochaines heures Nicole Kidman, Robert Pattinson et Zac Efron. De quoi affoler les paparazzis et les chasseurs d’autographes. Depuis toujours, Cannes aime les stars. Reste que celles-ci ne viennent pas toujours défendre des films dignes d’intérêt. A l’instar de ce Killing Them Softly, "starring" Brad Pitt, qui n’a à mon avis pas sa place en compétition. Après une première demi-heure riche en promesses, ce polar inutilement bavard part en vrille, Andrew Dominik abusant d’effets d’une paresse crasse (montrer un personnage se piquant au son du fameux Heroin du Velvet Undergound, non mais franchement…) et réalisant l’exploit, lors d’une confrontation Pitt-James Gandolfini, de multiplier les faux raccords comme un débutant - des verres de bières et de Martini qui apparaissent et disparaissent comme par magie au gré des champs/contre-champs. J’ai l’impression d’avoir vu un work in progress, un film pas encore totalement terminé… Qu’en disent Brad Pitt et Andrew Dominik? Mystère, car je ne suis pas allé les écouter en conférence de presse. Il me semblait en effet plus intéressant d’aller rencontrer Abbas Kiarostami et Michael Haneke, dont les films, eux aussi en compétition, sont autrement plus intéressants. Un peu plus tard, j’ai pu évoquer la vitalité d’Alain Resnais en compagnie de Sabine Azéma, avant d’aller déguster des single malts avec l'Ecossais Charles McLean, un personnage bien connu des amateurs de whisky faisant ses débuts d’acteur chez Ken Loach.

Après le boulot, la fête. Mercredi soir, il fallait être à la Villa Schweppes. J’y étais. La soirée donnée en l’honneur du Grand soir, comédie sociale punk signée Benoît Delépine et Gustave Kervern, était annoncée comme la plus délirante du festival. Elle le fut, grâce à un concert fulgurant du vétéran Didier Wampas, héraut du punk français à l’énergie intacte. Sur scène, Delépine, Kervern et leur acteur Albert Dupontel sont totalement déchaînés. Benoît Poelvoorde est dans les parages. Puis débarque un mec en costume qui, ni une ni deux, se jette dans la foule. C’est Jean Dujardin. L’acteur oscarisé rejoint alors ses potes sur scène, tombe la cravate et danse jusqu’à plus soif. Sa compagne, Alexandra Lamy, semble elle aussi apprécier les décibels dont Les Wampas ne sont pas avares. Le concert vire au délire total, Kervern – dont la gueule de bois a dû être dantesque - finit à torse nu, porté par le public. Pour ma première fête cannoise, je n’ai pas à me plaindre. Pas mal d’autres personnalités du cinéma et du showbiz étaient également de la partie, paraît-il. Je ne me suis pas amusé à les pister. Car ce qui m’intéresse, ce n’est pas de compter les vedettes aperçues, mais de lister les films vus… C’est dans les salles que je préfère malgré tout vivre le Festival de Cannes.
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