LES FAITS
Le 9 octobre se sont achevées, à Bangkok, les deux semaines de réunions préparatoires à la Conférence de Copenhague sur le climat, qui aura lieu du 7 au 18 décembre. Les pays riches n’ont pas énoncé d’objectifs précis quant à leurs réductions de gaz à effet de serre, ce qu’ont dénoncé les pays en développement, Chine et Inde en tête. Autre sujet de désaccord: au contraire de ces derniers, les Etats-Unis veulent un nouveau contrat pour remplacer celui de Kyoto de 1997, qui ne concernait que les pays industrialisés.
LES COMMENTAIRES
A Bangkok, pour Le Temps, «c’est le monde à l’envers: les pays du Sud, jusqu’ici réticents face aux promesses sur le climat, font la leçon aux Américains qui n’assument pas leurs responsabilités. Si la Chine et le Brésil ont fait part d’ouverture, on attend encore leurs engagements concrets.» Mais le quotidien rappelle que rien ne se fera sans les Etats-Unis. Une opinion répandue à Bangkok, que relaie à son tour le Guardian en citant un diplomate présent aux négociations: «Un leadership mondial est maintenant vital pour que les pourparlers n’échouent pas complètement.» A Berlin, la Tageszeitung relève les aspects positifs d’une conférence «aussi dynamique que possible», mais analyse lucidement l’absence d’objectifs précis: «Cela montre que la réduction des gaz à effet de serre a peu à voir avec la politique climatique: il s’agit de politique industrielle pure et dure.» The Washington Post souligne que les pays en développement «ne signeront aucun accord avant que l’Occident ne leur garantisse des dizaines de milliards de dollars d’assistance financière».
À SUIVRE
C’est la dernière ligne droite: il ne reste qu’une seule étape, à Barcelone au début de novembre, avant Copenhague. Les objectifs globaux (une réduction des gaz à effet de serre au minimum de 25% en 2020) seront difficiles à tenir dans ce qui ressemble à une version globale du jeu de la patate chaude. Seule bouffée d’air frais à Bangkok: la Norvège a déclaré qu’elle réduira de 40% ses émissions. Un exemple que la cheffe de la délégation norvégienne elle-même, toutefois, relativise: «Nous sommes un très petit pays riche.» Les espoirs de réussite à Copenhague se tournent plus que jamais vers... Barack Obama.
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