Sociétés suisses et climat
Peu de visions globales
Carbon Disclosure Project. L’enquête suisse révèle que peu d’entreprises cotées ici ont une vraie stratégie climatique.
A quelques semaines du Sommet mondial de Copenhague qui devrait dessiner le futur accord sur le climat destiné à succéder au Protocole de Kyoto, la troisième édition du volet suisse de l’enquête Carbon Disclosure Project – parrainée par Pictet Asset Management et la Fondation Ethos – révèle une différence sensible de comportement entre les entreprises internationales ayant des succursales intégrées dans le système d’échange des quotas d’émission de CO2 de l’Union européenne et la plupart des sociétés suisses de taille plus modeste. La donne pourrait changer sous peu puisque le Conseil fédéral entend profiter de la rencontre de Copenhague pour négocier avec l’Union européenne l’intégration de la Suisse au système communautaire d’échange de quotas d’émissions (SCEQE).
Risques sous-estimés. Né de la volonté d’investisseurs institutionnels du monde entier – notamment de fonds de pension – de connaître l’impact sur le climat des entreprises dont ils détiennent des titres à long terme, le Carbon Disclosure Project enquête auprès des sociétés cotées pour connaître leur stratégie climatique. Il réunit à ce jour 475 investisseurs institutionnels gérant plus de 55 000 milliards de dollars d’actifs.
La troisième édition de l’enquête menée auprès des 96 plus grosses entreprises cotées en Suisse a suscité un taux de réponses de 56%, soit quasiment équivalent aux 57% obtenus en 2008. Plus d’une société sondée sur deux renvoyant le questionnaire reste dans la moyenne mondiale, mais dénote une sensibilité à la problématique environnementale bien inférieure à celle des sociétés cotées d’Afrique du Sud – qui répondent à 68% – et encore plus à celle des entreprises du Royaume-Uni – qui sont 95% à renseigner sur leur stratégie climatique.
En Suisse, les entreprises ayant répondu sont 72% à accepter de communiquer le volume de leurs émissions directes de CO2, mais peu de directions ont mis en place les processus leur permettant de quantifier également les émissions indirectes liées à leurs produits et services. La prise de conscience va toutefois croissant: 74% des entreprises ayant participé cette année à l’enquête suisse ont instauré au sein de leur conseil d’administration un comité en charge de la stratégie face aux changements climatiques. Une stratégie qui se limite souvent à identifier les opportunités ouvertes à l’entreprise par ces changements: 72% des sociétés sondées en ont repéré. Mais elles ne sont que 44% à avoir identifié conjointement les risques induits pour leur organisation... Or, ces risques – qui peuvent affecter toute la chaîne de valeur à travers des difficultés des sous-traitants ou des effets sur les représentations à l’étranger – sont souvent sous-estimés. Avant de les identifier et de se préparer à y faire face, encore faudrait-il accepter de se confronter à la problématique. Près d’une entreprise sur deux parmi les plus grandes cotées en Suisse n’en sont manifestement pas encore là. GB
74% DES ENTREPRISES QUI ONT RÉPONDU ONT INSTAURÉ UN COMITÉ AU SEIN DU CONSEIL D’ADMINISTRATION Rapport suisse 2009
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