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Pharmaceutique

Mis en ligne le 21.06.2001 à 00:00

n Les annonces qui recrutent des volontaires pour tester des médicaments prolifèrent. n Racoleuses, parfois illégales, elles cachent souvent des visées commerciales. n Spécialiste des essais cliniques, Pierre Dayer dénonce les dérapages.

L'Hebdo; 2001-06-21

Pharmaceutique

n Les annonces qui recrutent des volontaires pour tester des médicaments prolifèrent.

n Racoleuses, parfois illégales, elles cachent souvent des visées commerciales.

n Spécialiste des essais cliniques, Pierre Dayer dénonce les dérapages.

Marie Abbet

Souffrez-vous de troubles de l'érection? Cette question pour le moins directe ne se murmure pas dans l'intimité ouatée d'un cabinet d'urologue. Elle se pose au grand jour et en plusieurs langues dans la presse helvétique. Depuis quelques semaines, quotidiens et hebdomadaires accueillent des annonces d'un quart de page. On recherche «des volontaires pour une étude scientifique mandatée par une entreprise pharmaceutique internationale». «Discrétion assurée» et «indemnité compensatrice» en prime. Histoire de décomplexer les timides, la version allemande précise que 100 millions d'individus souffrent d'un problème similaire.

Les ennuis strictement masculins ne sont pas les seuls à faire l'objet d'études. Côlon irritable? Qu'à cela ne tienne. Une «grande entreprise pharmaceutique suisse a développé un nouveau médicament». Elle souhaite «compléter les résultats existants par une étude nationale sur 2000 patients». Idem encore pour la sclérose en plaques et diverses autres affections. Il y a cinq ans à peine, le recrutement de sujets de recherche par voie de presse était chose rare. Michel Burnier, professeur de médecine et président du comité d'éthique vaudois, le confirme: «A l'époque, nous avions un à deux cas par année. Ils sont désormais en nette augmentation et s'inscrivent toujours dans le cadre de grandes études cliniques sponsorisées par des firmes pharmaceutiques.»

Des statistiques? A l'Office intercantonal des médicaments (OICM), l'organe chargé de l'enregistrement des essais cliniques et du contrôle des médicaments, on ne dispose pas de données exactes. Le juriste Jean-Christophe Méroz constate simplement: «Depuis un an et demi environ, ces nouveaux modes de recrutement se répandent.» Avant de préciser: «Ce n'est peut-être pas plus mal. La voie d'annonce permet d'élargir le public cible.»

A priori donc, pas de quoi s'exciter. Sauf que... Sauf que certaines de ces annonces au mieux profitent des lacunes de notre législation, au pire la violent allègrement. Des exemples? Trois annonces de recrutement de volontaires pour des études menées par des sociétés pharmaceutiques différentes - Novartis, Serono et Pfizer - se sont révélées problématiques. Explications.

Avant d'être lancé, un médicament subit une série d'examens de passage: ce sont les essais cliniques, qui se déroulent en quatre phases. Les trois premières vont servir à décrocher une autorisation de mise sur le marché. Après la commercialisation, la phase IV poursuit les études sur l'homme. Ces essais cliniques sont soumis à des règles précises, établies par l'OICM en 1993. Règles, soit dit en passant, resserrées suite à l'affaire VanTX, ce trafic de cobayes humains révélé par «L'Hebdo» en mai 1999 et qui avait abouti au refus d'homologation de 160 études. Pas sûr pourtant que la leçon ait été comprise par tout le monde.

Vraie fausse étude?

Soumise par «L'Hebdo» à l'OICM, la petite annonce ciblant les mâles en mal d'érection a d'abord suscité la surprise: «Jamais vu!» Même son de cloche auprès de différents comités d'éthique. A eux pourtant d'accepter un protocole de recherche et de veiller aux recrutements des volontaires, y compris à la formulation des annonces.

Le malade qui compose le numéro gratuit indiqué sous le nom de la société Outcomes International atterrit sur un «cute care», une «aide futée». Au bout du fil, une personne plutôt psychologue, bilingue mais pas médecin, explique en quelques mots la procédure. Le patient intéressé sera dirigé vers un urologue de sa région. Elle précise bien que «les frais de consultation sont pris en charge par la LAMal». Pour remercier le volontaire, on lui rembourse aussi ses frais et on lui offre «un bon d'achat de 100 francs à la Migros». Un cobaye curieux ne met pas longtemps à comprendre de quoi il retourne: on veut lui «fourguer» du Viagra. Et pour cause: la société qui mandate cette «étude scientifique» n'est autre que Pfizer.

Contactée, la société Outcomes International, un call center qui réalise des «programmes de soutien aux patients», n'en fait pas mystère. Paul Schneller, responsable du Medical Communication Center, précise: «Il ne s'agit en aucun cas d'essais cliniques, mais d'une étude statistique et épidémiologique.» Une version confirmée par Pfizer. Hermann Stricker, responsable des Public Affairs: «Nous voulons connaître la fréquence de cette affection et ses incidences sur la qualité de vie. Libre à l'urologue de choisir une thérapie, Viagra ou autre.»

Depuis trois ans, Pfizer vend en Suisse 100 000 comprimés de Viagra par mois, pour un montant annuel au prix public de 23 millions de francs. Apparemment, ce n'est pas suffisant pour ce groupe réputé pour ses méthodes agressives à l'américaine. Dans notre pays, la publicité pour les médicaments sur ordonnance est interdite. Cette étude ne servirait-elle pas en fait à promouvoir un produit? A racoler des clients? «Pas du tout!» affirme, la main sur le coeur, Hermann Stricker. Margrit Kessler, présidente de l'Organisation suisse des patients et membre du comité d'éthique zurichois, s'étrangle d'indignation: «C'est scandaleux! L'industrie a toutes les ruses. C'est une publicité pour Viagra, point final!»

Pfizer n'est pas au bout de ses ennuis. Après réflexion, Jean-Christophe Méroz, de l'OICM, est très clair: «Cette étude comprend un diagnostic mais aussi la prescription d'un traitement et l'évaluation de l'efficacité du médicament. Il s'agit manifestement d'un essai clinique de phase IV au sens du règlement.» En clair, la société pharmaceutique viole la loi, puisqu'elle conduit sans autorisation une étude «sauvage».

Conséquences? «Nous allons ordonner à Pfizer d'arrêter immédiatement le recrutement des patients, jusqu'à ce qu'il obtienne l'approbation des comités d'éthique et notifie cet essai à l'OICM», affirme Jean-Philippe Méroz. Une approbation acquise d'avance? Affaire à suivre...

De son côté, Werner Stauffacher, président de l'Académie suisse des sciences médicales, défend une position encore plus claire: «Je suis d'avis que toute étude, qu'elle soit psychiatrique, psychosomatique ou épidémiologique, devrait passer devant un comité d'éthique.»

Pour l'instant, Hermann Stricker affiche un calme de rigueur: «Pfizer n'a rien à se reprocher. De plus, cette étude a été externalisée.» Chez Outcomes, on n'apprécie guère la manière dont l'entreprise dégage déjà en touche ses responsabilités. Pfizer a en tout cas eu chaud: dès janvier 2002, la nouvelle loi fédérale sur les agents thérapeutiques donnera à l'OICM les moyens légaux de poursuivre pénalement ce genre d'abus.

Ben mon côlon!

Toutes les ficelles ne sont pas aussi grosses. Serono, qui avait recruté, par le biais d'un magazine de patients, des volontaires pour tester son nouveau médicament contre la sclérose en plaques, s'est quand même fait tirer les oreilles. L'investigateur mandaté par la firme genevoise avait «omis» de soumettre l'annonce au comité d'éthique ad hoc. L'OICM a brièvement interrompu le recrutement, le temps pour Serono de se mettre en règle. Novartis n'a pas fait mieux. Des dizaines d'annonces cherchant des patients souffrant du syndrome du côlon irritable ont été publiées dans la presse. Une formule que Gregor Schubiger, président du comité d'éthique de Suisse centrale, a le premier refusé d'approuver: «J'ai attiré l'attention de l'OICM. Pas de réaction. Quelle ne fut pas ma surprise de retrouver soudain cette annonce dans le "Tages-Anzeiger".»

Explication de Novartis? Giuseppe Plebani, responsable des études cliniques en gastro-entérologie, précise: «Nous essayons de privilégier les journaux locaux. Mais dans le cas d'un journal suprarégional, nous prenons en compte son siège et demandons l'accord du comité d'éthique de la région.» Et quid des Lucernois qui lisent le «Tagi»? Une épineuse question. Au pays du fédéralisme, on peut épiloguer sans fin sur les accords indispensables à une recherche et sur les subtilités cantonales. Pas vraiment sans fin: l'OICM est aussi d'avis que seul compte «le bassin naturel» de lecture d'un journal. Pour Novartis, l'honneur est sauf.

Cela tombe d'autant plus à pic que l'entreprise n'aurait pas obtenu l'accord de Lucerne. Le comité d'éthique estimait qu'il était «intolérable d'utiliser ainsi la détresse des patients». On peut aussi se demander si cette notion de territorialité est défendable lorsque l'annonce parue en allemand précise que l'on recherche des volontaires «en Suisse alémanique, dans les cantons de Vaud, du Valais et du Tessin». Jean-Christophe Méroz précise pourtant: «Pour nous, ce cas est classé. Il s'agissait plutôt d'un malentendu.»

Un malentendu? Fribourg, Neuchâtel et le Jura ont réglé le problème autrement. Le comité d'éthique des trois cantons a non seulement refusé l'annonce, mais également la recherche. Son président, l'oncologue Dominique Piguet, s'en explique: «J'avais un doute. Cette démarche semble être plus une publicité cachée qu'une réelle étude scientifique.» Et dans le doute, il préfère s'abstenir: «Nous n'avons absolument pas le temps ni les moyens de vérifier et de contrôler les protocoles. L'OICM non plus d'ailleurs.»

Détails piquants: Novartis vient de retirer la demande d'homologation de son nouveau médicament pour le traitement du syndrome du côlon irritable auprès des autorités européennes. Motif? «Des divergences concernant la pertinence des effets cliniques observés et la méthodologie de certaines études précliniques», selon le communiqué de presse de la firme. Le 18 juin, les autorités américaines refusent à leur tour l'approbation du même médicament. Et requièrent des données supplémentaires quant à l'ablation de la vésicule biliaire effectuée chez des patients traités par ce produit.

L'annonce «côlon irritable» renvoie aussi à un numéro de téléphone gratuit, cette fois sans nom d'entreprise. Même si la personne qui décroche répond «Allô, centre d'étude des médicaments», il s'agit en fait d'un employé de Telag, un call center. Daniel Billo, chef de projet chez Telag, vante les mérites de ses téléphonistes: «Ils sont bilingues, ont suivi une formation interne, sont disponibles la nuit si nécessaire.» Avant d'ajouter: «Mais ils n'ont aucune formation médicale.» Cette semaine, Novartis a attiré son attention sur la «nervosité» de certains comités d'éthique. Daniel Billo prépare donc une lettre rassurante sur la qualité de ses services. Giuseppe Plebani, de Novartis, souligne: «Nous n'avons jamais eu de problèmes spécifiques avec les call centers. En tant que sponsor, nous ne pouvons pas avoir de contact direct avec les patients.»

E. Rudolf Froesch, président du comité cantonal d'éthique zurichois, est lui d'autant plus choqué par l'utilisation d'un call center que le OK zurichois à Novartis a été accordé par une sous-commission d'éthique: «Il aurait dû être visé par nous. C'est une négligence de notre part. Je le déplore d'autant plus que je n'approuve les annonces qu'à la condition que l'approche se fasse par un médecin. Ce n'est pas à un novice de poser des questions médicales.» Chez Telag, on s'inquiète pourtant de la date de votre dernière côlonoscopie, d'éventuelles douleurs au bas-ventre ou de la régularité et de la consistance de vos selles.

Drague à Migros

Ces trois études ont un point commun: elles concernent des médicaments déjà sur le marché ou, dans le cas de Novartis, un remède annoncé pour l'été. Le professeur Pierre Dayer (lire interview) n'est pas le seul à se demander si elles ne constituent pas en fait de simples opérations marketing. Il semble bien que certaines entreprises aient l'art de draguer le client, comprenez le patient. Novartis sponsorise ainsi des petits déjeuners gratuits organisés par la Société suisse de diabétologie dans des cafétérias Migros. Motif? «Sensibiliser la population au diabète de type 2», expliquait Novartis à la «Balser Zeitung». L'entreprise vient de mettre sur le marché un médicament contre cette affection. Elle se propose de le tester sur 8000 patients dans le monde souffrant de tolérance déficiente au glucose, d'IGT en anglais dans le texte. «Des gens sains, mais dont 5% risquent de développer un diabète de type 2», précise la firme. Une forme de diabète qui peut souvent se résorber grâce une alimentation correcte et de l'exercice physique. Au cours de ces agapes matinales, on mesure le taux de glucose dans le sang des volontaires à jeun puis après le petit déjeuner. On conseille aux cas d'IGT ainsi dépistés de s'adresser à leur médecin. Et on les rend attentifs à l'étude à venir, donc aux bénéfices d'un éventuel produit miracle.

Publicité ou non? Recrutement de volontaires ou pas? L'OICM a l'intention d'écrire à Novartis pour lui demander des explications. A la fin du mois, un rendez-vous avec les représentants des entreprises pharmaceutiques est en outre planifié. Thème: le recrutement de volontaires par petites annonces de presse. Le professeur Burnier, du comité d'éthique vaudois, s'inquiète lui déjà du passage à internet: «Ce sera encore moins contrôlable. Nous avons d'ailleurs refusé un cas.» Il peut. Sur le site de Novartis, le lien «recrutement de patients via internet» est déjà prêt: «Vous trouverez prochainement des informations relatives à des études cliniques auxquelles vous pourriez participer.» A l'OICM, donc, de ne pas être en retard d'une guerre.

Que l'objectif d'une entreprise soit de faire des bénéfices, personne n'en doute. Plus délicat est le rôle des médecins qui acceptent de marcher dans la combine. Max Giger, membre du comité central de la FMH, met en garde ses troupes contre ce qu'il considère comme une dérive: «Les entreprises se jettent directement sur le consommateur potentiel. Dans la même veine, il existe depuis peu un groupe de défense des patients souffrant de sclérose, soutenu par Serono. Un groupe de défense des malades du côlon irritable, soutenu par Novartis.» Le diabète lui semble aussi un excellent exemple: «C'est un marché d'avenir. Il existe déjà 160 000 malades du diabète de type 2. Et plus on en découvre, plus on en traite.»

Le gastro-entérologue s'inquiète aussi pour l'explosion des coûts de la santé. Un exemple? «Le médicament traditionnel contre le diabète de type 2 coûte moins de 36 francs par mois au patient. Les nouveaux produits de Novartis et de Takeda coûteront entre 90 et 130 francs, pour des résultats identiques.» Max Giger ajoute: «Dans les prochains mois, les coûts des diabétiques vont doubler, voire tripler.» Une facture dont tout le monde fera les frais: «Depuis cinq ans, l'augmentation des coûts des médicaments génère à elle seule une hausse des primes maladie de 2% par an.»

Certaines entreprises pharmaceutiques semblent développer un penchant immodéré pour la zoologie. D'abord cobayes, ensuite pigeons. Et demain? «Paie, mon cochon!»

Tester des médicaments: les méthodes de recrutement sauvages peuvent être dangereuses.

Novartis a publié des dizaines d'annonces cherchant des patients souffrant du syndrome du côlon irritable. Une formule refusée par le président du Comité d'éthique de Suisse centrale.

VIAGRA La firme qui a lancé le médicament recrute des cobayes à tour de bras. «C'est scandaleux, attaque un membre du comité d'éthique zurichois. L'industrie a toutes les ruses pour faire de la pub».

«Autant draguer les toxicos»

L'un des pères de la réglementation sur les essais cliniques, le médecin-chef de pharmacologie

aux HUG Pierre Dayer, dénonce les dérapages de l'industrie.

Recruter des volontaires par petites annonces, c'est une nouvelle mode?

Incontestablement. Et une mode en recrudescence depuis quelques mois.

Cela vous inquiète?

Oui, dans la mesure où j'ignore quel pourcentage de ces annonces dissimule, sous couvert d'études scientifiques, des opérations marketing dont le but est d'accrocher des patients à de nouveaux traitements.

Faire des essais pour un médicament déjà en vente, n'est-ce pas saugrenu?

Cela peut se justifier. Ces essais - dits de phase IV - permettent de mieux cibler la tolérance et la performance des médicaments. Dans certains cas, on n'accepte leur mise sur le marché que sous surveillance. Ces essais ne sont pas tous promotionnels.

Des annonces qui renvoient à un numéro gratuit unique. Tolérable?

C'est un dysfonctionnement. Elles attirent les volontaires vers d'autres cantons, sans que le comité d'éthique de leur domicile soit informé. Or les comités ont une responsabilité territoriale et sont nommés ou reconnus par l'autorité cantonale justement pour protéger les patients.

Y a-t-il danger?

En répondant à des annonces dans un autre canton, on s'expose à de sérieux risques d'être abusé. De plus, le recrutement de volontaires malades ou sains est un acte médical. Il ne doit pas être confié à des employés de «call center», même formés au télémarketing. Est-ce que vous mettriez votre confiance en quelqu'un d'anonyme? C'est insensé!

Vous êtes a priori contre ces annonces?

Pas forcément, à condition qu'elles respectent les règles. Il s'agit de mieux coordonner les différents partenaires, afin d'éviter ces failles dans lesquelles certains n'hésitent pas à se glisser. J'attends beaucoup de l'application de la loi fédérale sur les agents thérapeutiques.

Que pensez-vous des dédommagements financiers?

Ils sont problématiques, surtout dans le cas de malades. On sait que la profession de cobaye existe. Mais mettre une annonce dans un supplément emplois, c'est aussi inacceptable que d'aller «draguer» chez les toxicomanes.

Que pensez-vous des firmes qui sponsorisent des petits déjeuners gratuits à la Migros pour dépister des maladies ou faire de la pub pour des programmes de recherche?

J'en veux surtout aux médecins qui se prêtent à ce jeu. Ils ne sont tout simplement pas à la hauteur. Faire du dépistage - et du recrutement - dans une cafétéria de supermarché, c'est inacceptable! Mais ce sont des méthodes publicitaires bien connues. Dans la perspective d'un nouveau médicament, les firmes élaborent un plan commercial grand public, alors même que la publicité est interdite.

Leur but?

Passer directement du producteur au consommateur. Pensez-vous que cela soit un hasard si tous les journaux s'emparent en ce moment de certains sujets, obésité, impuissance ou côlon irritable? On cherche à court-circuiter les intermédiaires, à savoir les médecins. Il faudrait donner des cours aux enfants sur la relation au médicament, comme pour la drogue ou l'alcool.

Quel conseil donnez-vous au malade séduit par ce type d'annonce?

Les maladies chroniques touchent une population fragilisée, centrée sur ses problèmes et prête à tout pour la solution miracle. Le danger est de se retrouver englobé dans une action commerciale, sans aucun bénéfice pour sa santé. Très peu de nouveaux produits apportent une réelle valeur ajoutée. Le patient doit s'offrir un «avocat» en demandant l'avis de son médecin. Celui qui veut jouer en Bourse sans être financier a intérêt à s'adresser à son banquier.

Propos recueillis par Marie Abbet

PIERRE DAYER




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