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Pierre Keller mis au défi

Mis en ligne le 19.05.2005 à 00:00

L'Hebdo; 2005-05-19

Pierre Keller mis au défi «Le réseau de la semaine: Pierre Keller le roi soleil de l'ECAL» L'Hebdo N° 18

Dans le portrait en majesté que lui consacre L'Hebdo, Pierre Keller, directeur de l'ECAL, s'inspirant du mot prêté à Staline (!), s'en prend aux «écoles d'art du bout du lac» (et indirectement à leurs directeurs) qui ne manquent pas d'air: «Tout ce qui est à elles est à elles, et tout ce qui est aux autres doit se partager avec elles.»

Cela a beaucoup amusé, de Genève à Vevey et jusqu'aux contreforts de l'autre grand lac romand.

En effet, bel exemple de ce que la psychanalyse caractérise comme projection inconsciente.

Je mets pour ma part Pierre Keller au défi de donner un seul exemple de domaine que nous voudrions ravir à Lausanne. La réalité est exactement inverse. S'agissant du seul terrain sur lequel nous sommes concurrents, le cinéma, c'est l'ECAL qui, au sein du Réseau Cinéma Suisse, s'est évertuée, sous divers prétextes, à en écarter l'ESBA (Ecole supérieure des beaux-arts, ndlr), qui assure pourtant un enseignement repéré du cinéma depuis plus de trente ans, auquel elle consacre des moyens très importants.

Mais là encore notre position n'est pas de promouvoir l'ESBA plutôt que l'ECAL. Nous revendiquons simplement, à l'encontre de toute exclusion, que soit trouvée une complémentarité intelligente et équilibrée entre les écoles romandes. C'est là une position fort peu belliqueuse. Mais il semble que pour Pierre Keller, refuser de disparaître en s'effaçant sous son ombre auguste, soit déjà faire preuve d'une intolérable outrecuidance.

Nous voilà bien revenus à l'ancien régime de droit divin que suggérait votre titre.

Jean-Pierre Greff, directeur de l'ESBA, Genève merci, me poncet... «Lettre ouverte à Jean Ziegler par Charles Poncet» L'Hebdo N°19

Merci Me Poncet de nous

sortir du ronron soporifique où nous plonge trop souvent la presse romande. Il existe une inhibition généralisée chez les gens de plume de ce pays qui se complaisent dans un journalisme mouton qui génère une presse gnangnan assommante. Il manque des «têtes à claques» de votre espèce, sympathiques et talentueuses qui osent bousculer les tenants du discours dominant et affronter leurs foudres. Votre épître à saint Jean est un modèle du genre: pertinente, narquoise,

élégante.

Jeanine Sumi, Genève mais, me poncet! «Lettre ouverte à Anne-Catherine Lyon et Charles Beer par Charles Poncet» L'Hebdo N° 15

Assis confortablement dans votre étude, est-il possible que vous vous abaissiez à insulter et salir ainsi ceux qui sur le front de la culture se battent quotidiennement face à l'analphabétisme dans le cadre de réformes qu'on leur a imposées et qui compliquent leur tâche. Si les radicaux ont légué «l'enseignement public, universel, obligatoire, laïc et gratuit», n'est-ce plus le cas? Monsieur Poncet, la société a changé, convenez-en! Etes-vous allé voir ce qui se passe dans une classe? Vous prétendez qu'on ne fait plus de dictées. Faux. Vous dites que les élèves n'apprennent plus de poèmes par coeur. Encore faux. L'enseignement du français ne va pas sans mal, mais nos élèves connaissent quantité d'autres langues, richesse immense pour l'avenir de notre pays. Un jour, vous-même, vous aurez besoin de ces compétences dans votre chère étude! (...)

Alain Guerdat, enseignant, Grand-Saconnex (GE) qui sont ces démolisseurs? Editorial «L'Europe pue le bouc... émissaire» et la chronique de Jacques Pilet «L'Europe face à ses démolisseurs» L'Hebdo N° 13

Comme les cabris du général de Gaulle, Denis Etienne et Jacques Pilet sautent sur leur chaise en répétant «l'Europe, l'Europe, l'Europe» et fustigent les opposants à la future Constitution européenne, qui prennent prétexte de cette votation pour exprimer leurs craintes. Est-il cependant permis de prendre la défense de ceux-ci en présentant deux de leurs arguments, l'un politique, l'autre économique?

Politique: l'admission logique mais perçue comme trop rapide de dix pays de l'Est européen a brouillé la lisibilité historique de l'UE. Le laxisme qui semble prévaloir actuellement pour les conditions d'admission posées aux nouveaux pays demandeurs, en 2007, la Bulgarie et la Roumanie, puis ensuite la Turquie, ne compte pas pour rien dans la contestation des institutions européennes et la défiance qu'elles inspirent. (...)

Economique: durant toutes les années nonante, les pays de la Communauté européenne ont mené des politiques économiques volontaristes afin de réduire l'endettement, contenir les déficits publics, abaisser les taux d'intérêts et limiter les hausses de prix. Les pays partenaires ont ainsi pu créer en 2002 une monnaie commune (...). Ces politiques déflationnistes ont entraîné une décennie de hausse du chômage et de stagnation du pouvoir d'achat. A partir de 2004, cette politique de rigueur a commencé à porter ses fruits: la Banque Centrale Européenne a obtenu une certaine crédibilité internationale, l'euro est devenu une monnaie forte face au dollar, les banques centrales japonaise et chinoise commencent à privilégier la monnaie européenne dans leurs réserves de change.

Or, plutôt que de tirer parti de cette situation nouvelle en investissant massivement dans l'économie mondiale en croissance, les autorités européennes viennent de décider d'assouplir le Pacte de stabilité adopté en 1997 et ouvrent l'accès de la monnaie commune à qui en fera la demande. (...)

Si la nouvelle Constitution est adoptée, la Banque Centrale Européenne perdra également de son indépendance en étant soumise au Parlement. L'Euro fort risque bien d'avoir vécu et le dollar va recevoir la bouffée d'oxygène dont il a besoin pour recouvrer sa suprématie interna-tionale. (...)

Jean-Pierre Palix, Neuchâtel droit de mourir «Ces Suisses qui veulent mourir dans la dignité...» L'Hebdo N° 11

Il règne la plus grande hypocrisie au sujet de l'euthanasie car il arrive, ici aussi, que des médecins, à la demande du patient de l'entourage ou même de leur propre initiative, administrent un cocktail lytique au malade, le faisant passer de vie à trépas en l'espace de quelques minutes ou heures. Et cela en toute impunité.

Exit ne pratique pas l'euthanasie mais l'assistance au suicide. La personne qui veut mourir doit être capable de boire seule la potion mortelle. La mort n'est généralement pas immédiate, comme elle le serait avec une injection, mais intervient au bout de quelques heures, pendant lesquelles il faut veiller la personne et assister à son agonie. D'autre part, Exit n'accepte d'aider à mourir que des personnes en phase terminale d'une maladie incurable.

Il n'y a donc aucun droit de mourir chez nous mais seulement un droit du médecin de décider s'il vous aidera ou non à mourir. La conséquence en est que des personnes, bien décidées à en finir avec la vie, sont obligées de recourir à des méthodes violentes, pas sûres, très traumatisantes pour elles et pour leur entourage. On se jette sous le train ou du haut d'un pont, on se tire une balle dans la tête, on se pend, etc. C'est horrible pour tout le monde.

Il est à la mode de stigmatiser les suicides, de culpabiliser ceux qui y recourent et les pauvres familles en cause. Personnellement, si je suis pour aider les gens en détresse, je suis aussi pour le droit des personnes de choisir de mourir et je voudrais qu'elles puissent le faire dignement et sûrement.

Adrienne Szokoloczy-Grobet, Veyrier




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