Police
Pierre Nidegger: "La Suisse aura sa police nationale"
PIERRE NIDEGGER. Le premier policier de Suisse veut intégrer la moitié des gardes-frontière dans les polices cantonales. Mais il voit encore plus loin: il rêve d’une police nationale.
Que faire des 2000 gardesfrontière? «Il faut les transformer en une réserve fédérale intégrée dans les polices cantonales», répond Pierre Nidegger, chef de la police fribourgeoise et président de la Conférence des commandants des polices cantonales de Suisse (CCPCS). Mais le premier «flic» du pays va plus loin. Il plaide pour une réforme en profondeur du système policier helvétique. Une révolution même. Imaginez qu’il rêve d’une police nationale sous la direction d’un Département fédéral de la sécurité.
Existe-t-il une guerre des polices entre les gardes-frontière (Cgfr) et les forces de l’ordre cantonales?
Non. Mais c’est vrai que la présence des gardes-frontière à l’intérieur du pays pose parfois problème aux polices cantonales. Leurs actions de contrôles d’identité peuvent doublonner avec les nôtres quand elles ne sont pas coordonnées. Et surtout, nous avons des retours inquiets de la part de la population qui ne comprend pas ce que des gardes-frontière font dans un intercity entre Fribourg et Berne. Si loin de la frontière.
Justement, les frontières n’existent plus depuis notre entrée dans Schengen…
C’est d’ailleurs dommage que les gardes-frontière ne fassent pas plus de contrôles à la frontière. Avant, ils avaient un immense succès sur les points de passage. Mais ils ne peuvent plus à cause de Schengen. Cela dit, est-ce que les gardes-frontière doivent faire du maintien de l’ordre désormais? Je ne le pense pas. A chacun ses missions. Et surtout rien ne dit qu’ils sont bien formés pour cela. A mon sens, ils doivent être mieux engagés pour éviter les doublons, ou alors il faut revoir leur mission.
Comment?
Certains imaginent qu’on pourrait s’en passer. Ce n’est pas mon avis. Les gardes-frontière sont des éléments très importants de notre sécurité. Mais aujourd’hui, il faut avoir le courage de les restructurer en réduisant de 2000 à 1000 le nombre d’agents de ce corps fédéral. Ceux qui restent s’occuperaient des tâches douanières comme aujourd’hui. Enfin, tant que la Suisse n’a pas intégré l’Union douanière européenne. Après, la raison d’être même du Cgfr aura disparu.
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