Territoire
Pierre-Alain Rumley: «Le fédéralisme actuel est dépassé»
INTERVIEW. Repenser une Suisse dans une logique de métropole. Illusoire? Le processus pourrait aboutir dans dix ou vingt ans. Pierre-Alain Rumley s’en explique.
Vous sentez-vous Neuchâtelois, Suisse ou Européen?
Les trois, bien sûr, mais je suis aussi un Covasson, un habitant de Couvet dans le Val-de-Travers, et un Vallonnier comme on dit ici. J’y suis né et y ai vécu longuement, ce qui ne m’a pas empêché d’aller étudier à Zurich, puis travailler à Berne.
Mais laquelle de toutes ces identités vous est la plus chère?
Je me considère d’abord comme un citoyen européen, comme l’était Denis de Rougemont, lui aussi un Covasson d’ailleurs! Selon moi, la Communauté, puis l’Union européenne représentent un projet extraordinaire et je désespère de voir la Suisse en rester à l’écart. En tout cas, mon identité cantonale n’est pas assez forte pour m’empêcher d’imaginer un canton de l’arc jurassien!
Un Romand sur deux ne vit plus dans le canton où il est né. Les gens s’identifient-ils toujours d’abord par rapport à leur canton?
Dans certains cantons, cette identité est très forte, comme en Valais ou en Appenzell. Je n’ai jamais encore entendu un Valaisan me poser une question sur Neuchâtel, il ne s’y intéresse pas. En revanche, dans les métropoles, où le brassage de population est grand, l’identité cantonale est moins marquée.
Y a-t-il un röstigraben dans la perception du territoire?
Non, ce n’est pas une question de langue, mais de type de territoire. Dans tout l’arc alpin, l’approche des problèmes est très semblable.
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Tags: Pierre-Alain Rumley, aménagement du territoire, fédéralisme, La Suisse demain,
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