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Avez-vous «souffert» du fédéralisme lorsque vous étiez directeur de l’Office fédéral du développement territorial?
C’est vrai qu’à ce poste-là, j’ai pu mesurer les limites du fédéralisme actuel. Lors de certaines conférences, il m’est arrivé de faire face à 26 directeurs cantonaux de l’Aménagement du territoire. Souvent, nous n’avancions pas beaucoup, car ces 26 conseillers d’Etat ne parvenaient pas à dégager une vision globale. Chaque directeur avait tendance à louer sa manière de résoudre les problèmes et voulait que les autres le suivent. Je me souviens d’une discussion sur les particules fines. Nous avons tourné en rond pendant des heures.
Est-ce à dire que le fédéralisme tel qu’on le glorifie dans les discours est mort?
Non. Il n’est justement pas mort, puisque tant de politiciens le perpétuent dans les faits. Il m’est arrivé d’assister à une Landsgemeinde. C’est peut-être génial comme démocratie de proximité. Mais est-ce encore adapté pour relever les défis de l’avenir? Non, bien sûr! Même le Conseil fédéral estime que le fédéralisme s’essouffle et qu’il existe un risque rampant de centralisation. Cela dit, en plaidant pour «moins de cantons, mais plus forts», je pense que le fédéralisme s’en trouverait redynamisé plutôt qu’affaibli.
Pourquoi neuf cantons, et non pas quinze ou vingt?
Il faut réfléchir dans une logique de métropoles, qui sont une réalité d’aujourd’hui. A chaque fois, j’ai imaginé des cantons autour de grandes villes, sauf dans deux cas, le Jura et l’arc alpin. Je suis persuadé que ces nouveaux cantons gagneront en dynamisme. Ces fusions sont nécessaires, car les régions européennes voisines de Munich, de la Ruhr ou de Milan affichent en ce moment un plus fort taux de croissance qu’en Suisse.
| Dossier 'Canton de Neuchâtel' | | |
Tags: Pierre-Alain Rumley, aménagement du territoire, fédéralisme, La Suisse demain,
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