Décryptages
Pilotage fin, par gros temps
Pas plus que lors de leur précédente réunion, les membres du G20 n’ont réussi à dessiner, à Toronto, un canevas d’actions commun. A situations trop contrastées – de bulles d’actifs gonflant allégrement en Chine à langueur durable en Europe, en passant par une croissance annoncée vigoureuse aux Etats-Unis –, remèdes différents à prescrire. Chaque pays tentera son propre pilotage de fin de sortie de crise. Si tant est que ce soit bien la voie de la sortie qui se dessine dans le brouillard ambiant... Le pilotage se fera de toute façon par gros temps, à visibilité réduite. La Banque des règlements internationaux (BRI) n’hésite pas à pointer un risque de rechute de l’économie mondiale. Les effets secondaires des soins intensifs prodigués jusque-là par les gouvernements et les banques centrales n’étant pas sans danger pour la malade. Quant au Conseil de stabilité financière, il prône une mise en œuvre baptisée «progressive» de Bâle III. Soit à partir de 2012, et non plus jusqu’à cette date butoir. La nuance est de taille. Un délai de grâce accordé pour ne pas affaiblir des banques européennes déjà mal en point. Et ne pas définitivement transformer en Arlésienne une reprise mondiale et, surtout, européenne, aussi timide que mal assurée. Faute d’instruments de navigation éprouvés pour traverser l’explosion d’une bulle de crédit, le pilotage dit «fin» se fera au jugé.
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