Irak
Pire attentat en deux ans à Bagdad
LES FAITS Deux attentats simultanés ont touché Bagdad le 25 octobre. Les voitures piégées ont explosé à 10 heures 30, heure de grande affluence, devant le Ministère de la justice et devant le gouvernorat. Ce quartier administratif situé au cœur de la ville borde la zone verte, bien plus protégée, qui abrite par exemple l’ambassade américaine. L’attaque a fait environ 150 morts et 700 blessés, dont beaucoup brûlant dans leur voiture n’ont pas pu être extraits à temps par les pompiers. Cet attentat rappelle celui du 19 août dernier, qui avait coûté la vie à une centaine de personnes devant le Ministère des affaires étrangères.
LES COMMENTAIRES Le Guardian explique que «des restrictions au trafic avaient été instaurées après l’attaque d’août, qui limitaient les camions d’une tonne dans cette zone. (...) Or, les caméras de surveillance situées sur le bâtiment (d’en face) ont révélé que la bombe contre le Ministère de la justice était véhiculée par camion. Un fait qui - s’il est confirmé - promet d’intensifier les critiques contre les forces de sécurité qui semblent incapables, ou non déterminées, d’imposer leur volonté.» Sur la chaîne BBC, Gabriel Gatehouse constate qu’il s’agit «de la pire attaque en deux ans dans un pays où la sécurité est censée enfin s’améliorer, lentement. La plupart du temps, le pays semble plutôt sûr. Mais ce sentiment de sécurité peut être trompeur.» C’est justement dans ce contexte de stabilisation que «les murs anti-explosions avaient été retirés de ces deux bâtiments, au cours des dernières semaines», rappelle le New York Times. Le Monde renchérit: «Le premier ministre, Nouri Al-Maliki, a bâti sa crédibilité sur l’amélioration de la situation sécuritaire. (...) Les doutes des Irakiens sur la capacité de leur armée à les défendre, au moment où les Etats-Unis retirent leurs troupes, ne peuvent que se renforcer.»
À SUIVRE L’approche des élections de janvier prochain intensifie les tentatives de déstabilisation du pays de la part des groupes proches d’al-Qaida et des anciens du parti Baas. Le premier ministre Nouri Al-Maliki, qui a justement voulu souligner l’amélioration des conditions de vie des Irakiens, pourrait pâtir de ces attaques dans sa campagne à sa propre succession.
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