Ce documentaire récemment diffusé par la BBC a pour particularité d’avoir été tourné par les chimpanzés du zoo d’Edimbourg, dans le cadre d’une étude scientifique. On leur a confié une caméra spécialement renforcée et moteur!
Un critique dont la bienveillance confinerait à l’idiotie pourrait décréter que l’image bouge comme chez Paul Greengrass et tremble comme chez Lars von Trier; il pourrait encore relever que ces cinéastes délicieusement primitifs poussent l’amour du très gros plan, inventé par Sergio Leone, jusqu’à lécher l’objectif; voire qu’ils procèdent à un «déchiffrement communiste du monde réel», comme Dziga Vertov… En fait, ils ont juste fait les singes avec la caméra. Ne les blâmons pas: Michael Youn ou Kad Merad ne font pas mieux dans les gaudrioles que la France produit… Mais, curieusement, les chimpanzés cinéastes sont picturalement moins doués que les éléphants qui peignent.
Contrairement à ce qu’affirment les chercheurs, ces images dictées par le hasard ne nous renseignent guère sur la vision que les singes ont du monde. En revanche, elles nous racontent ce que l’on sait déjà: de son propre chef, Koko le gorille qui parle se dirigera plus volontiers vers la bananeraie que vers le Learning Center. Finalement, ce film nous renseigne davantage sur notre anthropocentrisme incurable que sur l’âme de nos cousins velus – auxquels on n’apprendra pas à faire des grimaces.
CES CINÉASTES POUSSENT L’AMOUR DU TRÈS GROS PLAN JUSQU’À LÉCHER L’OBJECTIF.
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