«Un de nos plus gros défis est de dévouer notre temps de manière équilibrée entre les sujets liés au passé et ceux qui devraient nous préoccuper pour notre avenir», a lancé Patrick Odier, président de l’Association suisse des banquiers (ASB), en introduction d’un point de presse à Genève.
De fait, le passé est largement sous les feux de l’actualité: de la contestation par les Länder allemands de l’accord sur l’impôt libératoire, récemment conclu avec Berlin, à la volonté suisse de conclure un accord global avec les Etats-Unis, en passant par les contacts des autorités helvétiques avec d’autres pays européens potentiellement intéressés à un impôt à la source sur les avoirs jusque-là non déclarés de leurs ressortissants ou les fins de non-recevoir d’autres membres de l’Union européenne.
Reste que penser l’avenir est essentiel pour les banques suisses. Il en va tout simplement des emplois que la finance pourra offrir demain dans ce pays. Les banques, elles, «sont mobiles», a rappelé le président de l’ASB. Au nombre des activités à renforcer ici: «L’asset management lié à la gestion de fortune, en développant de nouveaux métiers dans la gestion alternative, le private equity ou la gestion des matières premières.»
Métiers souvent méconnus; à l’instar du négoce de matières premières ou des conditions de son financement, importantes pour la place financière genevoise. L’ASB est ainsi intervenue auprès du Comité de Bâle – a indiqué Claude-Alain Margelisch, son directeur général – pour s’opposer à une première mouture des règles de Bâle III qui prévoyait 100% de fonds propres pour cette activité alors qu’elle est déjà sécurisée par des garanties collatérales.
L’ASB plaide également pour une amélioration de l’infrastructure bancaire. Poussées à mutualiser les coûts induits par la future mise en oeuvre des accords fiscaux conclus avec l’Allemagne et l’Angleterre – et peut-être demain avec d’autres pays – les «banques suisses pourraient transformer cette contrainte en avantage compétitif», imagine Patrick Odier.
Une infrastructure bancaire modernisée, à la pointe de la sécurité, serait, par exemple, bien adaptée à la future internationalisation de la monnaie chinoise.
Mise en oeuvre du «too big to fail». Se félicitant de la nomination de Philipp Hildebrand au poste de vice-président du Conseil de stabilité financière (FSB), le président de l’ASB a relevé que cette organisation sera en charge de la mise en oeuvre des dispositions applicables aux banques présentant un risque systémique. Le président de la BNS «pourra ainsi s’assurer d’une bonne cohésion internationale sur ce point.»
Une vigilance utile alors qu’UBS et Credit Suisse respectent déjà des normes minimales de fonds propres plus exigeantes que celles jusque-là imposées à leurs homologues européennes ou américaines. Soucieuse d’améliorer les conditions-cadres en Suisse, l’ASB imagine aussi de futures carrières financières plus proches de ce qui se pratique dans le monde anglo-saxon, «avec des experts passant de la banque aux autorités de régulation».
Un parcours professionnel pourrait ainsi se dérouler en partie dans les banques, en partie à la Finma. «Ce n’est pas parce que quelqu’un aura développé une compétence dans un poste précédent qu’il vivra un conflit d’intérêts», a plaidé Patrick Odier.
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