Produits structurés
Plus de risque émetteur
Innovation. La place financière suisse accueille les tout neufs COSI. Ils gomment le risque émetteur, via un nantissement.
La faillite de Lehman Brothers et ses répercussions sur les détenteurs de structurés émis par la célèbre banque d’investissement américaine avait ébranlé la confiance dans ces produits sophistiqués qui constituent une activité phare de la place financière suisse; dont la bourse spécialisée, Scoach, n’a rien à envier à ses homologues de plus grande taille. D’où l’idée, très vite débattue, de créer des produits structurés garantissant le risque de faillite de l’émetteur.
La banque Vontobel, leader du marché helvétique des produits structurés, avait annoncé il y a peu son intention de lancer sur le marché d’ici à la fin de l’année ces structurés d’un nouveau genre (voir le Supplément finance de L’Hebdo du 17 septembre). C’est chose faite: les COSI – pour «Collateral Secured Instruments» ou Certificats garantis par nantissement – sont désormais proposés aux investisseurs. Konrad Hummler, associé gérant de la banque privée Wegelin, salue dans son «Commentaire d’investissement» d’octobre cette création comme un des signes d’une capacité plus grande que prévue des acteurs économiques – ici la place financièr suisse – à réagir à la crise. De fait, l’acheteur d’un structuré pourra ainsi à nouveau se concentrer sur le potentiel et les risques propres à ce produit sans se préoccuper, en sus, des conséquences pour son placement d’une éventuelle faillite de l’émetteur.
Conséquences jusqu’ici potentiellement désastreuses: sur le plan juridique, les produits structurés sont des titres obligataires au porteur dont l’exécution engage l’émetteur indéfiniment. En clair, comme de nombreux épargnants à travers le monde l’ont douloureusement constaté l’an dernier: en cas de faillite de l’émetteur, celui qui possède un produit structuré peut perdre la totalité de son investissement...
Garantie. Le mécanisme imaginé par la Bourse suisse – SIX Swiss Exchange –, la Bourse suisse des produits dérivés – Scoach – et les émetteurs de structurés pour pallier ce risque est simple dans son principe: l’émetteur d’un structuré constitue une garantie par nantissement auprès de la Bourse suisse. La valeur de cette garantie – constituée de liquidités ou de valeurs mobilières appartenant à la liste des titres admis en pension par la BNS – doit être au moins égale à celle des produits émis, plus une marge de sécurité. Deux sociétés indépendantes sont chargées de l’évaluation des garanties lors de l’émission.
Par la suite, tant la valeur d’un certificat garanti par nantissement que la sûreté constituée par son émetteur varieront quotidiennement sur le marché. En cas de défaillance de l’émetteur, la garantie serait réalisée et l’investisseur en possession d’un certificat garanti par nantissement percevrait un montant de réalisation. Montant qui pourrait, selon les cas, être inférieur à la somme qu’il espérerait empocher à l’échéance des certificats. Comme toute sécurité, le nantissement aura un coût pour l’acheteur d’un structuré garanti. Coût qui rognera le rendement net espéré.
L’ÉMETTEUR D’UN STRUCTURÉ CONSTITUE UNE GARANTIE PAR NANTISSEMENT AUPRÈS DE LA BOURSE SUISSE.
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