Plus de vacances!
Par Geneviève Ruiz - Mis en ligne le 13.11.2008 à 06:00
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Loisirs. «Travail.Suisse» a récolté plus de 80 000 signatures afin d’accorder deux semaines de congé supplémentaires.
Beaucoup de labeur et peu de farniente. Les travailleurs suisses bénéficient de trois semaines de vacances de moins que leurs homologues européens. Selon une étude de l’OCDE réalisée en 2007, la Suisse se situe même en queue de classement, à égalité avec la Grande-Bretagne et la Hollande, mais loin derrière la Finlande ou la France. Une situation qui a amené Travail.Suisse à lancer une initiative pour réclamer l’inscription de six semaines de congé dans la Constitution, au lieu de quatre actuellement. Lancé en décembre 2007, le texte a déjà récolté plus de 80000 signatures et doit être déposé en juin 2009. «Nous rencontrons un succès massif auprès de toutes les générations, assure Martin Flügel, président de Travail.Suisse. Nous touchons à une préoccupation majeure des gens, liée à leur qualité de vie.»
Si la perspective séduit évidemment les employés, elle répond à un besoin de justice, selon l’organisation syndicale. «Nous estimons que la hausse de la productivité des travailleurs (+13,8% entre 1992 et 2004 selon l’Office fédéral de la statistique) n’a pas été compensée par une augmentation des salaires, indique Eva Linder, responsable de la campagne. Davantage de temps de repos permettrait de diminuer le stress dont les coûts, faut-il le rappeler, s’élèvent à 4,2 milliards de francs par an pour l’économie.» Il s’agit en outre de remédier aux disparités «arbitraires et injustifiées» entre secteurs d’activité et tranches d’âge: la moitié des employés bénéficient en fait de cinq semaines, voire de six après 50 ans. Entre un employé dans une assurance de 60 ans et un agriculteur de 35 ans, la différence peut aller du simple au double.
Comme on l’imagine, le projet n’est pas accueilli partout avec le sourire. Une semaine de vacances en plus représenterait un investissement d’environ 2% de la masse salariale. «Imposer six semaines de congé en bloc signifie prendre l’économie à la gorge», affirme Ruth Derrer Balladore de l’Union patronale suisse. Certains secteurs ne peuvent pas se le permettre. Nous estimons que, pour beaucoup d’employés, il est plus important d’obtenir des crèches et des horaires flexibles que davantage de congés, qui sont déjà difficiles à prendre dans leur totalité.» En écho à ces propos, Mary-France Goy, de l’Association suisse des employés de banque estime que «la compensation et le contrôle des heures supplémentaires représentent actuellement un combat plus fondamental». Réponse en 2012 au plus tard, si l’initiative aboutit.
Largeur.com
| Andres Andrekson (Stress) | | |
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