Point final. Cui-cui-cui-couic!
Un hachoir pour changer les poussins en bourbe de plume et de sang.
Un tapis roulant jaune comme un champ de pissenlits en avril. Une foison pépiante de poussins juste sortis de l’œuf. Des mains gantées saisissent les oisillons pour un rapide examen gynécologique. Les mâles sont jetés à la broyeuse. Trajet express de l’éclosion au néant, de la lumière à la nuit... 15 000 poussins éliminés chaque jour. Cui-cui-cui-couic! Une association de défense des animaux a filmé l’extermination des poussins chez un géant américain de l’alimentaire. Document révoltant. On sait que l’homme s’est arrogé en des temps bibliques droit de vie et de mort sur les animaux. Mais, les paysans d’antan y mettaient des formes. Châtrés, les coqs surnuméraires avaient tout loisir de gratter la terre avant de finir au pot. Ce qui scandalise, c’est la mécanisation du geste de mort. Des ingénieurs ont conçu un hachoir pour transformer les frêles poussins en bourbe de plume et de sang. Cette logique industrielle renvoie aux génocides qui enténèbrent l’histoire. Une téléspectatrice effarée hasarde: «Si on montre ça à des enfants, 98% deviendront végétariens et les 2% restants serial killers» - ou traders... Cette statistique dessine un avenir plausible: une majorité de consommateurs bêlants saignés par quelques prédateurs sans états d’âme. Manger moins de viande, privilégier le poulet et les œufs de la ferme sont aujourd’hui un engagement écologique, mais aussi une façon d’affirmer notre humanité.
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