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Par Mireille Descombes - Mis en ligne le 31.10.2012 à 11:24 |
Il n’y a rien de tel qu’un bon roman policier pour humer l’air d’une ville et s’imprégner de l’âme d’un pays. Le genre permet en outre aux auteurs d’écrire ce que, souvent, ils ne pourraient pas dire autrement. Toujours fidèle à son sympathique et bougonnant commissaire Charitos, le Grec Petros Markaris profite aujourd’hui de cette liberté pour aborder avec une distance critique et une bonne dose d’humour les difficultés économiques que traverse son pays. Liquidations à la grecque est le premier volet d’une Trilogie de la crise. On s’en délecte. Le livre commence par un mariage. Pour le plus grand bonheur de sa mère, Katérina, la fille de Charitos, a fini par épouser son petit ami Phanis à l’église, et en fanfare (celle de la police). Pour son père, la quiétude est toutefois de courte durée. Dès le lendemain, en pleine distribution des dragées, une terrible nouvelle parvient au commissariat. L’ex-gouverneur de la Banque centrale, Nikitas Zissimopoulos, a été décapité dans son jardin. Plus que jamais coincé dans les embouteillages athéniens encore multipliés par les grèves et les manifestations, notre vaillant policier se confronte bien vite à l’assassinat d’autres personnalités de la finance, retrouvées elles aussi sans tête. Emporté par le vent de folie qui semble s’être emparé d’Athènes, le lecteur découvre, dans la foulée, l’existence – menacée – d’un quatorzième mois de salaire en Grèce, les liens entre l’offre immobilière et la sortie de nouveaux modèles de jeeps et l’angoisse des pères de la classe moyenne qui redoutent de ne plus pouvoir assurer les longues études de leur progéniture. Sans parler de ces désespérés de la crise qui sautent par la fenêtre ne voyant plus d’autre issue à leur situation inextricable. Témoin d’un de ces suicides, Adriani, l’épouse généreuse, exubérante, mais parfois terriblement autoritaire de Charitos, aura bien du mal à s’en remettre. «Liquidations à la grecque». De Petros Markaris. Seuil, 328 p. |









