Après Copenhague
Politique climatique: la Suisse face aux choix
Par Matthieu Ruf - Mis en ligne le 17.03.2010 à 17:43
|
En l’absence d’un accord international contraignant, la Suisse s’est néanmoins engagée, comme l’Union européenne, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici à 2020. Elle doit maintenant décider de la politique à suivre pour atteindre cet objectif. Trois experts détaillent les options possibles pour «L’Hebdo».
Avec quelques semaines de retard, la Suisse a finalement communiqué ses engagements à la Convention de l’ONU sur les changements climatiques, comme doivent le faire tous les Etats parties de l’accord de Copenhague. Le 24 février, le Conseil fédéral a officiellement adopté l’objectif d’une réduction des gaz à effet de serre (GES) de 20% d’ici à 2020 par rapport à 1990, en s’autorisant de placer la barre à 30%, à condition que d’autres pays «fournissent également des efforts notables afin de réduire leurs émissions». La Confédération s’aligne ainsi sur les buts de l’Union européenne. Reste à définir la politique pour les atteindre. D’ici à 2012, la Suisse devrait réussir à diminuer ses émissions de 8% par rapport à 1990, comme l’exige le Protocole de Kyoto. Mais la moitié de cette réduction s’est faite en dehors de ses frontières, grâce à l’achat de certificats d’émissions.
Une année décisive. L’année qui vient sera à plus d’un titre charnière pour la politique climatique de la Suisse, qui a l’intention d’organiser sur son sol une conférence préparatoire au sommet international de Cancun, prévu en novembre. Le 5 mars, le Conseil fédéral et les cantons lançaient le Programme Bâtiments, qui vise à assainir le parc immobilier suisse et à réduire les émissions de CO2 d’environ 2,2 mégatonnes d’ici à 2020. En outre, plusieurs objets politiques déterminants pour les émissions de GES de la Suisse sont actuellement en gestation. La loi sur le CO2, tout d’abord, qui arrive à échéance en 2012 et dont la révision sera soumise au Conseil national en juin prochain. L’initiative «Pour un climat sain», ensuite, sur laquelle le peuple sera peut-être amené à voter en début 2011. Enfin, l’initiative des jeunes Verts sur les véhicules polluants, dite «anti-4x4», et le contre-projet du Conseil fédéral reprenant les normes européennes en la matière, objets qui pourraient également arriver devant les Chambres cet été.
Dans un contexte propice aux «climatosceptiques», dû à la polémique provoquée par les erreurs du GIEC, les débats sont vifs sur la stratégie à suivre entre écologistes, qui exigent des mesures ambitieuses, et représentants de la vieille économie, qui craignent pour la compétitivité des entreprises suisses si les règles sont plus dures qu’ailleurs. Les champs de bataille: la taxation des transports routiers, les économies d’énergie, le soutien à la mobilité douce et aux énergies renouvelables. Dans quels domaines la Suisse doit-elle réduire ses émissions? A-t-elle son mot à dire dans les négociations internationales? Réponses de trois spécialistes du sujet.
Tags: Copenhague, politique climatique suisse, Urs Näf, Roger Nordmann, Dominique Bourg,
|
|