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Dans quels domaines la Suisse doit-elle agir, et quel rôle peut-elle jouer dans la politique climatique mondiale? Les réponses de trois spécialistes du sujet.
URS NÄF Responsable adjoint pour les questions d’infrastructures, d’énergie et d’environnement à economiesuisse.
1 La Suisse doit-elle réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20% d’ici à 2020, comme le veut le Conseil fédéral, ou se montrer plus ambitieuse?
«Oui, nous soutenons cet objectif de 20%. Mais pour l’atteindre, il n’est pas nécessaire de créer une nouvelle loi. Il faut continuer la politique actuelle, couronnée de succès: plus de 2000 entreprises se sont battues pendant des années pour le climat et vont atteindre les objectifs de Kyoto. Il faut rester réaliste: les grands chiffres à long terme ne servent à personne et restent peu crédibles. Raison pour laquelle nous avons besoin d’un objectif intermédiaire: une réduction de 14% pour 2014, par exemple.»
2 Quelles mesures doit-elle prendre pour atteindre ses objectifs?
«La Suisse a déjà beaucoup fait. En comparaison avec les autres pays de l’OCDE, nous avons les plus basses émissions par unité de PIB, alors qu’il nous est plus difficile de faire de gros efforts: nous n’avons pas de centrales à charbon que nous pourrions fermer. Mais nous pouvons implanter les technologies propres dans les pays en développement, et agir à l’interne sur l’immobilier, les voitures et l’industrie. Il faut continuer avec la taxe carbone sur les combustibles, qui est maintenant de 10 centimes par litre, ce qui est beaucoup. J’ai par contre de gros doutes sur la taxe carbone sur les carburants: la Suède, où elle est en vigueur, a les voitures les plus polluantes, juste après la Suisse!
A ce sujet, les normes européennes imposent les producteurs de grosses voitures à hautes émissions. Or le Conseil fédéral veut les reprendre, mais pour les importateurs: la taxe serait donc prélevée à la fois sur le producteur de la voiture en Europe, puis sur l’importateur en Suisse. Cette duplication réduit l’attractivité d’acheter une nouvelle voiture – un effet contradictoire.»
3 Quel rôle peut jouer la Suisse dans les mégaréunions du type de celle de Copenhague? Sa voix y sert-elle à quelque chose?
«Il faut que la Suisse s’engage pour trouver une solution globale au problème. La voie internationale permet aussi de restreindre les actions nationales ou régionales visant à mener une politique commerciale restrictive sur le dos du climat.»
4 Que pensez-vous du retour des «climatosceptiques» sur le devant de la scène?
«L’ONU veut faire vérifier le rapport du GIEC incriminé, ce qui me paraît nécessaire. Mais nous regrettons que la question du climat dans son ensemble soit remise en cause: nous partons du principe que le réchauffement climatique est un fait, et l’économie fait beaucoup d’efforts pour le combattre. La discussion actuelle ne doit pas de nouveau tout freiner.»
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