La gauche française a de quoi s’inquiéter. Et, avec elle, la moitié des 45 millions d’électeurs de l’Hexagone qui, en 2011, assisteront au bal des candidats à l’élection présidentielle de 2012.
Pendant que, au PS, Dominique Strauss-Kahn tente de convaincre qu’il est encore de gauche, la droite, en effet, peut se mettre à rêver. Grâce à une arme affûtée, et terriblement à la mode: le populisme.
Marine Le Pen, si elle est propulsée à la tête du Front national, semble avoir tout le talent nécessaire pour adapter sa formation à la formule gagnante de ce début de XXIe siècle en Europe: un parti d’extrême droite «respectable».
Finie, l’outrance maurrassienne du père. Les fascistes, c’est les autres. Nous, on représente le peuple. Voilà qui sonne familier aux oreilles suisses.
Efficace? Certainement. Depuis 2007, Nicolas Sarkozy fait de même avec la droite bon teint. Partisan de la «rupture» pour se faire élire, pourfendeur du capitalisme au plus fort de la crise, croquemitaine des immigrés quand l’exclusion sociale ranime la xénophobie: l’omniprésidence, ce sont toutes les idées à la fois.
Siphonner la gauche en la plaçant au gouvernement, siphonner le FN en expulsant les Roms. La politique, c’est les autres, nous, on représente le peuple. Dommage pour lui.
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