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HOPITAUX NEUCHATELOIS
Pourquoi il faut stopper Gisèle Ory

Par Michel Guillaume - Mis en ligne le 22.02.2012 à 10:52

SANTÉ. Au lieu de se diriger vers un site unique de soins aigus et un autre de réadaptation, la conseillère d’Etat socialiste tente de préserver les équilibres régionaux. Ce qui pourrait entraîner 100 millions de francs en coûts supplémentaires ces prochaines années.

L’anecdote témoigne des tensions qui entourent le dossier hospitalier, dont tout le monde craint qu’il ne mette toute la République à feu et à sang. C’était le 13 décembre 2011. Réuni en retraite à l’abbaye de Bevaix, le Conseil d’Etat neuchâtelois écoute Francis Randin procéder à une analyse financière dans le cadre du redressement des finances et d’un programme d’économies. Mais la discussion s’enflamme lorsque l’ancien banquier puis bras droit de Pascal Broulis aborde le coût – non chiffré – de la planification hospitalière. La cheffe du Département de la santé, Gisèle Ory, pique soudain une grosse colère. Elle l’accuse de manipuler les chiffres et de saboter son plan, que le Conseil d’Etat avalisera finalement le 21 décembre. C’en est trop. L’ex-haut commis de l’administration vaudoise, connu pour son caractère bien trempé, jette l’éponge.

Gisèle Ory prétendra par la suite que cette démission n’a rien à voir avec elle. A en croire trois sources proches du dossier, qui se sont confiées à L’Hebdo, c’est totalement faux. Des informations données sous le couvert de l’anonymat, tant la ministre a congelé tout débat critique sur ses options.

Au lieu d’esquisser une véritable vision sanitaire globale pour le canton en rappelant que les hôpitaux ne sont qu’un élément – certes important – au cœur d’un vaste réseau de soins, Gisèle Ory s’est enlisée dans une lecture presque uniquement politique du dossier. Elle s’est accrochée à un des points de la loi sur l’Etablissement hospitalier multisite (LEHM) promettant l’équilibre des intérêts des régions. Dès lors, elle tente d’apaiser la rivalité historique entre les Montagnes et le Littoral. Elle attribue la chirurgie stationnaire à La Chaux-de-Fonds et l’ambulatoire à Neuchâtel; l’oncologie et la sénologie dans le Haut, le centre mèrelenfant dans le Bas; en gros, 40% des prestations au nord de la Vue-des-Alpes, 60% au sud.

Paralysie. Pourquoi Gisèle Ory se montre-t-elle si butée? La ministre a fait un choix politique, dont elle sortira très probablement gagnante au soir de la discussion au Grand Conseil en mars prochain, en ayant obtenu le retrait de trois initiatives pendantes. Mais économiquement, son plan pourrait s’avérer ruineux. Plusieurs spécialistes de la santé l’affirment, souvent sous le couvert de l’anonymat tant le sujet est brûlant. Plutôt que d’économiser 30 millions sur son budget de fonctionnement annuel, la réforme occasionnera 30 millions de coûts supplémentaires. Et comme le dossier va se retrouver paralysé entre trois et cinq ans, la facture pourrait s’alourdir de plus de 100 millions. Ayant siégé au Conseil des Etats à Berne, Gisèle Ory sait parfaitement que le canton perd lentement ses compétences en matière hospitalière, mais elle ignore sciemment ces nouveaux paramètres.

Depuis le début de cette année, la Suisse vit à l’heure de la libre circulation des patients et des forfaits par cas réglés par les assurances maladie. Pour se justifier, un hôpital de soins aigus doit couvrir un bassin de population de 300 000 habitants. C’est celle des cantons de Neuchâtel et du Jura, ainsi que du Jura bernois. En décembre dernier, leurs conseillers d’Etat Gisèle Ory, Michel Thentz et Philippe Perrenoud ont décidé de lancer une préétude en matière hospitalière. Une démarche bienvenue!

Pas de cadeau de Santésuisse. Sur tous ces critères nationaux, Neuchâtel est bien mal armé. Son «point DRG» (pour Diagnosis Related Groups), base pour la facturation des séjours stationnaires, se monte à 11 800 francs, contre 9800 francs dans les hôpitaux latins non universitaires, soit 29 millions de coûts supplémentaires par année. Porte-parole de l’association des assureurs Santésuisse, Anne Durrer constate: «A Berne, l’Hôpital de l’Ile, bien qu’universitaire, est moins cher que Neuchâtel.» Cela va sans dire: Santésuisse ne fait pas de cadeaux aux cantons qui voudraient maintenir une structure très régionaliste. Elle révèle qu’elle vient de conclure un tarif de 9756 francs – qu’elle qualifie «d’économique» – par point DRG avec les hôpitaux neuchâtelois. Le canton prendra donc 55% de ce montant à sa charge, ainsi que les coûts supplémentaires, estimés à 12%. Conclusion: ce que l’assuré ne paiera pas, le contribuable l’assumera.

Deux raisons expliquent la lourdeur du système neuchâtelois. Une convention collective de travail favorable au personnel et les doublons au sein de l’HNE. Ainsi, Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds ont chacun leur bloc opératoire de nuit pour un total de 180 cas en 2010, dont seulement 20 dans le Haut. C’est dire qu’on y mobilise chaque nuit une équipe de trois à cinq personnes pour une moyenne de 1,7 opération par mois! «Un immense gâchis», admet un médecin en avouant son malaise.

«Il n’est plus possible de respecter à la lettre une loi cantonale stipulant qu’il faut équilibrer les missions entre les deux sites. Il faut centraliser pour unir les compétences», affirme Pierre-Yves Bilat, le président de la Société neuchâteloise de médecine. Celui-ci précise qu’il s’exprime en son nom personnel. Pour s’être montré critique face au projet du Conseil d’Etat, ce généraliste installé depuis vingtcinq ans à La Chaux-de-Fonds s’est attiré les foudres du groupe interpartis de cette ville, qui soutient inconditionnellement l’élue du Haut.

Plus cher que les autres. C’est bien là qu’est le nœud du problème. Entre la loi voulant préserver les équilibres régionaux et les critères d’économicité sur lesquels les assureurs insistent désormais, la contradiction est criante. Mais Gisèle Ory, soutenue par un Conseil d’Etat dont plusieurs membres préfèrent apparemment la laisser foncer dans le mur, n’a pas le courage de le dire aux Neuchâtelois. Dans son rapport, jamais elle ne mentionne que HNE est 20% plus cher que les hôpitaux latins comparables. «Lorsque vous vous coupez des soucis des gens, ce que vous appelez du courage devient de la bêtise», répète-telle.

La remarque n’est pas très gentille pour le conseil d’administration et la direction de l’HNE qui, dans leur rapport du 31 octobre 2011, ont indiqué une solution bien plus raisonnable à suivre. Un site unique de soins aigus (lits A) et un site unique de réadaptation et de gériatrie (lits B). Bien sûr, le conseil d’administration s’est bien gardé de faire la moindre proposition sur la localisation de ces sites. Aux politiques de trancher.

Mais voilà. Il se trouve que l’hôpital Pourtalès, totalement rénové en 2005, est beaucoup plus moderne que celui de La Chauxde-Fonds qui sombre dans la vétusté. Il compte déjà 200 lits aigus sur les 230 ou 250 qu’il faudra à l’avenir. Il est situé au cœur du plus grand bassin de population (90 000 habitants sur le Littoral contre 50 000 dans les Montagnes). Il pourrait être agrandi par un autre bâtiment sur le site même, selon un tout récent rapport transmis le mois dernier à Gisèle Ory. Il serait donc plus logique de réaliser à Neuchâtel ce site de soins aigus.

 

«IL FAUT CENTRALISER POUR UNIR LES COMPÉTENCES.»
Pierre-Yves Bilat, président de la Société neuchâteloise de médecine

 

D’autre part, on pourrait développer un pôle d’excellence en gériatrie avec 150 lits à La Chaux-de-Fonds en en faisant un lieu de formation postgrade, cela n’a rien de déshonorant. Avec la hausse de l’espérance de vie, c’est bel et bien ce site qui gagnerait en importance, alors que les prestations de la chirurgie stationnaire – que Gisèle Ory a attribuées dans le Haut – vont inexorablement se réduire.

Même le conseiller communal de La Chaux-de-Fonds Laurent Kurth avoue quelques doutes: «Le plan du Conseil d’Etat est cohérent au niveau de l’équilibre des missions et rationnel pour organiser la période nous séparant d’un éventuel site unique. Mais je ne sais pas s’il est juste pour notre ville de laisser partir la chirurgie ambulatoire, appelée à se développer.»

En matière d’investissements, la vision de deux sites uniques n’est pas aussi chère qu’une nouvelle construction estimée par tous les experts à quelque 300 millions au minimum. Mais il faut avouer qu’elle n’est pas bon marché non plus. Il faudrait dégager entre 100 et 150 millions pour agrandir Pourtalès et aussi de 80 à 100 millions pour moderniser La Chaux-de-Fonds. Certes, ces chiffres ne figurent dans aucun rapport. Ce ne sont que des estimations, basées cependant sur l’avis de bons connaisseurs du dossier.

Un désert sanitaire. Dans les Montagnes, une telle vision tient de l’impensable. Naître dans le Bas et vieillir dans le Haut, quelle honte! Abandonner les prestigieux lits A, quelle perte d’image! Les auteurs d’une telle vision ne peuvent que vouloir faire de La Chaux-de-Fonds un «désert sanitaire». Ces funestes technocrates de la santé ne pensent qu’à dégrader son établissement au rang «d’hôpital de seconde zone», pour ne pas dire de «cambrousse», comme s’indignent les gens du Haut.

C’est pourtant dans une telle vision que se situe l’avenir. Et surtout de véritables économies d’exploitation qui ne tiennent pas des affabulations d’une ministre que tous les spécialistes de la santé contactés par L’Hebdo démentent. Regrouper les soins aigus sur un site permettrait de réduire les effectifs du personnel de 10%, soit d’abaisser à terme la masse salariale de 20 millions par an. Progressivement, en évitant les licenciements, si possible et en profitant des départs naturels.

Fuite des bons médecins. Inutile de dire que les lobbyistes du projet Ory n’y croient pas un instant: «La vision du conseil d’administration de l’HNE n’est qu’un miroir aux alouettes. Elle se traduirait par une perte substantielle des 700 à 800 emplois sur le site de La Chaux-de-Fonds», craint le député socialiste Théo Huguenin-Elie, qui accuse les détracteurs du plan de «littoralocentrisme». Pas si sûr. Selon un spécialiste, une baisse du nombre d’emplois serait «certaine, mais limitée, donc acceptable». Quant à la responsable de la Santé de la ville de Neuchâtel Christine Gaillard, qui s’oppose au plan Ory, elle tient à préciser: «Il n’est pas question de démanteler le site de La Chaux-de-Fonds, qui devra être assaini et qui disposera d’un “centre de diagnostic et de traitement” (CDT) avec un service d’urgences. Mais ce que nous craignons beaucoup avec ce plan sans vision, c’est la fuite des bons médecins et des patients hors du canton. Avec, à la clé, une baisse de la qualité des prestations, voire la disparition d’une partie de celles-ci.»

 

«LA VISION DE L’HNE N’EST QU’UN MIROIR AUX ALOUETTES.»
Théo Huguenin-Elie, député socialiste au Grand Conseil

 

C’est bien là le danger. La semaine dernière encore, on apprenait que l’hôpital n’avait pas trouvé de nouveau médecin-chef du Service d’ophtalmologie à La Chaux-de-Fonds, malgré un recrutement effectué en Suisse et à l’étranger. Le climat de travail plombé au sein de l’HNE, de même que toutes les incertitudes qui subsistent sur l’avenir des sites n’y sont pas étrangers.

Dans l’immédiat, le Grand Conseil devrait accepter le plan Ory, mais l’opposition s’organise. Le député PLR de Neuchâtel, Philippe Haeberli, a déjà presque réuni les 35 signatures nécessaires pour soumettre la décision au référendum facultatif. Dans l’ombre, un comité formé de médecins, de députés et d’avocats menace de lancer une nouvelle initiative pour un site unique de soins aigus à Neuchâtel. C’est l’assurance d’une paralysie complète du dossier pour les trois prochaines années.

Avant celle de Francis Randin, Gisèle Ory avait déjà provoqué la démission de nombreux spécialistes de la santé: les anciens membres du conseil d’administration, Jean-Pierre Authier et Marc-Etienne Diserens, ainsi que l’ancien directeur Pascal Rubin. Ses détracteurs attendent impatiemment les prochaines élections en espérant son départ. Pour relancer le dossier dans la bonne direction.

 


EN ATTENDANT LE SITE UNIQUE DE SOINS AIGUS

La Chaux-de-Fonds

40% des emplois en 2010 (610 équivalents plein temps). Cette année-là, ce site compte 114 lits de soins aigus et totalise 34 000 journées d’hospitalisation. Il n’a plus de maternité.

Pourtalès (Neuchâtel)

60% des emplois en 2010 (930 équivalents plein temps). Ce site dispose de 195 lits de soins aigus et atteint 64 000 journées d’hospitalisation. Il offre 65% des prestations (chirurgie, médecine, centre mère-enfant et soins intensifs).


GISELE ORY

«Je n’ai pas peur de ne pas être réélue»

TRÈS CRITIQUÉE DANS LE LITTORAL, LA CHEFFE DE LA SANTÉ DÉFEND SON PROJET.


Votre rapport n’apporte-t-il pas une réponse plus politique que médicale?

Il apporte aussi une réponse politique, car il faut veiller à l’équilibre des régions et répondre à trois initiatives en suspens. Mais c’est d’abord une réflexion médicale (création de centres d’activités, mises en synergie) et économique par l’élimination de toutes les redondances. Le projet du Conseil d’Etat remplit des critères de qualité de la prestation, d’attractivité et d’économicité.

Votre projet ne va-t-il pas susciter des coûts supplémentaires d’environ 30 millions, alors qu’il faudrait réaliser des économies d’une telle ampleur?

Les gens qui prétendent cela n’ont pas lu le rapport du Conseil d’Etat. De 2011 à 2013, nous visons des économies de 15 millions au total et nous y arriverons probablement. C’est un des programmes les plus ambitieux en Suisse romande. Quant aux économies découlant de la nouvelle organisation, elles doivent encore être chiffrées par HNE. Elles devraient s’élever entre 5 et 10 millions par année.

Le Conseil affirme qu’il tend à un site unique de soins aigus. En est-il vraiment convaincu?

Nous avons accepté d’étudier l’idée d’un site unique, qui est intéressante sur le plan médical. Mais sur le plan de l’économicité, son utilité reste à démontrer. Avec deux sites sans redondances, nous devenons déjà très efficaces. Le site unique nécessite une nouvelle construction qui coûterait – grossièrement compté – entre 150 et 300 millions. Et sur le site de Pourtalès à Neuchâtel, nous serions confrontés à d’importantes contraintes architecturales. Il faut évaluer tout cela.

«ON AIMERAIT QUE NEUCHÂTEL SE COMPORTE EN VÉRITABLE CAPITALE CANTONALE ET AIT UNE VISION LARGE DU DÉVELOPPEMENT DU CANTON.»

N’avez-vous pas peur en fait qu’en cas de site unique, vous deviez trancher entre La Chauxde-Fonds et Neuchâtel?

Non, on pourrait aussi le réaliser dans le Val-de-Ruz. Mais c’est vrai qu’il y a là un potentiel de conflit extrêmement important entre le Haut et le Bas du canton. Il faudra probablement des années pour s’entendre sur un tel projet.

Quel est votre avis personnel?

Je suis neutre en attendant les études complémentaires.

Ne faudrait-il pas regrouper les quatre sites de réadaptation (Le Locle, Val-de-Travers, Valde-Ruz et La Béroche) à La Chaux-de-Fonds?

Politiquement, ce n’est pas mûr. Cela impliquerait qu’il faudrait fermer ces quatre hôpitaux. Nous ne pouvons pas prendre des décisions dont nous savons qu’elles susciteraient des oppositions dans les trois quarts du canton.

Ce dossier hospitalier suscite une véritable guéguerre civile entre le Haut et le Bas du canton. N’avez-vous pas tranché pour les Montagnes où vous habitez?

Non, la loi exige que nous préservions les équilibres. Les Chaux-de-Fonniers sont très attachés à leur hôpital et ils sont très déçus du fait qu’il n’ait pas été entretenu comme il aurait dû l’être. Suite au transfert de toutes les activités mère-enfant à Neuchâtel, ils attendent qu’on leur renvoie l’ascenseur. Quant à la Ville de Neuchâtel, on aimerait qu’elle se comporte en véritable capitale cantonale et ait une vision large du développement du canton.

Vos détracteurs menacent de lancer une nouvelle initiative pour un site unique à Neuchâtel. Votre projet ne serait-il pas bloqué?

Nous allons étudier toutes les possibilités d’un site unique, y compris à Neuchâtel. En attendant, une telle initiative serait comprise comme une provocation.

Craignez-vous de ne pas être réélue dans deux ans en raison de ce dossier très sensible?

En reprenant la Santé, je savais que je prenais des risques. Je n’ai pas peur de ne pas être réélue.



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Gisèle Ory

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Tags: hôpitaux Neuchâtel, Gisèle Ory, Conseillère d'Etat socialiste,

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Réaction de L'oiseau de Neuchâtel
le 01.03.2012 à 15:17
L'article de M. Guillaume me fâche, car il fait totalement...
 
Réaction de Alex la Vaudoise
le 28.02.2012 à 18:31
Monsieur Guillaume, C'est par des articles comme le vôtre, dépourvus...
 
Réaction de Fredy
le 28.02.2012 à 16:33
Malgré ce que tente de nous dire M. Guillaume, je...
 
Réaction de iris
le 28.02.2012 à 13:23
M. Guillaume,Vous avez choisi de traiter un sujet difficile mais...
 
Réponse du journaliste:
Merci à tous les internautes de leurs commentaires, même s’ils sont parfois emportés par leur passion ! Face aux nombreuses réactions très émotionnelles, je me dois d’apporter quelques précisions sur la manière dont j’ai mené mon enquête. 1. Cette enquête a duré deux bonnes semaines, durant lesquelles j’ai parlé à une trentaine de personnes. Hélas pour moi, plus de 20 ont préféré le faire sous le couvert de l’anonymat. L’avantage, c’est qu’ils m’ont confié ce qu’ils pensaient sincèrement. L’inconvénient, c’est que les lecteurs ne savent pas qui ils sont. Mais c’est la règle du jeu journalistique. Permettez-moi de souligner que les informations publiées ont donc été largement recoupées. 2. J’ai enquêté aussi bien dans le Haut que dans le Bas du canton. J’ai passé deux jours à La Chaux-de-Fonds, sans compter de nombreux entretiens téléphoniques avec des députés (Théo Huguenin-Elie durant une heure et demie), des médecins (Claude-Alain Moser) ou des patients. 3. Surtout, je me suis entretenu avec six spécialistes de la santé des cantons voisins de Berne, du Jura et de Vaud. A vrai dire, c'est sur la base de leurs analyses pointues que je suis parvenu à la conclusion que Gisèle Ory faisait fausse route en maintenant deux sites de soins aigus. Car c’est justement ici qu’on peut réduire le personnel de 10% à terme, donc économiser au moins 20 millions par année. 4. Le jour de la parution de mon article, la conseillère d’Etat Gisèle Ory m’a téléphoné et nous avons eu une conversation de plus de 45 minutes, fort courtoise au demeurant. « M. Guillaume, vous vous êtes fait rouler dans la farine », m’a-t-elle affirmé. Nous sommes restés sur nos positions mutuelles. Elle a cependant admis que mon article était « déontologiquement correct », étant donné que je lui avais donné la possibilité de répondre dans une interview. 5. L’avenir dira si Mme Ory pourra imposer sa vision au canton. Ce sera au Grand Conseil, puis peut-être au peuple de trancher. Là où mes critiques se trompent c'est lorsqu'ils affirment que cet article m’a quasiment été dicté par UN conseiller d’Etat non nommé. Or, je n’ai pas eu le moindre contact avec ce «sombre manipulateur», ni même avec sa «clique». 6. Mon seul souci, en rédigeant cet article, a été celui de l'intérêt public et plus particulièrement de celui du contribuable du canton, déjà suffisamment taxé, me semble-t-il. Au demeurant, le devoir du journaliste reste de poser les questions qui dérangent. Michel Guillaume
Réaction de Nicolas
le 28.02.2012 à 09:32
On croit rêver. Cet article est d'une partialité impressionnante. L'auteur...
 
Réaction de Georges
le 28.02.2012 à 07:54
Mais quel tissus d'inepties cet article sur l'Hôpital neuchâtelois !...
 
Réaction de Shilka
le 27.02.2012 à 22:18
Incroyable cet article, l'objectivité ou plus simplement le métier de...
 
Réaction de crocus
le 27.02.2012 à 06:43
y'a un piège dans l'info,et suis d'accord avec Madame Ory...
 
Réaction de Fafnir
le 26.02.2012 à 18:59
Pour ce type d'articles il faut des infographies (ou au...
 
Réaction de glocal yours
le 26.02.2012 à 10:23
Ces projets sont pharaoniques 170000 habitants seulement un village Globalement...
 
Réaction de généraliste émigré
le 26.02.2012 à 01:22
Mon cousin a fui le canton et s'est vu offert...
 
Réaction de coquelicot
le 24.02.2012 à 20:52
quand on connait l'historique des hopitaux neuchatelois on se dit...
 



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