POLITIQUE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > POLITIQUE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Déprogrammation
Pourquoi la TSR a congelé un «Temps Présent»

Par Christophe Passer - Mis en ligne le 14.09.2011 à 11:46

La chaîne avait prévu cette semaine une enquête sur le lobby des assureurs à Berne. L’émission a été repoussée pour cause d’élections fédérales.

Pietro Boschetti, journaliste à Temps présent, laisse un blanc afin de peser ses mots: «A titre personnel, je le regrette.» Ce sera sa seule déclaration après la déprogrammation de son émission consacrée au lobby des assureurs maladie à Berne. Intitulée "Des parlementaires sous influence", elle devait être diffusée ce jeudi 15 septembre.

«C’EST UN PROBLÈME SI LA TSR COMMENCE À SE CASTRER ELLE-MÊME EN PÉRIODE D’ÉLECTIONS. LA PEUR DES ATTAQUES CONTRE LA REDEVANCE?» Jean-François Steiert, conseiller national (PS/FR)

Il s’agissait de décortiquer par quels fonctionnements les assureurs maladie avaient, au Parlement, fait jouer leurs troupes afin de s’attaquer à la caisse unique soumise à votation. Elle fut rejetée par le peuple, à plus de 70%, en mars 2007.

Quelques années plus tard, l’affaire demeure d’une forte actualité. Un sondage tendait à montrer, la semaine dernière, que deux tiers des Suisses seraient prêts à entrer à nouveau en matière. Mais il y a une dizaine de jours, la TSR a décidé de ne passer l’émission à l’antenne qu’une fois les élections fédérales déroulées.

Ce délai soudain a provoqué étonnement, presque malaise. D’abord parmi certains acteurs interviewés. L’ancienne conseillère nationale Verte vaudoise, Anne-Catherine Menétrey, qui n’a, comme les autres, pas vu l’émission, parle de «frilosité»: «Ce n’est pas la première fois qu’on évoque ces lobbies, il ne s’agissait guère d’une révélation.»

Jacques de Haller, président de la Fédération des médecins suisses (FMH), candidat socialiste bernois pour un siège de député cet automne, évoque «la nécessité de transparence. Ne pas dire les choses sous prétexte que ça pourrait mal tomber est un mauvais signe.»

Il est en effet loisible de penser que la droite ne brillait pas de sa meilleure lumière sur pareil thème. Le Fribourgeois Jean-François Steiert (PS) admet sa mauvaise surprise: «C’est un problème si la TSR commence à se castrer elle-même en période d’élections. La peur des attaques contre la redevance?»

Du côté de la TSR, on rejette en bloc toute volonté de prudence intéressée. La «télévision d’Etat» que raillait autrefois Pascal Couchepin, est droite dans ses bottes. Le producteur Jean-Philippe Ceppi se contente de se dire solidaire de la décision prise par sa hiérarchie.

Daniel Monnat, responsable en chef des magazines, est agacé qu’on lui pose des questions et susceptible au moment des réponses: il refuse finalement d’être cité. Certains collaborateurs contactés de la TSR n’ont pas souhaité rappeler L’Hebdo, suggérant carrément que leurs appels sortants puissent être surveillés.

Officiellement, la RTS (Radio Télévision Suisse) renvoie donc simplement à ses directives: elles interdisent, en dehors des émissions électorales, que des candidats apparaissent à l’antenne. Or, il y en aurait une dizaine dans le Temps présent.

Un bête malentendu. Prosaïquement, il s’agirait donc d’un bête malentendu au sujet des prescriptions internes. Du côté de Temps présent, on les imaginait plus souples pour les magazines. D’autant que celui-là avait été conçu pour son adéquation avec la campagne des fédérales.

Mais Jean-Jacques Roth, directeur de l’Actualité, s’explique: «Les règles sont les mêmes qu’il y a quatre ans. Elles sont assez strictes. Entre le 5 septembre et le 23 octobre, il s’agit d’être particulièrement impartiaux et équilibrés. On fait ce qu’on veut durant les autres trois ans et onze mois de la législature.»

Ce que confirme Gilles Pache, chef des Programmes: «Grégoire Furrer, à la tête du Montreux Comedy Festival, et candidat radical aux élections, était par exemple pressenti pour Musicomax: nous avons dû y renoncer. Si les producteurs de Temps présent avaient programmé l’émission le 1er septembre, il n’y aurait pas eu de problème.»

La question d’un service public s’appliquant dès lors à s’abstenir sur un sujet si manifestement d’intérêt public sera ainsi laissée à l’appréciation de chacun, et aux calendes grecques de la grille.

Pierre-Yves Maillard, conseiller d’Etat vaudois, et fameux acteur du dossier des assurances maladie, conclut, sibyllin: «Les téléspectateurs jugeront au moment de la diffusion de l’émission si cette dernière leur aurait été utile pour forger leur opinion concernant leurs préférences électorales.»




Tags: TSR, Temps Présent, déprogrammation, lobby des assureurs, Berne, élections fédérales,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


POLITIQUE
Le comité de l'initiative de Franz Weber critique son application
L'application de l'initiative sur les résidences secondaires pose problème (archives) Keystone
Le comité de l'initiative Franz Weber sur les résidences secondaires ne veut pas que des logements existants puissent être vendus...
POLITIQUE
Bankia: le nouveau président défend l'équipe qui l'a précédé
La banque espagnole Bankia, a demandé un pr^et de 19 milliards d'euros (archives)  Keystone
Le nouveau président du groupe espagnol Bankia, Jose Ignacio Goirigolzarri, qui a sollicité vendredi une aide record de 19 milliards...
POLITIQUE
L'Azerbaïdjan accueille l'Eurovision sur fond d'interpellations
Une opposante arr^etée par la police devant le Palais de Cristal (archives) Keystone
L'Azerbaïdjan se préparait samedi pour la finale de l'Eurovision dans la capitale. Bakou a mis les bouchées doubles pour montrer...
POLITIQUE
Près de 2000 protestants à la loi spéciale à Montréal
Les manifestants protestent contre une nouvelle loi liberticide notamment (archives) Keystone
Une pluie battante n'a pas réfréné la motivation des opposants à la hausse des frais de scolarité et à la...
POLITIQUE
Syrie: observateurs de l'ONU à Houla après un massacre
Un enfant blessé évacué à Alep (image tirée d'une vidéo amateur diffusée par Shaam News Network) Keystone
Les observateurs de l'ONU, déployés en Syrie pour surveiller un cessez-le-feu ignoré, se sont rendus samedi à Houla, au lendemain...


POLITIQUE
 Micheline Calmy-Rey : Le vrai bilan d’une diva
ICÔNE Rarement une politicienne suisse aura autant marqué par son look. Coiffures, lunettes, sacs, chaussures, tenues, choix des couleurs, tout a été abondamment commenté. Marco Zanoni / Pixsil
Elle arrive avec un quart d’heure de retard dans l’auditoire Amphimax de l’Université de Lausanne. Mais elle est là, fidèle...
POLITIQUE
 Conseiller régional ou fédéral
Le peuple veut les meilleurs au Conseil fédéral et qu’importe s’ils viennent d’un canton déjà représenté au gouvernement. Il l’a...
POLITIQUE
 Conseil fédéral : Se moque-t-on des Tessinois?
Dans la valse à deux temps qui mène au poste suprême de la politique suisse, le premier temps est ouvert...
POLITIQUE
 Jean-Claude Mermoud: dernier UDC loyal
Un éleveur de poules du village d’Eclagnens qui devient conseiller d’Etat, un de ces ministres dont on dit que la...
POLITIQUE
 Micheline Calmy-Rey : Bête de scène
Micheline Calmy-Rey a redonné un visage à la diplomatie suisse. Parfois maladroite, souvent impétueuse, sa politique étrangère a replacé la...
POLITIQUE
 Union européenne : Bruxelles snobée
Entre elle et l’Union européenne (UE), cela n’a jamais été l’amour fou. Dans le dossier européen, Micheline Calmy-Rey a assuré...
POLITIQUE
 Grâce et disgrâce : Le choix de s’en aller
Les conseillers fédéraux jouissent du privilège facétieux et solennel de décider du jour de leur départ et d’influencer massivement l’agenda...
POLITIQUE
 La lettre ouverte de Peter Bodenmann aux anciens conseillers fédéraux Merz et Blocher
Messieurs les anciens conseillers fédéraux, Il fut un temps où vous étiez la dream-team politique de Marcel Ospel, le patron...
POLITIQUE
 La chronique de Jacques Pilet: Dire oui à l’état palestinien
Les Suisses sont fiers quand ils voient l’un des leurs, Joseph Deiss, au perchoir de l’Assemblée générale de l’ONU à...