Pourquoi le secret bancaire divise le PLR
STRATÉGIE. Dix jours avant son assemblée générale du 24 avril à Berne, le Parti libéral-radical se déchire plus que jamais sur sa «stratégie de l’argent propre».
Un samedi à marquer d’une croix blanche. Aussi blanche peut-être que la «stratégie de l’argent propre» dont il sera question ce jour-là, à Berne. Ce 24 avril, le Parti libéral-radical (PLR) tiendra une assemblée des délégués cruciale. Il doit se prononcer sur une nouvelle stratégie pour la place financière suisse, moins d’une année après en avoir adopté une. Plus qu’un texte de référence, le PLR joue son image et son destin aux élections fédérales de 2011. S’il se montre trop conciliant avec les banques, il passera pour le «parti des riches et des profiteurs». S’il s’en distancie trop, il se coupera de la place financière. Et d’une source non négligeable de son budget de fonctionnement.
Dans les coulisses, deux camps affûtent leurs armes en vue de cet ultime combat. D’un côté, les partisans d’une «stratégie de l’argent propre» que le président du PLR Fulvio Pelli a présentée le 8 mars dernier avec, à ses côtés, la vice-présidente Isabelle Moret et les conseillers nationaux Werner Messmer et Philipp Müller. Ce plan contient toujours une proposition explosive: le contrôle par les banques que les avoirs déposés chez elles ont été déclarés au fisc de leur pays.
De l’autre côté, les tenants d’une place financière qui continue à s’autoréguler, emmenés par l’influent conseiller aux Etats zougois Rolf Schweiger. Celui-ci s’oppose avec vigueur à la nouvelle stratégie sur trois points essentiels. Il ne supporte pas qu’on puisse parler de stratégie d’argent propre, une «expression malheureuse alors que la Suisse est championne du monde dans sa législation de lutte contre le blanchiment d’argent», explique la Genevoise Martine Brunschwig Graf. Il combat tout contrôle de l’argent par les banques, «une mesure qui fait de tout client d’une banque un criminel potentiel», s’insurge la Zurichoise Doris Fiala. Enfin, il rejette la création d’un délit de soustraction fiscale aggravée, une proposition jugée «impraticable dans les faits».
Qui l’emportera? Soyons francs: même si L’Hebdo a interviewé plus de 20 personnalités dans les rangs du PLR, il est impossible de prédire quel camp s’imposera. Une seule chose est sûre: face au public et à ses électeurs, le PLR doit impérativement aboutir à un document de synthèse qui ne fasse ni vainqueur ni perdant au soir du 24 avril.
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