L'Hebdo;
2007-01-11 Pourquoi pas un palace voguant sur le Léman?
Le Genevois Omar Danial rêve de transformer un bateau de la CGN en hôtel flottant.
On connaissait le joran, la bise noire et la vaudaire. Un vent nouveau s'est levé sur le Léman. Il s'appelle Danial. Omar Danial, 38 ans en février. Au bout du lac, c'est l'hôtelier qui monte après avoir rénové les six établissements de Manotel. Il n'a pas seulement le sens de la finance, mais aussi la passion des bateaux. Avant de reprendre les affaires de son père, il fut trois fois champion du monde d'«offshore», la F1 des mers.
Depuis l'an dernier, Omar Danial détient 12% du capital de la Compagnie générale de navigation (CGN), dans laquelle il a investi 1,5 million de francs. L'opération ne semble pas des plus profitables. Omar Danial voit les choses différemment. «Les gens n'ont toujours pas compris le formidable potentiel du Léman.»
L'investisseur assure qu'il s'est engagé pour contribuer à la sauvegarde des bateaux à aubes du lac. Il s'enthousiasme aussi pour la nouvelle orientation de la compagnie, qui a enfin compris que sa mission ne se résumait pas à balader les touristes, mais aussi à faciliter les déplacements des gens de la région. Seulement voilà, tout cela coûte cher.
Alors il faut des idées neuves. «Pourquoi pas des bateaux hôtels? lance Omar Danial. Regardez la compagnie Orient Express qui exploite avec succès des péniches de luxe sur les canaux français! La flotte des vieux vapeurs est en surcapacité. On pourrait transformer l'un d'eux en palace flottant.» Quelques chambres seulement, une offre de prestige en parfaite harmonie avec les traditions du Léman. A la fin de l'année d'ailleurs, la CGN se lancera dans la rénovation d'une vieille unité, La Suisse. Pour un coût minimal de 10 millions.
Ce chantier devrait amener la compagnie à pratiquer une nouvelle augmentation de capital, pour 4 millions de francs cette fois. La majorité des actions passera alors en mains privées. Omar Danial envisage déjà d'en prendre une part. Parce qu'il en est convaincu: «La CGN doit devenir le fleuron du tourisme suisse, telle la tour Eiffel pour la France.» Mais avant d'y parvenir, il faudra établir un business plan pour tendre vers la rentabilité et attirer de nouveaux investisseurs. Les temps changent au-dessus du Léman. |Daniel Audétat
Actionnaire à 12% de la CGN, Omar Danial propose de transformer un des bateaux à aubes en hôtel.
En marge
Renée en Miss Potter
Célèbre écrivain anglais du XIXe siècle, Beatrix Potter a enchanté des générations d'enfants avec ses histoires de lapins. Choix judicieux, c'est l'actrice Renée Zellweger (Bridget Jones) qui incarne cette femme de caractère qui a combattu pour son indépendance dans une Angleterre victorienne à l'écran, dans un film qui sort ces jours aux USA. Le long métrage sera dans les salles suisses aux environs de Pâques, naturellement... | SP
Le pdc évite de raser gratis
En 2006, le PDC a changé de logo et abandonné ses deux demi-cercles, l'un orange et l'autre bleu. Fascinants aléas du monde de la pub, Gillette sortait la même année le premier rasoir à cinq lames de tous les temps, un «fusion» affublé d'un logo semblable en tous points à celui abandonné par les centristes. Bienfait du hasard plutôt que finesse stratégique, le changement d'image au sein du parti lui évitera au moins de raser gratis pour le fabricant américain durant cette année électorale. | PA
Pilule pour chiens obèses
C'est la fin des kilos en trop pour les chiens américains. Pfizer lance aux Etats-Unis son nouveau médicament, le Stentrol, qui est censé freiner l'appétit et diminuer l'absorption des graisses des toutous trop gourmands. Selon les autorités sanitaires locales, 5% des chiens américains sont obèses, et environ 20% en surpoids. Le médicament sera vendu sur prescription par des vétérinaires. | NB
3 questions à Thomas Daum
Directeur de l'Union patronale suisse. Propos recueillis par
Titus Plattner
Doris Leuthard vient d'annoncer des mesures permettant aux employés de son département de mieux concilier travail et famille. Un exemple pour le privé?
Pas nécessairement. Il y a toujours une pesée d'intérêts à effectuer. Prenez le job sharing ou l'encouragement du travail à temps partiel: ces modèles ne permettent pas à toutes les entreprises de répondre aux exigences de leurs clients, en termes de rapidité d'exécution, par exemple. En plus, avoir davantage de temps partiels signifie des coûts d'infrastructure plus élevés, notamment informatiques. Enfin, pour certains postes, on ne trouve que difficilement des employés qui veulent un mi-temps. Mais d'un autre côté, il y a aussi des aspects positifs. Les capacités et les connaissances - ou, formulé abruptement, le capital humain - de deux personnes à 50% sera forcément plus élevé que celui d'une seule à 100%. La flexibilité, en cas d'augmentation des commandes, est également plus grande avec du personnel à temps partiel. Mais on ne peut en aucun cas tirer de généralités.
La ministre de l'Economie introduit aussi le congé paternité de 25 semaines, dont 5 à charge de l'employeur...
Pourquoi pas? Tant que chaque entreprise ou chaque branche peut en décider elle-même. L'essentiel reste que les patrons disposent de la plus grande marge de manoeuvre possible.
Sans contrainte légale, seule une minorité aura ces avantages...
Le coût de la main-d'oeuvre en Suisse est déjà le troisième plus élevé du monde! Il ne faut pas péjorer davantage cette situation si nous voulons rester compétitifs et créer des emplois. Une loi contraignante serait inacceptable. Cela dit, avec l'assèchement à venir de la main-d'oeuvre, de plus en plus d'entreprises prennent conscience que leur attractivité dépend aussi de telles prestations, en particulier vis-à-vis des femmes, où le potentiel reste important. Bref, c'est le marché qui décidera au cas par cas des prestations à donner aux employés. |
À bas les clochers scolaires!
La nouvelle aurait mérité une date plus propice à son retentissement. Le 22 décembre dernier, 23 villes parmi les plus grandes de Suisse ont lancé un appel: «En dépit des chauvinismes locaux et cantonaux», il est grand temps d'unifier à l'échelle du pays l'appellation des niveaux scolaires. Lycées jurassiens, collèges genevois, gymnases vaudois, quelle famille s'y retrouve lorsqu'elle doit passer d'un canton à l'autre? Cette «Initiative des villes en matière de formation» vise à «instaurer une harmonisation plus large que celle qui est prévue». C'est bien. Mais au lendemain de Noël, les clochers n'étaient pas encore tombés. | DA
Verbatim
Encore un peu et M. Montebourg déclarera l'annexion militaire (de la Suisse), pour peu qu'on le nomme ministre de la Défense plutôt que ministre des Finances de l'hypothétique gouvernement socialiste.
Extrai du post de Pierre Maudet, président du Parti radical genevois, qui lui a valu d'être invité à On a tout essayé! (France 2), le 5 janvier. (www.pierremaudet.ch)
Parti socialiste pas de blÂme pour Moritz
Le Parti socialiste (PS) ne décernera pas de blâme à l'encontre de Moritz Leuenberger, qui avait brisé un tabou en se disant prêt au dialogue sur l'élévation de l'âge de la retraite. Le président de l'Union syndicale suisse Paul Rechsteiner s'en était indigné: «Moritz Leuenberger ne comprend rien à ce dossier», s'emportait-il tout en demandant au PS d'en tirer les conséquences. Le président du parti Hans-Jürg Fehr et le conseiller fédéral se sont parlé durant les Fêtes: l'incident est clos. Moritz Leuenberger a précisé qu'il est pour le dialogue, mais pas pour la hausse de l'âge de la retraite... | MG
| Dossier 'Canton de Genève' | | |
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