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Présidents de parti: moins d'hommes forts

Par Chantal Tauxe - Mis en ligne le 17.02.2012 à 15:51

Les libéraux-radicaux peinent à trouver un successeur à Fulvio Pelli. Splendeurs et misères d’un parti historique, pourrait-on ironiser. Mais cette difficulté signifie bien plus qu’un manque de vocation contingent. Notre système demilice est gravement en panne, malgré tout ce que ceux qui l’encensent veulent nous faire croire.
La présidence d’un grand parti suisse est un job à pleintemps, plutôt mal payé, surtout si l’on compare avec d’autres fonctions en vue: de quel autre manager exige-t-on qu’il sillonne le pays dans tous les sens et toute l’année, et qu’il
communique parfaitement dans au moins deux langues nationales?
Dans un paysage politique hyperfractionné, la gestion d’un parti gouvernemental juxtapose des missions toujours plus antagonistes: il faut affirmer les caractéristiques propres de sa formation pour maximiser son potentiel électoral, imposer l’unité face à l’extérieur tout en respectant l’avis des minoritaires à l’interne, préparer la relève, anticiper les nouveaux défis, négocier avec les autres des compromis, afficher et
défendre un bilan, afin de démontrer son utilité au plus haut niveau du pouvoir
politique. Plus personne n’y parvient.
Il est temps d’envisager d’autres solutions.
D’abord en finir avec l’idée profondément antisuisse que le succès dépend d’un homme fort, du talent d’un seul. La personnalisation est un poison, elle fausse la perception des enjeux, hypothèque leur réalisation. Un dessein n’est grand que lorsqu’il est partagé et porté par plusieurs. Il faut remettre du collectif dans la politique suisse. Le modèle existe, mythique, c’est celui des trois Suisses.
A trois, on est toujours plus intelligent et efficace sur le long terme que seul, car on est naturellement exposé à la critique constructive et prédisposé à convaincre. Le président parfait n’existe pas? Que le PLR innove avec un triumvirat présidentiel!
Des objections? Aux entretiens de Watteville, les présidents participent déjà avec les chefs des groupes parlementaires.A part partager les croissants, pas de soucis. Les rondes des éléphants télévisuelles devront alterner le casting? Tant mieux, le même message incarné par différents visages sera plus fort. Il y aura des divergences entre triumvirs, exacerbées par le Röstigraben et nourrissant la presse d’indiscrétions?
Pas plus que maintenant et elles seraient peut-être mieux gérées, voire assumées. Ce serait même une chance de mieux prendre conscience du cloisonnement des espaces médiatiques sur lequel, jusqu’ici, seuls les présidents latins de parti
ont tenté de surfer, avec plus ou moins de bonheur.




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