Pour les hôtels de luxe, le spa est devenu à peu près aussi incontournable que le restaurant étoilé ou la suite royale. Mais il leur manque souvent le savoirfaire. «Actuellement, les managers de spa se forment sur le tas, indique Alexia Muteke-Ceppi, consultante chez Lausanne Hospitality Consulting (LHC), une société fille de l’Ecole hôtelière de Lausanne. Il y a un besoin de professionnalisation.»
LHC lancera donc dès le 1er février une formation d’une année en «spa management», destinée aux managers d’hôtel qui envisagent d’ouvrir un spa, aux personnes travaillant déjà dans la branche ou aux jeunes diplômés. Elle coûtera 21 000 francs. Divisés en quatre modules de 7 jours, les cours seront consacrés à l’opération des installations, au marketing, à la finance et aux ressources humaines. «Les clients d’un spa y viennent pour passer un moment de bien-être et sont littéralement mis à nu, note Alexia Muteke-Ceppi. Leur état d’esprit, ainsi que leurs besoins, ne sont donc pas les mêmes que ceux d’un hôte classique. Le niveau d’exigence est plus élevé.»
Clientèle aisée. Sélection rigoureuse du personnel, ainsi que des produits et soins font partie des tâches du spa manager. A lui aussi de développer un marketing qui cible la bonne clientèle. «Il y a deux cas de figure: soit l’établissement se trouve dans un environnement neutre – en ville par exemple – et doit s’appuyer sur une grande marque de spa pour se positionner, soit il est situé dans un lieu unique qui représente un attrait en luimême, comme Vals ou Loècheles-Bains», détaille Christian Marich, président de la société de conseil hôtelière Majestic Management & Consulting.
Le spa attire en général une clientèle aisée. Si sa construction nécessite souvent des investissements importants, pas toujours rentabilisés, l’hôtel en retire un avantage concurrentiel en termes d’image et de positionnement, selon Christian Marich. Et cela permet de remplir les chambres entre deux saisons.
Précurseur helvétique. La Suisse possède-t-elle une expertise particulière? «Avec ses nombreux thermes et bains, elle a vocation à accueillir des spas, relève ce dernier. L’hôtel Victoria-Jungfrau d’Interlaken a fait office de précurseur en ouvrant un spa en 1991 déjà, avant la vague des centres de wellness qui a débuté il y a dix ou douze ans.» Il rappelle toutefois que le concept est né dans la ville belge de Spa, située dans une zone de cure réputée.
«A l’origine, la culture du spa était particulièrement répandue en Asie, d’où proviennent une bonne partie des techniques proposées (ayurveda, yoga, massages, etc.), note pour sa part Alexia Muteke-Ceppi. Quelques groupes hôteliers – comme Mandarin Oriental ou Six Senses – en avaient en outre fait leur spécialité. Mais on trouve désormais des entreprises spécialisées dans le monde entier, comme E-Spa, Raison d’Etre ou Cinq Mondes.» Les cinq plus beaux spas au monde, désignés par les Spa Awards 2009 du Condé Nast, reflètent cette diversité: ils se trouvent en Espagne, en Oman, aux Etats-Unis, en Thaïlande et aux Maldives. La Suisse y figure à la 17e place, avec le Beau-Rivage Palace de Lausanne. De quoi occuper la vingtaine de «managers de spa» qui sortiront chaque année de l’Ecole hôtelière de Lausanne…
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