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Projecteur

Mis en ligne le 20.09.2007 à 00:00

L'Hebdo; 2007-09-20

Projecteur Ylenia et Maddie - l' émotion décryptée

Les disparitions d'enfants émeuvent et captivent les foules. Voyeurisme et compassion réelle se mélangent face à l'horreur.

Pourquoi un tel déferlement d'émotions autour des histoires d'Ylenia et de Maddie? «On se met à la place des parents de la victime et on se dit qu'on ne pourra plus laisser ses enfants jouer seuls dans la rue ou à la maison», analyse Claude Voelin. Pour le professeur de psychologie à l'Université de Lausanne, cette identification est encore renforcée par la peur sous-jacente de voir ses enfants soumis à des actes pédophiles. «On se met aussi à la place du disparu, ajoute sa collègue de l'université, Muriel Gilbert, car cela touche l'enfant qui est en chacun de nous.» Surtout, les disparitions de Maddie et d'Ylenia renvoient à l'impuissance de la société à protéger ce qu'elle a de plus cher: la vie humaine, qui plus est celle d'un enfant.

Dans un climat autant chargé en émotion, les médias forcent encore les traits des protagonistes. Une simplification que le scientifique déplore: «Comme lors des marches blanches contre la pédophilie, il y a un désir de protéger l'enfance innocente, de vaincre le mal par le bien.» Cette vision manichéenne convainc facilement les gens qu'il est de leur devoir de faire quelque chose. Ainsi, le jeune homme qui a découvert le corps d'Ylenia confiait l'avoir fait sans savoir qu'une récompense était offerte à toute personne qui renseignerait la police. Un geste désintéressé pourtant essentiel, rappelle Muriel Gilbert, car «sans corps, pas de confirmation du décès. La famille doit alors vivre avec cette incertitude, ce qui complique le processus de deuil.»

Autre réaction emblématique, Le Nouvelliste lançait jeudi dernier une lettre ouverte aux politiques suisses pour la mise en place d'un dispositif national d'Alerte enlèvement. Si cet outil, destiné à avertir rapidement la population de la disparition d'un enfant fonctionne dans plusieurs pays -dont la France et les Etats-Unis -, son lancement se fait attendre en Suisse. «Cette missive n'est que le début d'une action qui doit permettre aux parlementaires de doter notre pays de cet outil indispensable», clame Jean-François Fournier, rédacteur en chef du quotidien valaisan. Et d'assurer qu'il ne s'agit nullement d'un coup médiatique, mais bien d'un combat pour une bonne cause. |

Gabriel Tejedor

Une trentaine de volontaires a participé aux recherches de la petite Ylenia le 2 septembre dernier.

3 questions à Edith Bianchi

Directrice d'Archizoom

L'espace d'expositions & conférences de l'EPFL / ENAC s'appelle désormais Archizoom. Outre un nouveau nom, il adopte une politique de communication plus accrocheuse et inaugure le 20 septembre un programme proposant, entre autres, des conférences de la styliste Nanni Strada et des designers Konstantin Grcic et Ronan Bouroullec.

Pourquoi ce changement?

Il est lié à une réorganisation de l'école, notamment au fait que je vais prendre ma retraite fin 2008. La direction du programme des expositions a été confiée au professeur Harry Gugger et nous avons réfléchi à la façon de redynamiser nos activités. Désormais, tout en restant en contact avec l'enseignement, nous nous concentrerons, durant tout un semestre, sur une thématique.

D'où vient le nom d'Archizoom?

C'est une suggestion de l'Atelier Poisson, le bureau avec lequel nous avons collaboré. Mais Archizoom est bien sûr aussi le nom du groupe d'architectes auquel nous consacrons notre première exposition. Entre 1966 et 1974, ces Florentins ont fait partie de ce qu'on appelle «l'architecture radicale» explorant des pistes tout à la fois utopistes et provocatrices pour renouveler l'architecture. Ils ont travaillé aussi bien sur le vêtement que dans le domaine du design, de l'architecture proprement dite ou de l'urbanisme, imaginant notamment la fameuse No-Stop City, une cité qui se répéterait indéfiniment sur le territoire. Une démarche qui reste d'une très grande actualité et qui a beaucoup marqué des architectes comme Rem Koolhaas ou Bernard Tschumi.

Spécialistes ou grand public, à qui vous adressez-vous?

En tant qu'Ecole polytechnique d'abord aux étudiants, et plus généralement aux architectes. Mais il est évident que nos expositions proposent plusieurs niveaux de lecture et que, par conséquent, chacun peut y trouver son compte.

Propos recueillis par Mireille Descombes

Ecublens. EPFL ENAC, Bâtiment S. Du 20 septembre au 30 novembre. http://archizoom.epfl.ch.

En marge Le crépuscule des vieux

Avec impertinence (Le petit rapporteur) ou en chansons (Dimanche Martin), il était le roi de la France cathodique. Amateur d'opérette, il a tenu à la ville le rôle du Cocu magnifique quand sa femme Cécilia est partie avec le petit maire qui les avait mariés. Victime d'une attaque en 1998, il a sans doute reçu un coup mortel le jour où son rival, élu président des Français, s'est approprié ses propres filles comme attributs de son triomphe. Jacques Martin vient de mourir. | AD

Bizot et Jack

Héritier d'une belle fortune, à 21 ans,

Jean-François Bizot a songé à tout donner au Parti communiste français. Mais il s'est ravisé. A lancé Actuel première formule (1970-1975), un sommet de la presse underground. Puis Actuel seconde formule (1979-1994), magazine allumé et curieux de tout. Bizot était un personnage extravagant, bouillonnant, convaincu que le journalisme est toujours à réinventer. Jack, comme il surnommait son cancer, vient de lui clouer le bec. | MA




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