L’idée est tellement évidente, que l’on se demande pourquoi elle ne se concrétise que maintenant. Laquelle? L’existence d’une association de défense des propriétaires immobiliers, dont le rayon d’action dépasserait les frontières cantonales. L’équivalent de la très connue Asloca (Association de défense des locataires), mais pour les personnes possédant leur logement individuel.
Ce manque est désormais comblé avec la création de l’Association des propriétaires (Assprop). Sans le claironner jusqu’à aujourd’hui, son président, Marc-Daniel Wachtl, avocat au barreau de Genève spécialisé en droit immobilier, a mis en place la structure: «L’Assprop a été juridiquement fondée au début de cette année. Aujourd’hui, nous sommes prêts à nous développer.» Le principe est simple. Il ressemble comme un jumeau à celui de l’Asloca: «Notre association est ouverte à tout propriétaire sous quelque forme juridique que ce soit (nom propre, PPE...). Nos prestations sont réservées à nos membres. Et pour intégrer le club, il suffit de s’acquitter d’une cotisation annuelle de 100 francs (frais d’inscription unique de 20 francs)», explique Marc-Daniel Wachtl, 36 ans et de la suite dans les idées.
Réactivité. Car ce n’est pas parce que l’on possède son logement que l’on est exempt de tracas. Relations avec les banques, litiges avec les voisins ou lors de vente, querelles de PPE, prise de tête avec les maîtres d’oeuvre, les architectes, méandres des registres fonciers, le catalogue ressemble à celui de la Redoute.
«Je souhaite de la réactivité. Que nos membres puissent appeler ou bénéficier d’entretiens et que l’on apporte très rapidement des réponses à leurs questions. Si celles-ci sont simples (conseils, orientation...), les prestations sont gratuites. Pour les consultations dépassant le stade du conseil juridique (représentations...), ils bénéficieront d’un tarif préférentiel de 250 francs par heure, soit la moitié du tarif usuel pratiqué à Genève.»
Pour répondre aux questions, Marc-Daniel Wachtl a réuni dans le comité de l’Assprop, un entrepreneur, David Vuadens, un promoteur-administrateur, Christophe Gilliéron et un architecte, Karim Alami Lahjouji.
Pour des questions pratiques, l’Assprop limite au départ son champ d’action aux cantons de Genève et de Vaud. «Mais nous espérons très vite étendre notre structure au reste de la Suisse romande.»
Une force respectée. Séduisante, l’initiative est-elle pour autant vouée au succès? Marc-Daniel Wachtl veut y croire: «Il y a clairement un manque. D’un côté, les locataires ont pris le pouvoir dans la dernière décennie au travers des associations de défense de leurs intérêts. De l’autre, il y a bien les chambres immobilières cantonales, mais elles défendent avant tout les intérêts des grandes régies. Les propriétaires individuels sont laissés en marge. Personne ne défend leurs intérêts!»
Du coup, les buts de l’association dépassent l’aspect «serviciel». «Nous espérons que l’Assprop assurera, à terme, la représentation politique des propriétaires, qu’elle deviendra une force respectée dans le débat législatif», poursuit Marc-Daniel Wachtl. L’aube d’une carrière politique? Pour ce Vaudois, Genevois d’adoption, ce sera, en cas de succès, un passage obligé: «L’engagement sera à droite, c’est sûr. Mais je ne sais pas encore sous quelle étiquette. J’ai toujours eu beaucoup de peine à entrer dans un moule.» Avant cette étape, toutefois, l’Assprop devra faire ses preuves.
www.assprop.ch
«NOUS VOULONS DÉFENDRE LES INTÉRÊTS DES PROPRIÉTAIRES INDIVIDUELS.» Marc-Daniel Wachtl, avocat et fondateur de l’Assprop
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