Martine, Laurent, Jack, Ségolène, François, Bertrand, Pierre… L’heure de la rentrée des classes a sonné pour le PS, comme pour toutes les formations politiques françaises. Les socialistes, eux, se retrouvent ce week-end à La Rochelle, dans le cadre de leur traditionnelle université d’été.
C’est devenu une habitude chez les descendants de Jaurès et Mitterrand, on s’appelle par son prénom. Façon commode d’arrondir les ego et de se rassurer sur l’unité d’une famille qui, face à la concurrence Besancenot, n’a qu’un nom: le socialisme. Derrière cette union de façade, le jeu fratricide des ambitions est à l’œuvre. Il l’est d’autant plus que, cette année, la place de premier secrétaire du parti est à prendre. François Hollande rend son tablier. En poste depuis une éternité – onze ans –, le député de Corrèze aura mis plus de fierté et de ténacité à tenir la baraque qu’à se porter candidat à une élection présidentielle. Son siège sera pourvu au prochain congrès du PS, en novembre, à Reims.
Quelle logique? Le rassemblement rochelais offre donc une revue de détails avant le sommet rémois. Qui pour succéder à François Hollande? Et suivant quelle logique? Les socialistes placeront-ils à leur tête celui ou celle qu’ils veulent pour candidat à l’élection présidentielle de 2012, ou invoqueront-ils la «jurisprudence Hollande», selon laquelle on peut être patron du parti sans briguer l’Elysée? Au vu de leur déconfiture en 2007 face à Nicolas Sarkozy, la première solution semble préférable à la seconde.
Les favoris pour le poste de premier secrétaire sont connus: Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et Martine Aubry, dans l’ordre d’après un récent sondage du Parisien. Les deux premiers ont les faveurs des Français et des sympathisants socialistes, mais sans doute pas celles de l’«appareil», archiméfiant face aux lubies de l’opinion. A cette aune-là, la maire de Lille, fille de Jacques Delors, forte de ses appuis à l’intérieur du parti (Fabius et Lang, notamment), a de sérieuses chances de l’emporter à Reims.
Face à l’avenir, plein de surprises, le plus grand risque serait d’élire l’un des trois outsiders: Pierre Moscovici, Manuel Valls ou Julien Dray. Pour la vieille garde, la jeunesse est le pire ennemi. Reste aussi cette question: quid de Dominique Strauss-Kahn, aujourd’hui directeur général du Fonds monétaire international? Lancera-t-il un appel de Washington? Trop tôt, peut-être.
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Invité cette semaine, Daniel Warner, directeur adjoint de l’Institut de Hautes études internationales et du dévelopement IHEID à Genève. L’émission, désormais hebdomadaire, sera mise en ligne sur www.tsr.ch et www.tv5Monde.org le 28 août. Elle sera également diffusée sur TSR2 dès lundi 8 septembre. |
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