Dans la famille Sardou, Romain, 36 ans, fils de Michel, est le plus injustement méconnu. Scénariste et écrivain, auteur de thrillers médiévaux, il se lance dans "America" (XO) une trilogie américaine débutant, en 1688, avec l’arrivée dans la ville toute neuve de Philadelphie de deux jeunes réfugiés irlandais.
Naviguant habilement entre histoire et fiction, mettant en scène la haine entre deux familles, Romain Sardou ressuscite une vieille connaissance neuchâteloise: Jean-Pierre Pury, resté dans l’histoire pour avoir fondé en 1732 la colonie de Purrysburg, le long de la rivière Savannah en Caroline.
Né à Neuchâtel en 1675, fils d’un ferblantier, maire du village de Lignières en 1709, ruiné suite à un incendie, le futur père du baron David de Pury entre au service de la compagnie néerlandaise des Indes orientales en 1711.
Rêvant de colonisations lointaines, il élabore une théorie selon laquelle le site idéal pour implanter des colonies se trouve au 33e degré de latitude.
Après le rejet de sa proposition d’implantation en Australie, il se tourne vers le Nouveau Monde, décidé à faire prospérer sa colonie avec la culture du ver à soie.
En 1739, la Couronne britannique, consciente des vues d’expansion de Louisiane française, encourage cette colonisation protestante.
Le premier contingent de 150 Romands arrive à Charleston en 1732. Ils seront suivis de plusieurs convois, principalement de Neuchâtelois, Genevois et Vaudois.
Purrysburg comptera jusqu’à 600 habitants mais sans jamais vraiment prospérer comme Pury l’espérait: le site, trop éloigné de la côte, n’est pas non plus idéal pour l’agriculture.
A son décès en 1736, Purrysburg ne compte plus que 450 colons. Les autres ont gagné des implantations plus prospères vers la nouvelle Géorgie.
A la fin du XIXe siècle, Purrysburg a disparu et aujourd’hui demeurent un cimetière, une croix en pierre et un panneau historique racontant l’histoire de cette colonie fantôme.
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