DIDIER PRADERVAND RÉDACTEUR EN CHEF Ce sont des icônes, même si, commercialement, elles ne sont pas les plus vendues. La légende raconte que c’est au poignet d’Alberto Santos-Dumont, en 1904, créée par Louis Cartier, que naquit la première d’entre elles: la première montre carrée. Une forme qui profitera de la période Art déco pour prendre son envol. Hier comme aujourd’hui, les montres carrées appartiennent à ce que les spécialistes appellent les montres de forme. Une définition qui englobe tout ce qui n’est pas rond. Comble de l’élégance masculine, elles connaissent leur apogée dans les années 50 et 60, comme le rappelle la récente réédition de l’Historique 1968 de Vacheron Constantin. De la Reverso de Jaeger-LeCoultre, plus rectangulaire que carrée certes, mais appartenant à la même famille, à la Monaco de TAG Heuer, la première carrée étanche dotée d’un mouvement automatique en passant par les Bell & Ross ou Protocole XXL de Piaget, toutes demeurent des musts horlogers. Nouvelle venue dans ce «cercle» fermé, la Carré H d’Hermès. Née de la rencontre entre le designer architecte Marc Berthier et Pierre-Alexis Dumas, directeur artistique général de la maison, le projet remonte à quelques années déjà. Jean-Louis Dumas, décédé à la fin de mai, avait en effet demandé à Marc Berthier de réfléchir à un «garde-temps pour un dandy voyageur». En jachère jusqu’en 2006, le projet renaît après que Pierre-Alexis le découvre en feuilletant un dossier. Rejoints par Philippe Delhotal, directeur artistique de La Montre Hermès, les deux hommes relancent le projet. Dévoilée le 27 juin, dotée d’un mouvement automatique GP 3200, la montre réalisée en titane microbillé et poli arbore des angles arrondis et, vue de profil, ressemble à une sorte de cuvette. A n’en point douter, une déclinaison femme devrait rapidement voir le jour.
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