La nouvelle est tombée sans bruit ou presque. Un nouvel algorithme pour Google, un de plus.
A l’exception des sites spécialisés, personne n’a tiqué sur le bref article paru sur le blog officiel du géant californien, vendredi 20 août dernier, en début de matinée.
Pourtant, ce changement pourrait bien surprendre les internautes, habitués à confier leurs requêtes les plus variées à Google.
Désormais, lors d’une recherche consacrée à une marque ou à une organisation, jusqu’aux sept premiers résultats pourront être trustés par leur site officiel, contre deux actuellement.
Dans les faits, il suffit d’imaginer une recherche simple pour saisir la différence. Aujourd’hui, si l’on lance une requête sur une compagnie low-cost, on trouve parmi les premiers résultats des liens vers son site, mais également des articles et des témoignages critiquant sa ponctualité et son service à la clientèle.
Demain, on pourrait se retrouver uniquement face à un panel de destinations. Voire celles que la compagnie souhaite promouvoir en priorité.
Et même si Google annonce que les pages afficheront dorénavant 15 résultats au lieu de 10, la mesure laisse sceptique, quand on sait que l’attention est en moyenne de 90% pour le haut de la page, avant de retomber à 10% pour les derniers résultats.
Droit à l’oubli. Du côté de Google, on reste vague. Responsable de la communication de la société en Suisse, Matthias Meyer se contente de rappeler que le classement est réévalué périodiquement et que ce nouvel algorithme «s’applique pour les recherches indiquant un intérêt d’utilisateur fort dans un domaine particulier».
Plusieurs observateurs mettent cependant en avant une meilleure application du droit à l’oubli pour expliquer ce changement.
Une analyse qui n’étonne pas Stéphane Koch, spécialiste des nouvelles technologies: «Google veut améliorer son image par rapport à la protection de la vie privée. Surtout que la question risque d’être au centre des débats politiques dans un futur proche.»
Reste que le Genevois n’est pas convaincu par le succès du procédé. «Cela peut fonctionner pour certaines personnes, mais pas pour des gens peu connus sur le net ou qui n’auraient pas d’identité numérique.»
Surtout, d’autres outils pourraient être mis en place, tels ceux déjà imaginés pour empêcher le détournement de trafic d’un site par un autre.
Et si, plutôt qu’un droit à l’oubli, ce nouvel algorithme offrait une nouvelle virginité à des marques ou à des organisations souvent critiquées sur le net?
«Qu’il y ait une meilleure cohérence de résultats pour une entreprise n’est pas une mauvaise idée, note Stéphane Koch. Mais il ne faudrait pas que cela se fasse au détriment de l’information.»
Annoncé mais pas encore appliqué, le changement d’algorithme risque de poser la question de l’objectivité du moteur de recherche par rapport à ces résultats.
Et de pousser les internautes à renouer avec une recherche active, consciente des nouveaux filtres proposés par Google.
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