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Quand la suisse Romande se doit d’exister

Par Daniel Audétat - Mis en ligne le 19.06.2008 à 00:00

Promotion économique. La Confédération propose de la prendre en main. Cela révolte les cantons de Suisse occidentale. Pour eux, pas de salut hors de l’union.

Un bel effet d’annonce. Voilà la carte qu’ont jouée les ministres de l’Economie des six cantons romands et de celui de Berne le mercredi 11 juin. Le communiqué tenait en quelques lignes, mais son titre avait une tournure historique: «Les cantons de Suisse occidentale réunissent leurs forces.» La Conférence régionale des chefs de département de l’économie publique déclarait ainsi sa volonté de «mieux fédérer des moyens aujourd’hui répartis dans diverses structures, afin d’assurer conjointement la promotion économique de ses membres à l’étranger.»

Partie cachée. Ce que les ministres romands n’ont pas dit, c’est que leur «décision de principe» a été précipitée par l’imminence d’une rencontre déterminante. Celle convoquée le jeudi 19 juin à Berne pour que les ministres des économies cantonales de toute la Suisse puissent s’entendre sur les propositions que leur fait la Confédération. L’enjeu immédiat est là. Le Seco (Secrétariat d’Etat à l’économie) veut mieux entretenir l’image de la Suisse à l’étranger, et souhaite se mêler plus directement de prosprection. Ce souci de «nationalisation» de la promotion économique implique de sérieuses réorganisations.
Il y a deux ans, le Seco voyait grand. Dans un plan pour la période 2008-2011, il imaginait une «Maison de la promotion économique extérieure» qui aurait pu englober Suisse Tourisme, et même la culture. Au final, le projet soumis aux cantons se limite à la promotion des exportations, à la promotion des investissements dans les pays en développement, et enfin, à la «promotion des conditions d’implantation des entreprises en Suisse».

Le poids de Zurich. C’est l’OSEC qui a hérité de tout cela, sur mandat du Seco délivré en janvier 2008. L’OSEC? C’est l’ancien Office suisse d’expansion commerciale qui n’a conservé de ses origines que son acronyme, pour devenir l’OSEC Business Network Switzerland. Il emploie environ 80 personnes à Zurich, et seulement quatre dans ce qui reste de son antenne romande, à Lausanne.
On conçoit facilement la crainte qu’inspire une telle disparité. «On nous a précisé que l’OSEC n’avait pas les moyens de corriger sérieusement ce déséquilibre régional», relève le conseiller d’Etat Bernard Soguel. Alors, bien sûr, les Romands, et le canton de Berne avec eux, redoutent qu’un modèle national de la promotion économique ne favorise encore davantage les sept cantons associés au sein de la puissante Greater Zurich Area.
Depuis le début de la réflexion, les ministres de Suisse occidentale se posent en Neinsager. Les propos sont très durs. «Notre réseau de démarcheurs, nous avons mis vingt-cinq ans pour le constituer», souligne le Neuchâtelois Bernard Soguel. Son homologue vaudois, le conseiller d’Etat Jean-Claude Mermoud, enchaîne: «Jusqu’ici, la Confédération a fait de la promotion d’image. Qu’elle s’y tienne. Les gens du Seco et de l’OSEC ne savent pas ce qu’est la promotion économique de terrain.»
 
Découvrez l'entier de l'article dans L'Hebdo.





Tags: Suisse romande, économie, SECO, Confédération, Berne,

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