Quand le X se raconte
Par Cristina Sanchez - Mis en ligne le 30.09.2009 à 03:18
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| Situé au cœur de la ville, tout le monde le voit, personne n'y entre... Lieu devenu mythique, il reste pourtant mystérieux pour la plupart d’entre nous. Alors le LBB s’y est rendu. Rencontre avec le gérant et l'un des caissiers de l’unique cinéma pornographique de Lausanne : le Moderne. Qui n’a jamais jeté un coup d’œil en direction du Moderne dans l’idée de reconnaître un client potentiel ? Qui ne s’est jamais demandé ce qui se tramait à l’intérieur de cet endroit étrange ? Selon les bonnes mœurs, la question ne se pose même pas. Seulement voilà ; situé sous gare, au beau milieu d’une rue à forte affluence, dans un bâtiment imposant datant du début du siècle passé et arborant de grandes lettres rouges, on ne peut tout simplement pas le louper. Nous sommes tous déjà passés par là au moins une bonne dizaine de fois. Et la curiosité persiste… Perçu comme le lieu de luxure et de débauche par excellence, cet endroit a développé tout un imaginaire passant du vieux lubrique dégoulinant au pervers en imper’. Mais tous les jours, des gens s’y rendent non pas pour s’adonner à certains plaisirs, mais plus simplement pour gagner leur vie et faire tourner la machine. C’est à travers le regard de ces personnes que je vous propose de percer le mystère du Moderne. Il est 14h et me voilà devant le cinéma. Sans le vouloir, j’ai le bon vieux réflexe du coup d’œil, mais cette fois-ci pour vérifier qu’il n’y ait personne susceptible de me reconnaître… Et hop, je suis dedans ! Pas de flammes infernales, pas de vieilles ampoules clignotantes en guise de lumière, pas de crasse ni de vieux pervers inquiétants. Plus tard je visiterai l’ensemble de l’établissement et ne croiserai d’ailleurs que quelques têtes grisonnantes calées au fond de leurs fauteuils. Mais avant ça, je rencontre Marc Mezzaour, gérant du Moderne depuis sept ans. Il m’explique que le cinéma possède deux salles et trois écrans. Oui oui, ça signifie que dans une même salle on peut voir deux films en même temps ! La vocation principale du lieu est bien sûr la projection de films X, mais il propose aussi des cabines payantes où les gens peuvent visionner des vidéos individuellement, ou pas… Quatre d’entre elles possèdent des volets que l’on peut ouvrir ou fermer pour regarder ou s’exhiber. À choix. Il ajoute qu’il s’agit du cinéma le moins cher de Lausanne ! 14 francs l’entrée pour trois films non stop, de 10h30 à 23h. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le choix des films est minutieux et pointilleux, puisque cherchant à satisfaire une clientèle aussi bien hétéro, homo, que bi. Deux personnes sont chargées de la programmation, et le gérant souligne que ce n’est pas un travail évident : « il faut faire attention à ce que ce ne soit pas trop répétitif, pas toujours les mêmes acteurs, et que l’histoire ne soit pas trop bidon. En fait, il faut voir une multitude de films pour se rendre compte de ce qui est bon et de ce qui ne l’est pas. Moi je regarde tous les films qui passent ici pour m’assurer de leur qualité. » On en oublierait presque qu’on parle de pornographie… Et pour contrer une autre idée reçue, la clientèle tient compte de la programmation puisque Loris Curtenaz, caissier depuis cinq mois, a constaté que le jour où le cinéma est le plus fréquenté est le jeudi - jour où de nouveaux films sont à l’affiche . La clientèle est majoritairement constituée d'habitués, des hommes en moyenne âgés de quarante à cinquante ans. Mais il semblerait qu'elle varie selon le créneau horaire. « Trois minutes après l’ouverture à 10h30, certains clients sont déjà là. Ce sont des gens qui vont par exemple vouloir fréquenter les cabines quand elles sont parfaitement propres, et qui peuvent rester ici des heures. Entre midi et deux, c’est la clientèle des bureaux. On le voit parce qu’ils sont habillés autrement, en costard cravate. En soirée, on aura une clientèle qui viendra principalement pour des rencontres. Il ne faut pas oublier que les gens viennent aussi ici pour se rencontrer », me précise le gérant. C’est en partie grâce à ce dernier aspect que depuis 1975, année où le cinéma est devenu exclusivement pornographique, cette petite entreprise ne connaît pas la crise. Face à la concurrence des nombreux films gratuits disponibles sur Internet, le Moderne a su se démarquer en proposant un endroit où se retrouver, et plus si affinités… Les clients se permettent à l’intérieur ce qu’ils ne se permettraient pas à l’extérieur. Mais ces nombreuses libertés offertes par l’établissement sont aussi à l’origine de certains débordements, bien que Marc Mezzaour me précise qu’ils sont de plus en plus rares en raison des différentes directives mises en place. « Le caissier est chargé de faire des rondes assez régulièrement, de façon à ce que ce ne soit pas non plus le gang bang un peu partout, parce que c’est quand même un lieu public », me dit-il. Cependant, les cabines étant privées, chacun y fait ce qui lui plaît. La prostitution devient alors un problème difficile à gérer. A force, les prostituées sont facilement reconnaissables pour les employés. La clientèle étant presque exclusivement masculine, les femmes seules sont automatiquement considérées comme suspectes. Le responsable m'explique que « dans ce cas de figure, on ne leur refuse pas l’accès, mais on leur explique bien comment ça fonctionne. Donc pas d’exhibitions dans les parties publiques, discrétion dans les salles et plus si affinités dans les cabines qui fonctionnent avec des pièces de monnaie. On n’est pas la police mais on ne veut pas non plus être taxé de proxénétisme. » Les salles de cinéma pornographique sont souvent associées aux dérives qu'elles peuvent engendrer et à une certaine idée que l’on se fait de la perversion sexuelle, notamment à travers des amalgames. De ce fait, le Moderne et sa visibilité ne font de loin pas l’unanimité. Apparemment, de nombreuses lettres anonymes ont été envoyées pour demander la fermeture du cinéma et dénoncer le caractère honteux de ses affiches soumises aux yeux de tous. Selon notre gérant, cette visibilité représente également un frein pour la clientèle. Rares sont les clients qui se confrontent facilement au regard des autres, au point que l’installation d’une entrée plus discrète est envisagée. Malgré cette mauvaise réputation, Marc Mezzaour assume entièrement sa position de gérant du Moderne : « Ca ne me pose aucun problème, au contraire. J’en ai parlé une fois avec une personne qui s’occupait de la marche blanche. C’est une marche contre les abus sexuels sur les enfants, quelque chose de très grave. Il me demandait d’enlever mes affiches. Alors je lui ai fait visiter l’établissement pour qu'il se rende compte par lui-même. La Suisse est un pays où la censure est très rigoureuse, tout ce qui est scatophilie, pédophilie, ça n’existe pas et pour moi c’est exclu. J’ai moi-même un enfant, et si certains types ont des fantasmes un peu poussés, je préfère les avoir ici que devant la cour d’école de mon gosse. Quelque part on a aussi un rôle à jouer à ce niveau-là. » Et cette dernière phrase mérite réflexion. Le Moderne ne correspond ni à l’antre du diable, ni au pays des Bisounours. En y allant en début d’après-midi, le temps d’un entretien, je n’ai certainement pas vu son côté "obscur" englobant la prostitution et autres débordements. Mais j’en conclus que la plupart des gens qui vont voir des films X sur grand écran ne sont pas forcément des vieux pervers détraqués sexuellement. Du moins pas plus que les nombreuses personnes qui s’adonnent à la même activité sur plus petit écran, dans l’intimité de leur foyer. Et s'il existe effectivement des détraqués à Lausanne, ne vaut-il pas mieux les savoir dans un exutoire sous contrôle ? Dans tous les cas, drôle de destin pour cette salle de cinéma créée en 1930 par un amoureux du septième art.
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| Réaction de lovsmeralda le 28.01.2011 à 19:55 | | les salles de films x sont nécessaires et ce depuis... les salles de films x sont nécessaires et ce depuis la nuit des temps ou se réfugiaient déjà les perverses ou autres personnage au moeurs délicteuses,de celles qu'il vaut mieux laisser à l'abri de regards d'enfants et je pense aux exhibitionnistes,tant que des gosses d'avant 12 ans sont à l'abri de gens détraqués ou non,le reste n'a que très peu d'importance. | |
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| Réaction de slimnature le 28.01.2011 à 19:27 | Le jour où on prendra tout ce qui est du... Le jour où on prendra tout ce qui est du sexe comme d'un jeu entre adultes, duquel faudra exclure les enfants parce que enfants et les animaux parce qu'ils n'ont pas besoin des humains pour jouer, il y aura beaucoup moins de drames et beaucoup plus des jeux. slim | | |
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| Réaction de Gérant homophobe le 27.01.2011 à 11:25 | | Je suis d’accord avec vous, le gérant ne pense qu’à... Je suis d’accord avec vous, le gérant ne pense qu’à la rentabilité et oublie que la rentabilité du Moderne n’est pas la chasse des « homos » en leur crient devant tout le monde en leur disant qu’il y a les cabines pour se branler et surtout, de ne pas oublier de mettre l’argent pour ne pas se faire « engueuler, de nouveau. Pourquoi dans les autres cinémas de la chaîne (particulièrement à Berne) tout se passe bien el le sexe n’est pas un cauchemar pour le gérant.
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| Réaction de En désaccord le 19.02.2010 à 19:47 | C’est dommage que le journaliste n’ait pas pris l’avis des... C’est dommage que le journaliste n’ait pas pris l’avis des clients. Il se trouve que le gérant, pour justifier vis-à-vis de la direction le « nettoyage » sexuel, ne se gène pas d’appliquer la loi de « La Terreur » Il crie, devant tout le monde, aux clients qu’il surprend et faisant autre chose que regarder le cinéma, et la plupart du temps il les mets « à la porte » sans m^me leur rembourser l’entrée. Il est tellement hypocrite qu’il arrive à convaincre la direction que les différents litiges avec certains clients sont dus à leurs mauvais comportements. En résume, la direction croit que le manque ou perte de clients est due à l’Internet. Croyez-vous que les clients d’un certain âge on déserté le Moderne par plaisir ? Il faudrait, plutôt, regarder du coté gérant. Il est mal polie, homophobe et, comme lui-même dit, c’est lui le patron et il décide de qui il veut s’en passer comme client.
Merci Marc Mezzaour
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