«Fluide, transparent, très doux. En un mot: excellent!» Voilà comment Eric Marchand, président de la commission d’élevage de la Société romande d’apiculture décrit le miel produit par Michèle Bonnefond et Armand Malvezin, deux apiculteurs qui ont installé huit ruches - avec chacune 60000 insectes - sur leur terrasse en plein cœur de Paris. Cet habitant de Villeret, dans le Jura bernois, poursuit: «Pendant de nombreuses années, nous avons eu des miels toutes fleurs. Avec l’appauvrissement des cultures, les villes et leurs abords deviennent intéressants.»
Miel des villes. Des abeilles en ville, quel citadin aurait parié sa tartine? Pourtant, le phénomène existe bel et bien. Etonnant? Non, car les cousines de Maya trouvent d’innombrables variétés de fleurs sur les balcons, dans les jardins privés et les parcs. «Et, en plus, ces fleurs sont arrosées et remplacées lorsqu’elles sont fanées», rigole Michèle Bonnefond, qui énumère diverses essences que ses protégées aiment butiner: les tilleuls, les acacias, les marronniers, le catalpa ou d’autres arbres exotiques. L’apicultrice jure n’avoir aucun problème avec ses voisins. Ni avec ses abeilles citadines d’ailleurs qui produisent 50 kilos de délicieux nectar par ruche. «C’est plus qu’à la campagne. La moyenne française est de 15 kilos par ruche. Les abeilles sont plus heureuses en ville, car elles ont plus de possibilités de butinage.» Elle estime que, dans Paris, le nombre de ruches s’élève à 300: «Le phénomène se développe de plus en plus. Il y en a même sur le toit de l’Opéra.»
Et la pollution? Michèle Bonnefond a réponse à tout: «Les fleurs ne donnent du nectar que pendant quelques heures. L’abeille le prélève avant qu’il n’ait le temps d’être pollué.» Si les butineuses françaises aiment l’air de la capitale, leurs sœurs anglaises paraissent goûter l’air londonien, puisque des ruches prospèrent à Northcoate Road, à Roehampton Gate, mais également dans le quartier le plus hype de Londres, Chelsea, au Chelsea Flower Show. Et en Suisse? Passionné d’apiculture depuis trente ans, Michel Roth, d’Epalinges, parie quelques rayons de miel: «Certaines villes suisses comme Lausanne, Montreux ou Bâle jouissent d’un microclimat et d’une végétation variée. C’est certain: les gens y ont des ruches, car les abeilles y trouvent leur compte.»
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