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Quand les antennes font leur loi.

Par Marie Maurisse - Mis en ligne le 26.02.2009 à 06:00

Champs électromagnétiques. Portable, wifi... Les ondes sont-elles dangereuses? Jusqu’à présent, le Tribunal fédéral est resté sourd aux plaintes des citoyens. Contrairement au CHUV, qui applique déjà le principe de précaution.

Les antiondes peuvent se féliciter. Dans un arrêt en date du 4 février 2009, la cour d’appel de Versailles a considéré «qu’aucun élément ne permet d’écarter (...) l’impact sur la santé publique de l’exposition de personnes à des ondes ou des champs électromagnétiques». La jurisprudence française franchit un pas important, puisqu’elle contraint Bouygues Telecom à démonter les installations d’une antenne relais dans le Rhône.
 
Bombe. Sur le front des militants antiondes non ionisantes, ce jugement fait l’effet d’une bombe. Y compris en Suisse. «C’est une étape décisive, explique Séverine Jourdain, porte-parole de l’Association Ariane, qui se bat contre «l’implantation d’antennes nocives» à Epalinges. Mais, en Suisse, une telle prise de conscience prendra beaucoup plus de temps.» La Confédération est en effet bien prudente à l’heure de se prononcer sur les dangers des ondes électromagnétiques comme le wifi, les téléphones portables ou les antennes de radiodiffusion. Le dernier verdict en la matière est celui rendu par le Tribunal fédéral le 16 décembre 2008. Il donne tort aux plaignants, un couple d’habitants de Grandvaux (VD) qui se plaint d’électrosensibilité – cette «maladie des ondes» dont souffriraient environ 5% des Suisses. Orange peut donc maintenir son projet de construction d’antenne sur la commune.
 
Pour justifier sa décision, la Cour suprême indique que l’opérateur ne viole en rien la réglementation en vigueur en Suisse. Flore Primault est avocate. En 2007, elle s’est battue en vain contre un projet d’antennes de Tele2 à Lausanne, dans le quartier de Bellevaux. «A l’époque, j’ai eu réellement l’impression que nous ne sommes que très peu de chose face à la puissance des lobbies, dit-elle. Il faudrait appliquer le principe de précaution au sens strict, ce qui n’est manifestement pas le cas actuellement. Les tribunaux n’ont pas d’autres choix que de se retrancher derrière la législation.»

La législation en question est l’ORNI, entrée en vigueur en 2000. Elle autorise une puissance de 4 à 6 volts par mètre selon la gamme de fréquences émises. Ces chiffres sont inférieurs à ceux d’autres pays comme la France, qui fixe la limite à 41 volts par mètre. Pour les spécialistes, la loi suisse est particulièrement restrictive. «Nous sommes parmi les seuls à avoir adopté des mesures préventives pour tenir compte des effets non thermiques des ondes», explique Anne-Christine Favre, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Lausanne.

Mais, pour les plus sensibles aux ondes, les valeurs limites dictées par l’ORNI sont loin d’être suffisantes. Selon certains chercheurs, ces ondes seraient à l’origine de tumeurs au cerveau ou de leucémies. Les militants antiondes évoquent le rapport BioInitiative, qui prône 0,6 volt par mètre. La ville de Paris a édicté une charte à 2 volts par mètre. Ou les écoles anglaises, qui ont carrément renoncé au wifi.

«Le Tribunal fédéral aurait les moyens juridictionnels de remettre en cause les décisions fondées sur l’ORNI, s’il était convaincu que cette ordonnance n’est pas suffisamment protectrice, affirme Anne-Christine Favre. Il a déjà rendu ce type de jugement en 2000 au sujet des nuisances sonores près des aéroports nationaux.» Mais, en ce qui concerne les dangers des ondes électromagnétiques, «les juges sont trop frileux», note Philippe Hug, président de l’Association romande pour la non-prolifération d’antennes de téléphonie mobile (ARA).

La réglementation suisse sur les antennes est-elle assez restrictive? Le problème se pose d’autant plus que les opérateurs sont en train de développer le réseau de téléphonie 3G, grâce à la technologie UMTS. Selon l’Office fédéral de la communication (Ofcom), Orange, Swisscom et Sunrise ont tous trois atteint leur objectif de couverture UMTS en 2004. Dès lors, pourquoi continuent-ils à construire de nouvelles antennes? La loi ne les oblige pas à justifier d’un besoin lorsqu’ils demandent un permis de construire – contrairement aux agriculteurs, par exemple.
 
Patience. Du côté des opérateurs, on invoque le respect de la loi et la nécessité de remplir le mandat fixé par l’Ofcom. Et un paradoxe: les Suisses veulent pouvoir téléphoner de partout, réclament plus de wifi dans les lieux publics, mais ils pestent contre les antennes quand elles sont à proximité de chez eux. Le fameux Not In My Backyard...

En la matière, seule la science pourrait donc faire changer d’avis le législateur. Le programme national de recherche au sujet des effets nocifs des ondes non ionisantes rendra son rapport au début de 2010. «Nous espérons clarifier la situation, indique Alexander Borbély, président du comité de direction du programme. Les résultats se traduiront peut-être par des mesures politiques.» Encore faudrait-il que ces conclusions suscitent un consensus

LES ENTREPRISES INNOVENT

Des ondes moins puissante

Pour éviter des procès gênants, les institutions appliquent de leur plein gré le principe de précaution. Elles se mettent à investir dans des projets innovants, aux ondes de moindre ampleur. Le Centre Hospitalier Universitaire Vaudois et les Hôpitaux Universitaires de Genève testent actuellement le Green GSM. Ce système plutôt discret, développé par Swisscom, génère beaucoup moins de rayonnement que les antennes traditionnelles. Les portables distribués aux collaborateurs produisent dix fois moins de puissance que les autres appareils. Et la qualité des communications reste la même. Si la phase de test s’avère concluante, près de 3000 mobiles de ce genre seront distribués d’ici à 2010 aux salariés de ces hôpitaux. Ce projet inspire aussi l’EPFL, confrontée aux craintes de certains employés face au wifi. «Ils savent que, en France, la Bibliothèque nationale a renoncé à cette technologie, note Jean-Michel Poffet, hygiéniste œuvrant au sein de Medical Service à l’EPFL. Lors de la construction du Rolex Learning Center, nous devrons étudier toutes les possibilités pour réduire la portée des antennes au minimum.» Le marché des ondes à faible puissance devrait se développer dans les années à venir. Visionnaire, l’entreprise Swissvoice en fait même son cheval de bataille et lance un modèle de téléphone «full-éco». L’économie va parfois plus vite que la politique.




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Réaction de IEC60601
le 26.02.2009 à 10:05
toute loi qui prétend imposer une limite superieure a 3V/m...
 
Réaction de IEC60601
le 26.02.2009 à 09:48
en suisse vous avez une limite a 4V/m en France...
 



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