Décryptages
Quand l'excès de prudence crée du risque
Prudence n’est pas toujours mère de sûreté. Et la pusillanimité engendre des dangers plus redoutables que ceux dont on cherche à se protéger. Ainsi de la prévention des chocs systémiques à travers les nouvelles réglementations imposant plus de fonds propres aux banques et assurances, en fonction des risques pris. Quoi de plus logique après la tempête sur les marchés financiers? Et pourtant… Le directeur général du FMI sonne lui-même la corne de brume pour éviter un imposant iceberg encore caché dans le brouillard des nouvelles certitudes. Plusieurs pays ont demandé aux banques d’augmenter leur ratio de liquidités: a priori une bonne idée. Mais si les multinationales de la finance bloquent de l’argent dans plusieurs pays, leur capacité globale d’intermédiation financière pourrait s’en trouver amoindrie. D’où une hausse prévisible du coût du crédit, si les autorités de surveillance ne coordonnent pas mieux leurs actions. Les nouvelles règles imposées aux assurances – ici avec le Swiss Solvency Test et dans l’Union européenne avec Solvency II – tiennent aussi du principe de précaution. Hélas: à trop vouloir garnir leurs bilans de titres sans risques, les assureurs vie ont toutes les chances de ne pas parvenir à servir des pensions de retraite correctes à une population en voie de vieillissement rapide. Le fantasme du mieux est souvent l’ennemi du bien.
Tags: Décryptages, prudence, placements,
|