Qui est le mouton noir?
CRIMINALITÉ. Les statistiques ne font pas la différence entre les étrangers établis en Suisse de longue date et ceux de passage. Saint-Gall a été le premier à le faire.
C’est l’un des principaux arguments de l’initiative sur l’expulsion des délinquants étrangers, traitée au Parlement en mars: la moitié des crimes commis en Suisse chaque année le sont par des étrangers (50,9% en 2008). Mais il repose sur une base flottante. La statistique de la criminalité ne distingue pas les criminels en fonction de leur permis de séjour. On met dans le même panier le secondo au bénéfice d’un permis C qui a passé toute sa vie en Suisse et les bandes criminelles qui font une incursion sur sol helvétique le temps d’y commettre quelques méfaits.
La Confédération a décidé d’y remédier. Une nouvelle statistique, basée sur les chiffres de 2009, sera présentée pour la première fois le 22 mars. Quelques cantons ont déjà franchi le pas. Saint-Gall a été le premier: il différencie les étrangers en fonction de leur statut depuis 2005 déjà. Un coup d’oeil à la statistique de 2008 montre que, sur 45,3% de délits commis par des étrangers, 64,1%, soit 27,8% du total des délits, l’ont été par des résidents de longue durée (permis B et C), soit ceux directement visés par l’initiative de l’UDC. Le reste était le fait d’étrangers de passage: 27,4% (11,9% du total) étaient dans le pays pour une courte durée (permis G de frontalier et L de moins d’un an, touristes, gens du voyage) et 8,2% (3,6% du total) se trouvaient dans le processus d’asile.
La nouvelle statistique permettra également de mieux chiffrer la criminalité. Actuellement, une série de délits commis par une même personne (entrée par effraction, agression et vol, par exemple) sont comptabilisés comme un seul événement. A l’avenir, ils seront répertoriés séparément. Cela permettra d’éviter des absurdités: les 14 morts de la tuerie de Zoug, en 2001, avaient été comptés comme un crime unique. De même, la violence domestique commise par une même personne sur une longue période est répertoriée comme une série d’infractions à Zurich, alors que Vaud y voit un délit unique. Pas étonnant que les maris du bord de la Limmat paraissent plus violents que ceux de l’arc lémanique…
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