C’est quoi une frontière ?
Par Manon Germond - Mis en ligne le 19.08.2011 à 18:19
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«Ce petit brin d’Italie est italien dans l’âme mais il est habillé à la Suisse», écrit Giovanni Cenzato dans son livre «Campione d’Italia dans l’Histoire et dans l’Art».Campione d’Italia, c’est une petite enclave italienne, facilement reconnaissable depuis Lugano grâce à son immense Casino de l'architecte Mario Botta. En bateau, ce petit bout de territoire italien est accessible en une vingtaine de minutes depuis les rives tessinoises.
Les habitants de Campione possèdent le passeport italien. Ils sont toutefois scolarisés en Suisse, lisent les journaux tessinois et font la majorité des transactions en francs suisses. Mais alors que reste-t-il de l’Italie ? Le territoire, les plaques des voitures, l’électricité et surtout l’art de vivre.Un labyrinthe de petites ruelles pavées, avec de sympatiques terrasses ombragées et ce bel accent chantant. «Il y a quarante ans, il y avait beaucoup de magasins ici. Aujourd’hui les gens savent qu’ils peuvent gagner plus en Suisse», raconte une habitante.Le petit village de plus de 2'000 habitants compte quelques restaurants, mais les boutiques sont plus rares : une galerie d’art, une boulangerie, un boucher et un kiosque. Les magasins se comptent sur les doigts de la main.Dans un bar une serveuse raconte recevoir son salaire en euros, l'équivalent de 900 francs par mois. «En Suisse une serveuse gagne 3'500 francs », compare-t-elle.Deux maçons profitent de la pause repas pour apprécier le paysage. Habitant Como (Italie), ils travaillent sur un chantier à Campione. Financièrement perdants, ils doivent acheter leurs repas en francs suisses, avec leurs salaires italiens.Et les suisses à Campione? Les cas des tessinois qui exercent une activité professionnelle sur cette enclave italienne sont plus rares. Dans le village, le bruit court que ceux-ci travailleraient au Casino, car les salaires y sont plus élevés. Mais les suisses qui traversent la frontière sont plutôt connus pour être des joueurs du Casino. Une agente immobilière raconte également qu’elle est bénéficiaire du franc fort : «Ces temps les suisses se renseignent beaucoup sur le prix des terrains», se réjouit-elle.Sacré enchevêtrement… Et tout cela, c'est pourquoi? Parce qu’un ancien marchand, propriétaire du territoire de Campione a fait le don de ses terres à la Basilique de Saint Ambroise à Milan. C’était en 777.
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