Radiohead - The King Of Limbs
Lost in a forest... All alone. Définitivement franc-tireur du net, Radiohead revient par surprise et emmène l'auditeur dans les méandres glacés du diptyque "Kid A/Amnesiac". Radiohead - Codex Et le web a tremblé. En annonçant le jour de la Saint Valentin la sortie de son huitième album, Radiohead a fait tomber en flèche le trafic des sites de fleuristes, en Occident du moins. Mieux, en ouvrant les téléchargements avec 24 heures d'avance - vendredi au lieu de samedi - le groupe d'Oxford a su reconduire le buzz, de Twitter à Facebook.L'effet de surprise passé - ah bon, les Anglais avaient fait à peu près pareil pour In Rainbows? - que vaut ce King Of Limbs? Difficile à dire si tôt, n'en déplaise à ceux qui ont dégainé leur chronique à la vitesse grand V. Moins immédiat - et rassurant - que son prédécesseur In Rainbows, The King Of Limbs se déguste avec l'étrange sentiment de ne pas savoir si l'on est chez Radiohead ou chez Thom Yorke. Ou du moins avec l'impression tenace d'observer un enfant hybride, né des noces du Kid Amnesiac et du Eraser.Court - 8 titres pour 37 minutes au compteur - un brin incohérent, voire brouillon, The King Of Limbs n'est pas pour autant avare en qualités. Et en beaux moments. Mais ceux-ci se cachent dans les détails. Et se révèlent lorsqu'on prête l'oreille, des arrangements impressionnistes de Codex et Bloom aux arpèges hypnotiques de Separator. Plus alchimique que jamais, Radiohead tente de concilier ses penchants synthétiques et ses orfèvreries plus pop. Et y parvient pour une bonne moitié de l'album, en particulier sur le très beau Lotus Flower.Pour le reste, plus abrupt et hermétique, on prendra l'intitulé au pied de la lettre: le roi des limbes, parti à la reconquête de son territoire. (EDIT: Enfin, non, vu que "The King Of Limbs" renvoie à un certain chêne de la forêt de Savemake... Mais bon, je conserve mon analyse.) Plus précisément celui laissé en friche après Amnesiac. L'IDM brumeuse de Feral évoque ainsi des faces B de l'époque, tandis que les réminiscences krautrock de Morning Mr Magpie et Little By Little renvoient directement aux mélanges insurpassables de Kid A. Et c'est finalement peut-être là ce qui risque de provoquer un désamour injustifié pour ce King Of Limbs: pour avoir bluffé son monde et son époque avec un chef-d'oeuvre estampillé, Radiohead sera désormais jugé à cette aune à chaque incursion plus expérimentale. C'est placé la barre un peu haut... Pour ma part, je vais continuer à explorer The King Of Limbs, trop heureux d'y retrouver un groupe téméraire, capable de creuser son sillon et de profiter de sa liberté, 4 ans après le trop pépère In Rainbows.Radiohead The King Of Limbswww.radiohead.com www.thekingoflimbs.com
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