| Deuxième jour du ramadan. On m'avait prévenu, ce sont les premiers jours qui sont les plus dures. J'ai tenté de me mettre au rythme local et de suivre les prescriptions. Pas de boisson, pas de nourriture et pas de cigarettes durant toute la journée. Dans les rues, les gens ont l'air agars, épuisés. La plupart des marchands sont avachis dans leur magasin, posés sur une chaise, le regards lointain, ou couchés sur un canapé. Tout le monde attend la même chose, que le soleil se couche. En 24 heures la ville a changé, les rues ont l'air désertées, alors qu'elles fourmillaient de monde avant.Il est 15 heures au moment ou j'écris ce poste. J'ai triché ce matin, car je me suis levé après le soleil. Je me suis permis de déjeuner, vers 8 heures, depuis, plus rien. Je comprends la léthargie des gens. La matinée s'est déroulée normalement, puis peu à peu, la soif, puis la faim se sont installées. J'ai sombré dans la somnolence. En ce deuxième jour, je sens la contrainte que peut être le ramadan. Seul refuge, j'ai passé une partie de mon après-midi à dormir. Puis, je suis sorti pour une micro ballade. Et là j'ai vraiment ressenti de la haine. Dans la première rue que j'emprunte, je croise un petit groupe de touristes, chacun avec une canette de soda à la main. Je vis cet instant comme un irrespect total. Surtout que dix mètres plus loin, ils rentrent dans leur hôtel, ne pouvaient-ils pas attendre? Face à l'imposant effort physique que représente le jeûne, je comprends alors qu'ils soient vivement déconseillé de rompre les règles du ramadan en public. Je passe alors devant un vendeur de kebab, une des rares échoppes de nourriture ouverte en plein jour. L'odeur qui s'en échappe est une délectable torture. Il me faut toute ma volonté pour résister à la tentation. N'y tenant plus, je me rends chez un petit épicier pour acheter une bouteille d'eau que je dissimule soigneusement au fond d'un sac, comme si cela avait été une honteuse dose de gnôle. Mon esprit tourne au ralentit. Le vendeur doit me répéter trois fois le prix, je suis incapable de comprendre, malgré son anglais excellent. Je m'excuse de mon inaptitude totale à saisir la situation. Je finis par payer, mais une nouvelle fois je m'embrouille, je lui donne deux fois trop de monnaie. Honnête, il corrige mon erreur. Maintenant, il est temps pour moi de rompre le ramadan, je ne tiendrais pas jusqu'à 21 heures sans boire, je vais aller me descendre avidement une bonne bouteille d'eau. Qui sait, demain, peut-être que je tiendrais toute une journée?
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