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Raz-de-marée pour une plainte. Lorsque l’on pose ainsi la question aux citoyens du pays, dont beaucoup subissent encore les effets d’une crise financière où UBS fut complice, ils sont seulement 10% à souhaiter passer l’éponge, acceptant l’idée d’une décharge. En revanche, près de 76% des sondés réagissent en disant que, s’ils étaient actionnaires d’UBS, ils voteraient pour le dépôt d’une plainte civile contre Marcel Ospel.
Le plus frappant dans ce sondage est qu’il dépasse les habituels clivages idéologiques. Mieux: il les homogénéise. A droite, 74% de voix pour une plainte, au centre 75%, et 81% à gauche: sur l’échiquier politique, tout le monde est d’accord. Le constat est similaire entre les hommes (77% d’avis en faveur d’une plainte) et les femmes (74%). La seule nuance concerne les générations et le niveau scolaire. La sévérité augmente avec l’âge et les années d’études. Par exemple, dans la tranche des 18-34 ans, 57% sont favorables au recours au droit civil. Le chiffre explose cependant à 80% au-delà de 35 ans, et même à 86% à partir de la cinquantaine.
Une telle étude n’a certes qu’une valeur indicative. Mais la pression montante ne surprend ni ne choque Xavier Oberson, avocat fiscaliste ayant notamment collaboré à l’élaboration de traités de double imposition entre la Suisse et les USA: «Le message est clair: celui de la distinction entre le système bancaire, que les Suisses soutiennent, et ceux qui ont amené la débâcle. Un procès civil serait une bonne chose pour la Suisse, signalant que nous sommes capables de faire le ménage.» Un avis complété par Pierre Weiss, vice-président du PLR. «Je suis moi-même un petit actionnaire d’UBS très tenté de ne pas voter cette décharge. En tant que libéral, je suis pour les bonus, mais aussi pour les malus. Décharger ainsi les anciens dirigeants ne me paraît pas une bonne idée, ni comme actionnaire, ni comme politicien, ni comme citoyen», assène le Genevois.
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