Rebond des actions: L’Europe surprend
Optimisme. Les Bourses ont regagné en juillet une partie du terrain perdu depuis janvier. Avec un regain de confiance dans la reprise européenne.
Le SMI - indice représentatif des grandes capitalisations à la Bourse suisse - affichait encore début août un recul de 5,27% par rapport à son niveau de début janvier. Il a toutefois gagné 3,66% sur le seul mois de juillet. Ce rebond des actions helvétiques n’est pas isolé en Europe. Toutes les corbeilles du Vieux Continent semblent avoir retrouvé confiance en l’avenir au plein creux de l’été; alors que les investisseurs, tant professionnels que privés, sont nombreux à profiter de leurs vacances loin des tableaux de cotations.
Les relatifs bons résultats des stress tests effectués sur les banques européennes, certains résultats publiés - à l’exemple de ceux d’UBS avec des profits supérieurs aux attentes -, le placement sans difficulté de tranches d’emprunts souverains grec et espagnol ne sont pas les seules composantes du rebond sur les marchés d’actions. La vigueur de la reprise européenne semble avoir surpris. La Banque Syz relève ainsi, dans son Point de vue du 27 juillet, qu’«en Europe, l’activité a connu une forte accélération au printemps, sous l’effet du restockage, de la reprise de l’investissement, de la forte demande pour les biens industriels allemands et de la faiblesse de l’euro».
Essoufflement annoncé. Reste à savoir si cette reprise économique est durable et parviendra à se maintenir à un tel rythme alors que la plupart des pays européens ont annoncé des plans de rigueur destinés à réduire le poids de l’endettement public. Selon l’équipe Recherche et analyses de la Banque Syz, «les économies européennes enregistrent en ce moment un pic de croissance qui devrait se dissiper dans les mois à venir avec le durcissement des politiques budgétaires». Mais cet essoufflement annoncé n’est pas imminent, entre autres parce que l’économie allemande a retrouvé son rôle de locomotive de la croissance pour toute la région. «Alors que les pays émergents et les Etats-Unis voient leur rythme d’expansion ralentir, l’Europe est encore dans une phase d’accélération qui devrait la conduire non seulement à afficher une forte croissance lors du deuxième trimestre 2010, mais probablement également au troisième trimestre, avant de subir à son tour un ralentissement.»
D’où cette estimation des perspectives des marchés d’actions européens pour les mois à venir: «Les catalyseurs venant à manquer, il est fort probable que les places boursières continuent à évoluer latéralement. Les niveaux de valorisation offrent toutefois une certaine protection à la baisse.» Et d’annoncer qu’ «il faudra une confirmation de la reprise mondiale, la non-aggravation de la situation dans le sud de l’Europe, ainsi qu’un message optimiste de la part des dirigeants d’entreprises pour que le marché puisse réellement s’infléchir et retrouver le chemin de la hausse». Même scepticisme de la part du Cercle Finance.com qui relève que, «au dire des analystes, aucune donnée économique réellement nouvelle ne vient expliquer l’explosion de hausse qui a emporté l’ensemble des indices occidentaux vers des sommets de trois mois». Ces discours de prudence contredisent l’optimisme boursier. Optimisme peutêtre alimenté par l’espoir de bénéficier d’un rallye estival comparable à celui de l’an dernier.
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