CINEMA
Réconciliation à la sud-africaine
Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 25.01.2012 à 13:16
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Le critique Michael Henry Wilson a réalisé, dans l’ombre de Clint Eastwood, un beau film sur l’après-apartheid.
Studios de la Warner, Burbank, Californie. On est en 1984 et Clint Eastwood a déjà signé une dizaine de films. Alors que les journalistes venant à sa rencontre ne s’intéressent qu’à sa vie privée, Michael Henry Wilson lui parle mise en scène et cinéma classique hollywoodien – Wellman, Ford et Capra. L’entente est immédiate et, plus d’un quart de siècle après, l’acteur-réalisateur hollywoodien et le critique franco-américain sont toujours très proches, comme le prouve la réédition du passionnant livre d’entretiens Eastwood par Eastwood (Ed. Cahiers du Cinéma).
Lorsque le réalisateur de J. Edgar tourne en 2009 Invictus, un film montrant comment Nelson Mandela a utilisé le rugby pour cimenter la nation arc-en-ciel, Wilson lui emboîte le pas et tourne en parallèle Reconciliation: Mandela’s Miracle, un documentaire dans lequel il retrace le processus de réconciliation qui a permis à l’Afrique du Sud de surmonter de manière exemplaire l’après-apartheid. Devant l’impossibilité de filmer Mandela lui-même, trop diminué par la maladie d’Alzheimer, il fait le choix de le réfracter à travers les gens qu’il a influencés ou qu’il a croisés, qu’ils soient bourreaux ou victimes. Car à l’instar de Desmond Tutu, Wilson est parti du principe que tout processus de réconciliation passe par une libération des opprimés, bien sûr, mais aussi des oppresseurs. Un message humaniste qui transcende la portée historique du film.
«Reconciliation: Mandela’s Miracle». De Michael Henry Wilson. Etats-Unis, 1h38. Sortie le 1er février.
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