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Reportage de Clément Bürge: une métropoule pour protéger l’environnement

Par Hebdo Blogtrotters - Mis en ligne le 19.08.2010 à 17:03

 

À Montréal, des jeunes citoyens cherchent à protéger l’environnement en favorisant l’agriculture urbaine. Autrefois, la notion de progrès faisait référence aux luxueux artifices de la vie urbaine. Aujourd’hui, l’élevage de poule dans son salon, l’installation de ruches dans son jardin et la culture de légumes sur son toit, se trouvent au cœur des avancées de la civilisation.

Que ce soit par ses gratte-ciels au design futuriste, ses restaurants de renommée internationale, ses femmes élégantes à la pointe de la mode, ou encore ses nombreuses expositions d’art contemporain, Montréal a toutes les caractéristiques d’une métropole sophistiquée et moderne. Pourtant, les jeunes universitaires du CRAPAUD – le Collectif de Recherche en Aménagement Paysager et en Agriculture Urbaine Durable- sont en proie de révolutionner l’environnement de cet avatar de la vie urbaine. Élever des poules dans son salon, installer des ruches dans son jardin ou cultiver un potager sur le toit de sa maison font partie des projets que l’association défend pour promouvoir l’agriculture urbaine. Métamorphoser la seconde plus grande ville francophone de la planète en une titanesque ferme est une idée surprenante.

 


Rat de ville et rat des champs

« À la veille de l’exposition universelle en 1967, le maire de Montréal a décidé d’interdire l’élevage de volailles et d’autres gibiers dans la ville. Il cherchait, entre autres, à promouvoir le ²progrès social² et à améliorer les conditions sanitaires de la cité » explique Sophie Remy, une sympathique étudiante en ingénierie de l’environnement à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre du groupe au nom de batracien. Si la mesure a permis l’élimination des excréments du bitume de la ville québécoise, le CRAPAUD estime qu’elle porte atteinte à l’autonomie alimentaire des citoyens, et qu’elle a marqué à jamais les pratiques agroalimentaires et culturelles québécoises. Afin de mettre un terme à cette injustice, le collectif a lancé une pétition, intitulée « ma poule à Montréal », pour que le conseil exécutif de la Ville ouvre une consultation publique sur la réintroduction des poules pondeuses dans la cité québécoise.

Les avantages abondent. « Les œufs pondus sont de meilleure qualité et ils constituent un complément de qualité pour l’alimentation des familles. De plus, en se nourrissant des restes de tables, l’élevage de poules permet une meilleure gestion des déchets » tonne convaincu François Croteau, le charismatique maire de l’arrondissement de Rosemont. Au printemps prochain, son district va lancer un projet pilote qui autorisera certaines familles à adopter des poules. Néanmoins, l’initiative suscite des craintes sur la salubrité du milieu urbain, la propagation de maladies ou le bruit provoqué par la volaille. Ces doutes sont balayés d’un revers de main par les promoteurs du projet. « Tous ces problèmes existent uniquement dans les élevages de taille industrielle » raconte calmement Sophie.


La pointe de l’iceberg

Aujourd’hui, les poules pondeuses se sont érigées en un symbole de l’agriculture urbaine. Le terme se réfère à tout type de production agricole en ville, entre les immeubles et les voitures. L’association au titre amphibien a proposé d’introduire des abeilles au centre-ville, afin de récolter du miel et de favoriser la pollinisation des plantes. Le groupe encourage également la construction de jardins urbains, entre les bâtiments ou sur les toits de ceux-ci. « À un moment où l’abondance des ressources diminue et le coût des transports augmente, nous devons trouver des moyens alternatifs et écologiques. Sur le long terme, on pourrait imaginer des villes autosuffisantes sur le plan alimentaire grâce à l’agriculture urbaine » dit, extasié, l’élu François Croteau.

Néanmoins, cette miraculeuse capacité de production rend sceptique Éric Duchemin, professeur de développement durable à l’UQAM. « L’agriculture urbaine constitue un moyen intéressant de compléter son alimentation, le véritable intérêt se situe au niveau social et éducatif. L’activité permet de sensibiliser la population à la fragilité de leur environnement. Les Montréalais, et les habitants des villes nord-américaines, sont déconnectés de la nature. Nombreux sont les enfants qui pensent que les carottes poussent sur des arbres et que les poissons sont carrés » explique pertinemment le scientifique. Ces moyens, qui paraissent anodins, permettraient ainsi de conscientiser la population face aux dangers du changement climatique, et peut-être, de sauver la planète avant que des dents ne poussent aux poules.

 




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Réaction de Serge
le 20.08.2010 à 12:23
J'ai beaucoup apprécié votre reportage, félicitations pour votre travail et...
 



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